Relevés Au Chalut De Fond D'espèces Multiples

Vider le sebaste sur le pontLe personnel de la Station biologique de St. Andrews coordonne les relevés annuels au chalut de fond d'espèces multiples depuis le tout début, soit en 1970 dans la plate-forme Scotian et la baie de Fundy et en 1987 dans le banc Georges. Ces relevés indépendants de la pêche permettent d'évaluer, sur une période de temps, l'abondance d'un stock (importance d'une population marine) et le recrutement (abondance de juvéniles) pour certaines espèces précises de poissons et d'invertébrés.  Par la suite, on ajoute à cette information des données sur les prises halieutiques pour évaluer l'état d'espèces commerciales telles la morue, l'aiglefin, la goberge, le flétan, le homard hauturier, la crevette et autres. Un document d'examen du relevé annuel, résumant les résultats du relevé, est produit et remis au personnel de la Gestion des pêches pour l'aider à déterminer quels stocks ont besoin d'une évaluation plus approfondie. Les stocks ne faisant l'objet d'aucune évaluation détaillée, comme le lançon et le calmar, sont également examinés en fonction de l'information fournie.

Les scientifiques font des relevés dans la plate-forme Scotian et la baie de Fundy depuis les années 1950, mais ce n'est qu'en 1970 qu'ils ont conçu le relevé annuel par échantillonnage aléatoire stratifié, selon lequel des stations d'échantillonnage sont choisies au hasard à l'intérieur de zones fixes et bien délimitées. Le protocole d'échantillonnage normalisé a également été lancé en 1970, afin de veiller à ce que les données recueillies sur chaque espèce ne soient pas biaisées et de permettre la comparaison d'une année à l'autre. Ce plan d'échantillonnage est utilisé aujourd'hui pour les deux relevés, celui de la plate-forme Scotian/baie de Fundy et celui du banc Georges.

Le relevé d'espèces multiples fournit également des données importantes sur l'écosystème des zones visées, grâce à trois techniques : les relevés au chalut de fond, les prélèvements hydrographiques et les traits verticaux pour le prélèvement de planctons. On recueille aussi des données sur des espèces de poisson qui ne sont pas exploitées à l'échelle commerciale, et des données pour déterminer les propriétés physiques et chimiques de l'eau de mer ainsi que l'espèce et l'abondance des phytoplanctons et des zooplanctons. Les cientifiques ont absolument besoin de ces données pour faire leurs analyses.Triage de poisson

Voici un peu à quoi ressemble la vie à bord d'un navire de recherche du MPO : l'équipage travaille 24 heures par jour pendant toute la durée des relevés afin de prélever quelque 200 espèces avec le chalut de fond et d'identifier toutes les espèces de poissons et la plupart des espèces d'invertébrés. Pour presque chaque poisson capturé au chalut de fond, il prélève des données biologiques, mais s'il manque de temps ou qu'il y a trop d'espèces, il fait un sous‑échantillonnage. Selon les besoins, l'équipage peut prélever des données sur la longueur, le poids, le sexe et la maturité du poisson. Il prélève aussi les otolithes ou les écailles de nombreuses espèces commerciales afin d'en déterminer l'âge, ainsi que des estomacs aux fins d'analyse du contenu. Pour certaines espèces, dont la crevette, il ne recueille pas de données détaillées sur chaque individu. Dans le cas d'espèces comme l'éponge et les tuniciers, l'identification est limitée au niveau taxinomique supérieur. Les spécimens qu'on ne peut identifier sont photographiés, congelés et conservés pour identification ultérieure.

Au fil des progrès technologiques, les échantillons hydrographiques à prélever sont de plus en plus détaillés. Seabird CTC Au début, on se limitait aux échantillons d'eau de surface et du fond et aux profils de température. Depuis 1990, on prélève des données sur la température, la salinité et l'oxygène à l'aide d'une sonde Seabirdmd de conductivité, température, profondeur (CTP). Au cours des dix dernières années, on mesure également la teneur en substances nutritives et en chlorophylle. Des traits verticaux pour le prélèvement du zooplancton et du phytoplancton ont été ajoutés. Pendant le relevé, on prend des lectures de CTP et on prélève de l'eau à chaque station, tandis que les traits pour les planctons sont effectués à certaines stations prédéterminées. Cette combinaison de données hydrographiques et de données obtenues par trait de chalut est très utile pour plusieurs études écosystémiques.

Données fiables et compatibles

La méthodologie utilisée vise à garantir la compatibilité entre les relevés d'une année à l'autre, c'est-à-dire la cueillette de données cohérentes et comparables pour l'ensemble de la série chronologique. Le guide des relevés est très utile à la fois pour les personnes qui font le relevé et pour celles qui utilisent les données. Il comprend plusieurs sections : procédures et protocoles, techniques d'échantillonnage, vérification des données et des erreurs, identification des espèces et codes. Ces sections ne sont pas exhaustives, mais plutôt une synthèse des situations communes. Le guide ne se veut pas un outil de formation. La maîtrise des techniques de collecte de données en mer et du traitement de l'information requiert une formation pratique approfondie.

Toujours par souci de cohérence, les scientifiques ont intégré les avancées technologiques dans les relevés au fil des années. Par exemple, on est passé du chalut à pêche latérale Yankee 36 à un chalut de pêche arrière Western IIA et on a opté pour les balances électroniques dont la précision est de un dixième de gramme au lieu de 25 grammes. En 1995, on a mis au point un système informatique intégré de collecte de données en mer appelé « mode d'entrée des relevés sur le poisson de fond (GSE) ». Le GSE offre un lien direct à la base de données et contient des contrôles d'erreurs incorporés, ce qui permet la production de rapports de données fiables et exacts de façon plus rapide. Ainsi, les données peuvent être traitées dans une seule semaine après la fin du relevé. Le site Web du MPO donne plus de détails sur le GSE.

À l'avenir, les relevés annuels au chalut de fond d'espèces multiples continueront de prélever de plus en plus de renseignements sur les écosystèmes dans leur ensemble, au lieu de se limiter à la surveillance d'espèces commerciales de poissons de fond. On prévoit inclure dans le relevé de plus en plus d'espèces en péril, d'espèces non commerciales et d'espèces d'invertébrés, et le personnel scientifique responsable du relevé va devoir apprendre le fonctionnement d'un nouveau navire de recherche. On continuera de réviser les techniques et les protocoles afin d'accroître la quantité et la qualité des données obtenues tout en continuant de veiller à la cohérence et à la comparabilité. Les scientifiques étudient aussi la possibilité d'accroître le nombre de stations dans les grands fonds.