Institut océanographique de Bedford
Rétrospective 2001
Prière de faire parvenir les avis de changement
d´adresse, les demandes
d´exemplaires et les autres pièces de
correspondance
concernant la présente publication à
l´adresse suivante :
Directrice de la rédaction, IOB -
Rétrospective 2001
Institut océanographique de Bedford
C. P. 1006
Dartmouth (Nouvelle-Écosse)
Canada B2Y 4A2
Courriel : geddesd@mar.dfo-mpo.gc.ca
L´illustration de la page couverture a été
réalisée par l´artiste néo-brunswickoise
J.O. Pennanen. Elle est extraite du livre The Last Billion
Years, avec la gracieuse permission de la Commission
géologique du Canada (Atlantique) - Ressources
naturelles Canada.
© Sa Majesté du chef du Canada, 2002
Cat. No. Fs75-104/2001F-IN
ISBN internet : 0-662-87004-2
ISSN 1499-9986
An English edition is also available.
Sous la direction de : Dianne Geddes, IOB. Équipe de
rédaction : Shelley Armsworthy, Pat Dennis et Carl
Myers.
Photographies : Technographie de l´IOB, auteurs et personnes
ou organismes mentionnés.
Publié par :
Pêches et Océans Canada et Ressources
naturelles Canada
Institut océanographique de Bedford
1, promenade Challenger
C.P. 1006
Dartmouth (Nouvelle-Écosse)
Canada B2Y 4A2
Site Web de l´IOB : www.iob.gc.ca
Introduction
Le MPO est représenté à l´IOB par quatre
divisions de sa direction des Sciences, par le Service
hydrographique du Canada (SHC), par trois divisions de sa
direction des Océans et de l´Environnement, par le
Bureau de coordination de l´aquaculture et par les Services
techniques et de soutien des navires de la Garde
côtière canadienne (GCC). L´Institut
célébrera son 40e anniversaire en 2002. Au
cours des quatre dernières décennies, il s´est
imposé progressivement comme le plus grand centre de
recherche océanographique du Canada. Les scientifiques
de l´Institut effectuent des recherches orientées pour
le compte du gouvernement du Canada, afin de guider et
d´appuyer le processus décisionnel gouvernemental dans
un vaste éventail de domaines touchant à
l´océan et concernant, notamment, la
souveraineté, la défense, la protection de
l´environnement, la santé et la
sécurité, les ressources halieutiques et les
ressources naturelles; ils oeuvrent aussi à la
planification et à la gestion de l´environnement et
des océans.
Le MPO est représenté à l´IOB par quatre
divisions de sa direction des Sciences, par le Service
hydrographique du Canada (SHC), par trois divisions de sa
direction des Océans, par le Bureau de coordination de
l´aquaculture et par les Services techniques et de soutien
des navires de la Garde côtière canadienne
(GCC). Toutes ces unités fournissent des connaissances
et des avis scientifiques sur une large gamme de sujets ayant
trait au climat, aux océans, à l´environnement,
aux poissons de mer et aux poissons diadromes, aux
mammifères marins, aux crustacés, aux
mollusques et aux plantes marines; elles s´occupent
également de la planification et de la gestion de
l´environnement et des océans.
Le ministère des Ressources naturelles du Canada
(RNCan) est représenté à l´Institut par
la Commission géologique du Canada (Atlantique),
principal organisme oeuvrant dans le domaine des
géosciences marines au Canada. Ses recherches
scientifiques portent sur la géologie marine et la
géologie du pétrole, la géophysique, la
géochimie et la géotechnique. La CGC Atlantique
est aussi source de connaissances intégrées et
d´avis sur la masse continentale dans la zone
côtière et la zone extracôtière du
Canada.
Le Bureau des levés des fonds marins des Forces
maritimes de l´Atlantique (MDN), situé lui aussi
à l´IOB, appuie les opérations de surveillance
des océans. Il effectue des levés des fonds
marins qui sont d´un intérêt particulier pour le
MDN, en coopération avec le SHC et la CGC Atlantique.
Dans le cadre du Programme canadien du contrôle de la
salubrité des mollusques, la Section des mollusques
d´Environnement Canada procède à des
études de la salubrité et de la qualité
de l´eau ainsi qu´à des analyses d´échantillons
au laboratoire de microbiologie de l´IOB.
