Raie tachetée

Raie tachetée Raie tachetée

La raie tachetée (Leucoraja ocellata) n'a été signalée que dans l'Atlantique Nord-Ouest. Son aire de répartition s'étend du golfe du Saint-Laurent et de la côte Sud de Terre-Neuve jusqu'au cap Hatteras. Dans ce territoire, l'espèce se rencontre dans des eaux variant de 1 à 371 m de profondeur.

Situation

Sur le côté est du plateau néo-écossais (division 4VW de l'OPANO), la raie tachetée est présente surtout dans les bancs. Les relevés révèlent que l'espèce est concentrée dans le banc de l'île de Sable et plus au nord, dans le banc Middle, ainsi que dans le banc Banquereau. Plus abondantes en hiver, les captures sont surtout effectuées sur le côté sud du banc de l'île de Sable et le long de Stone Fence. Certains pêcheurs signalent qu'il est plus difficile de capturer des raies en été, du fait qu'elles se déplacent dans les bancs et qu'elles se dispersent lorsque l'eau se réchauffe. Pendant les mois d'hiver, les raies tachetées tendent à préférer les eaux profondes et forment une population plus concentrée. Nous savons peu de choses sur la répartition de l'espèce dans la zone littorale de la division 4VW. La raie tachetée et la raie hérisson (Leucoraja erinacea), une espèce étroitement apparentée, forment des populations sympatriques dans la majeure partie de leur aire de répartition et se distinguent difficilement, surtout les spécimens de moins de 35 cm. La raie tachetée atteint une longueur maximale d'environ 109 cm, et la raie hérisson, une longueur maximale d'environ 53 cm.

Le relevé de NR de juillet, qui est réalisé depuis 1970, représente la principale source de données servant à évaluer les tendances au chapitre de l'abondance relative de la raie tachetée du côté est du plateau néo-écossais. Certaines données supplémentaires proviennent d'un relevé effectué chaque printemps par l'industrie depuis 1995. Pour les besoins de l'analyse, les raies ont été groupées dans trois catégories de taille : 1) au moins 75 cm de longueur, ce qui correspond grosso modo aux adultes; 2) de 60 à 74 cm, taille associée aux juvéniles qui sont capturés à un taux relativement élevé dans la pêche dirigée de la raie; 3) de 36 à 59 cm, catégorie rassemblant les juvéniles capturés à un faible taux dans la pêche dirigée. Les spécimens de moins de 36 cm de longueur ont été soustraits à l'analyse, du fait qu'ils sont difficiles à distinguer des raies hérissons. Au début du relevé de NR de juillet (début des années 1970), les juvéniles étaient peu nombreux. Les effectifs ont augmenté dans les années 1970, sont demeurés à peu près stables dans les années 1980 et sont en baisse depuis les années 1990. Le nombre d'adultes (d'au moins 75 cm de longueur) est en chute depuis 1970. Les taux de capture indiquent un déclin de 90 % sur 35 ans, et ce recul semble se poursuivre.

Objectifs de rétablissement

Les objectifs à atteindre pour le rétablissement de la raie tachetée dans la partie est du plateau néo-écossais n'ont pas encore été fixés. Il n'est possible d'estimer ni la biomasse non exploitée de ce stock ni son rendement équilibré maximal. Le taux de capture enregistré lors des relevés des années 1970 ou la moyenne à long terme pourraient éventuellement servir d'objectifs de rétablissement. Chez les adultes, les relevés réalisés de 2000 à 2004 ont produit un taux moyen de capture correspondant à 16 % de la moyenne enregistrée pour 1970 à 1974. Les objectifs proposés seraient donc de trois à six fois les taux de capture actuels.

Dommages admissibles

Le modèle estime la mortalité totale en la répartissant entre les causes naturelles et la pêche. Pour les besoins du modèle, la mortalité par pêche n'est attribuée qu'aux captures dénombrées. Les estimations relatives à la mortalité naturelle chez les adultes pourraient donc englober des sources de mortalité anthropiques (causées par l'être humain) inconnues. Par exemple, les prises accessoires dans la pêche du pétoncle et la pêche de la mactre de haute mer ne sont pas quantifiées. Le taux de mortalité naturelle demeurant élevé chez les adultes, les chercheurs ne s'attendent à aucun rétablissement, même si les captures dirigées déclarées et les prises accessoires demeurent nulles. La mortalité d'origine anthropique devra être maintenue à un niveau très faible, voire nul, pour que la population se rétablisse, et, même si cela est fait, il n'est pas certain qu'elle y parviendra. Étant donné qu'une augmentation de M chez les adultes semble contribuer au déclin de l'abondance, l'élimination de l'ensemble des sources de mortalité anthropiques peut ne pas être suffisante pour que la population se rétablisse. Cependant, l'augmentation apparente de M chez les adultes peut en partie être imputable à des sources de mortalité anthropiques inconnues (comme les prises accessoires de raies dans la pêche du pétoncle et la pêche de la mactre de haute mer). Les œufs de la raie tachetée restent au fond de l'eau pendant 18 à 22 mois et sont donc vulnérables au chalutage par le fond, au dragage et à d'autres perturbations du plancher océanique. Par ailleurs, même s'il ne s'agit pas d'un facteur de mortalité d'origine anthropique, il convient de noter que la mortalité naturelle des adultes a augmenté à l'époque même où la population de phoques a connu un essor. Cette hausse de la mortalité naturelle des adultes semble contribuer au faible potentiel de rétablissement de la population. Pour obtenir de la documentation supplémentaire sur la raie tachetée, cliquez sur les liens suivants : Documents du SCCS

Registre public de la LEP