Historique de SBSA

La première station de recherche en biologie marine du Canada ouvert ses portes à St. Andrews en 1899. Il s'agissait d'un petit laboratoire mobile qui ressemblait en quelque sorte à un wagon de chemin de fer Pullman. Après deux ans à St. Andrews, le laboratoire a été installé à divers endroits des Maritimes et au Québec jusqu'en 1907. Kenneth Johnstone, dans son ouvrage The Aquatic Explorer : A History of the Fisheries Research Board of Canada, écrivait que les documents scientifiques qui ont commencé à s'accumuler par suite des travaux effectués pendant l'été à la station mobile ont persuadé le milieu scientifique de l'utilité et de l'importance de cette station pour le développement de la science ichtyologique. Il ajoutait également que les documents en question traitaient souvent de problèmes auxquels se butait l'industrie canadienne de la pêche, ce qui venait encore justifier l'existence de la station.

La première station de recherche en biologie

Par la suite, l'Office de biologie du Canada a décidé qu'il fallait établir une station biologique permanente sur la côte Atlantique. On a choisi St. Andrews comme emplacement, principalement en raison de la diversité du milieu biologique et physique dans la baie Passamaquoddy et la baie de Fundy et à cause de la proximité des activités de pêche commerciale du hareng, du poisson de fond et d'invertébrés. La Station biologique de St. Andrews (désignée au départ comme Station biologique de l'Atlantique) a ouvert ses portes en 1908 sur un terrain de 1,4 hectare à Brandy Cove, près de l'embouchure de la rivière Sainte-Croix. Les installations initiales incluaient un laboratoire principal, une résidence et un petit quai. Au début, la Station n'était ouverte que pendant l'été, période du travail sur le terrain, généralement de mai à septembre. Ce n'est que depuis 1928 que la Station est ouverte toute l'année.

En 1932, le laboratoire et son importante bibliothèque ont été la proie des flammes. C'était la crise économique et les fonds pour la reconstruction étaient plutôt rares. Le directeur du moment, A.G. Huntsman, a transféré des fonds des budgets de fonctionnement scientifique de la Station, y compris du budget des salaires, et le nouveau laboratoire a été presque immédiatement reconstruit.

Les scientifiques de la Station biologique sont reconnus à l'échelle nationale et internationale pour leurs travaux de recherche novateurs et leur contribution à l'industrie. Les études initiales ont surtout porté sur l'identification de la flore et de la faune dans la baie, sur l'océanographie et sur les espèces importantes pour la pêche commerciale, comme le homard, les huîtres, les coques, les pétoncles, le hareng, la truite, le saumon et le poisson de fond. Les scientifiques de la Station ont acquis un savoir-faire considérable dans chacun de ces domaines et, dans certains cas, ont initié des pratiques de conservation et des règlements de pêche. Par exemple, dès 1918, les chercheurs de la Station ont mené une campagne d'information auprès de l'industrie du homard relativement à la conservation des femelles, ce qui entraîné des modifications aux règlements liés à la pêche au homard. En 1945, les scientifiques ont commencé à recueillir les registres des pêcheurs commerciaux de poisson de fond, une pratique qui se poursuit aujourd'hui et qui facilite l'évaluation des stocks. Plus récemment, des chercheurs de la Station ont joué un rôle principal dans la mise en oeuvre d'un modèle novateur de gestion des pêches pour l'industrie du hareng dans la région de l'Atlantique. Cette pêche, pratiquée à l'aide d'engins de pêche multiples, a été l'une des premières à être gérée dans le contexte de la pêche à accès limitée et à être exploitée dans les limites du total des prises admissibles. Au début des années 1970, les scientifiques de la Station ont entrepris des expériences sur de jeunes saumons de l'Atlantique hivernant dans les eaux de la baie de Fundy afin de déterminer si l'élevage du saumon en cage marine serait viable. Après bien de la persévérance, cette étude a tracé le chemin d'une industrie maintenant évaluée à 100 millions de dollars par année.

Au début des années 2000s, les recherches de la SBSA sur le flétan de l'Atlantique ont donné de bons résultats : de la production du premier flétan en Amérique du Nord au transfert de la technologie à l'industrie. La SBSA on fini ses recherches sur les marqueurs génétiques et les méthodes de production afin d'améliorer les stocks de géniteurs, notamment par la production d'une descendance exclusivement femelle, dont la croissance est plus rapide et plus importante, dans l'espoir de maximiser les profits.

Les recherches de la SBSA sur la culture de la morue, les méthodes de collecte des œufs, de production de nourriture pour espèces aquacoles et de conception des bassins ont été peaufinées. En 2004, les premières familles de morues génitrices en Amérique du Nord ont été produites. La SBSA est d'ailleurs un partenaire important du Projet de génomique et d'amélioration du stock de géniteurs de la morue, un projet destiné à identifier et à sélectionner les meilleurs stocks de géniteurs grâce à l'élevage sélectif et à la cartographie génétique.

Les scientifiques de la station de biologie ont en outre joué un rôle déterminant relativement à la mise sur pied d'outils à la fine pointe de la technologie pour assurer le suivi des espèces de poissons comme le saumon de l'Atlantique, le thon rouge de l'Atlantique et l'espadon de l'Atlantique, afin de documenter leurs profils de migration dans l'océan Atlantique et ailleurs.

En 2012, un grand projet de rénovations a eu lieu à la station de biologie, ce qui a permis d'ouvrir deux installations à la fine pointe de la technologie – un bâtiment des sciences de 4 500 m2 et un aqualab de 2 900 m2 comprenant des gardoirs, des laboratoires et une installation de bioconfinement aux fins de recherche sur les animaux aquatiques vivants.

Les autres caractéristiques du campus comprennent le navire de la Garde côtière canadienne Viola M. Davidson, un navire de recherche spécialisé de 18,5 m mis en service en 2010, ainsi que des navires plus petits, un quai et un centre de conférence. La station collabore aussi avec le Centre des sciences de la mer Huntsman pour exploiter le Centre Référence Atlantique, une collection de recherche abritant plus de 8 000 espèces marines du Canada atlantique.