En tout, environ 650 scientifiques, ingénieurs,
techniciens, gestionnaires, employés de soutien,
entrepreneurs et autres collaborateurs de diverses
disciplines travaillent à l´IOB.
La présente revue décrit certains des travaux
de recherche en cours à l´Institut, ainsi que
quelques-unes des activités ayant trait à la
gestion des océans.
|
|
|
|
|
|
Jacob Verhoef, directeur
Commission géologique du Canada (Atlantique)
Ressources naturelles Canada
|
Michael Sinclair, directeur,
Institut océanographique de Bedford et
directeur régional, Sciences
Pêches et Océans Canada
|
Faith Scattolon, directrice régionale,
Direction des océans et de l´environnement
Pêches et Océans Canada
|
Quatre ministères fédéraux sont
logés à l´IOB : Pêches et Océans
Canada (MPO), Ressources naturelles Canada (RNCan),
Environnement Canada (EC) et le ministère de la
Défense nationale (MDN)
Tournage par Big Motion Pictures, de Chester
(Nouvelle-Écosse), d´un épisode de la
minisérie de quatre heures, Trudeau, mettant en
vedette Colm Feore - photo de Chris Reardon.
Table des matières
Activités scientifiques
Les dinoflagellés fossiles : un outil de datation
- Rob Fensome et Graham Williams
Détroit de Nares : recherche concertée pour
résoudre une controverse géologique
- Ruth Jackson, Gordon Oakey et Sonya Dehler
Côtes postglaciaires au Canada atlantique : une
nouvelle perspective
- John Shaw et Robert Courtney
Le Service hydrographique du Canada sur la scène
internationale
- Gerard Costello et Tom Rowsell
La voie maritime vers l´accréditation ISO 9001-2000
- Nicholas J. Palmer
Histoires extraordinaires en provenance du plateau
néo-écossais
- Erica Head et Leslie Harris
De l´eau du Pacifique dans l´Atlantique Nord
- E.P. Jones
Progrès récents dans la modélisation du
cycle du carbone organique au centre de la mer du Labrador et
perspectives pour la recherche climatologique
- Alain Vézina
Tempêtes marines et vagues extrêmes
- William Perrie
Expérience concernant les effets des chaluts à
panneaux sur les Grands Bancs
- Donald C. Gordon Jr., Kent D. Gilkinson, Ellen L.R.
Kenchington, Cynthia Bourbonnais, Kevin MacIsaac, David L.
McKeown et W. Peter Vass
Recherche en aquaculture à l´IOB
- Dan Jackson, Bénédikte Vercaemer, Barry
MacDonald, Koren Spence, Rajashree Gouda et Ellen
Kenchington
Les défis que pose le développement de
nouvelles pêches
- Bob Miller
Centre de données virtuelles (CDV) de la Division des
poissons de mer et de la Division des
invertébrés
- R. Branton, G. Black et J. McRuer
Relevé sur le flétan de l´Atlantique
(Hippoglossus hippoglossus) du plateau
néo-écossais et du sud des Grands Bancs -
Collaboration entre le milieu de la pêche et celui des
sciences halieutiques
- K.C.T. Zwanenburg et S. Wilson
Centres de biodiversité des eaux douces
- T. R. Goff, S. F. O´Neil et T. L. Marshall
Missions de recherche
- D.L. McKeown
Partenariat entre les Premières nations et les
Directions des Sciences ainsi que des Océans et de
l´Environnement du MPO
- K. Paul, R. Lavoie et T. L. Marshall
Interactions entre les activités
pétrolières et gazières
extracôtières et le milieu marin
- Peter Cranford, Shelley Armsworthy, Kenneth Lee, Tim
Milligan, Kee Muschenheim, Charles Hannah, John Loder,
Michael Li, Gary Sonnichsen, et Edward King
Le Gully ou passage de l´île de Sable
- Jason Naug
Recherches sur le lac Bras d´Or - SIMBOL (Science for
Integrated Management of the Bras d´Or Lakes [les sciences au
service de la gestion intégrée du lac Bras
d´Or])
- Gary Bugden, Ed Horne, Brian Petrie, Tim Lambert, Barry
Hargrave, Tim Milligan, Peter Strain, Phil Yeats, Ken Paul,
David Piper, John Shaw, Bob Taylor, Janice Raymond et John
Tremblay
Effets des relevés multifaisceaux sur
l´efficacité de la pêche du pétoncle et
l´évaluation des stocks de pétoncle
- Ginette Robert et le Canadian Offshore Scallop Industry
Mapping Group
Contribution de la Région des Maritimes de
Pêches et Océans Canada à la politique
nationale de gestion axée sur
l´écosystème
- Bob O´Boyle, Mike Sinclair, et Faith Scattolon
Projets d´intendance de l´habitat de la Division de la
gestion de l´habitat
- Chad Ziai et Shayne McQuaid
La Région des Maritimes du MPO et l´industrie du
pétrole et du gaz extracôtiers
- Julia McCleave
Bureau des espèces aquatiques en péril -
Maritimes (BEAPM)
- Jerry Conway et John Loch
Gestion des utilisations multiples de l´océan dans la
zone extracôtière
- Jason Naug
Le programme de gestion intégrée de l´est du
plateau néo-écossais (ESSIM)
- Jason Naug
Bureau de coordination de l´aquaculture - Région des
Maritimes
- Cindy Webster
Extension des services de l´IOB à la communauté
en 2001
- Joni Henderson, Jennifer Bates, Rob Fensome, John Shaw,
John Shimeld, et Graham Williams
L´IOB au service de la communauté
- Shelley Armsworthy
Travaux publics et Services gouvernementaux Canada (TPSGC) -
Réfection du quai de l´Institut océanographique
de Bedford
- Wilf Lush
Le Centre de biodiversité marine
- Ellen Kenchington
Prix Béluga décerné par l´Association
des amis de l´océan de l´IOB
- Dale Buckley
Troisième réunion dans le cadre du Partenariat
pour l´observation globale des océans (POGO)
- Shubha Sathyendranath
Indice de recrutement du homard à partir de casiers
standard (LRIST) établi par la Fishermen and
Scientists Research Society (FSRS)
- John Tremblay, Carl MacDonald, Douglas Pezzack, et Peter
Hurley
Information financière
Personnel de l´IOB en 2001
Publications et produits
Publications - 2001
Produits - 2001

En 2001, le personnel de l´Institut océanographique de
Bedford a continué d´effectuer des recherches
océanographiques et biologiques orientées pour
le compte du gouvernement du Canada et de s´acquitter
d´activités de gestion découlant de la Loi
sur les océans et de la Loi sur les
pêches. Il a formulé des conseils sur les
milieux marins, en particulier sur ceux qui sont le
siège d´activités de pêche, d´aquaculture
et d´exploration ou d´exploitation d´hydrocarbures. Il a
également produit des cartes de navigation portant sur
les eaux qui vont du banc Georges à l´Arctique
canadien et a effectué de nombreux examens
d´activités de mise en valeur aux termes des
dispositions de la Loi sur les pêches qui
concernent la protection de l´habitat et de la Loi
canadienne sur l´évaluation environnementale et
s´est occupé de diverses aspects de la gestion des
océans. Certaines des activités qui ont
été entreprises en 2001 à l´appui des
priorités nouvelles sont résumées
ci-après ou font l´objet d´articles dans les pages qui
suivent.
Nouvelles initiatives
La fin de l´année 2000 a vu la création du
Centre de biodiversité marine (CBM), en
partenariat avec divers scientifiques et étudiants, en
particulier de l´Université Dalhousie, de Halifax
(N.-É.), et du Centre des sciences de la mer Huntsman,
de St. Andrews (N.-B.). En été 2001, Ellen
Kenchington (Ph.D.), de l´IOB, en a été
nommée la première directrice exécutive
et le bureau d´administration du Centre a été
installé à l´IOB. Également en 2001,
dans le cadre d´un protocole d´entente avec
l´Université Dalhousie, une chaire de
génétique de la conservation des ressources a
été créée par le MPO. Paul
Bentzen (Ph.D.) en est le titulaire actuel (voir la rubrique
Autres programmes pour en savoir plus sur le CBM).
Pour sa part, en décembre 2001, le Service
hydrographique du Canada (SHC) a obtenu
l´accréditation ISO 9001-2000 de l´Organisation
internationale de normalisation. Cette accréditation
est l´aboutissement de plus de deux années d´efforts
de la part du SHC, à l´échelle tant nationale
que régionale, pour satisfaire aux
sévères exigences de l´ISO. La série de
normes et de lignes directrices ISO 9000 concernant la
gestion internationale de la qualité a acquis une
renommée mondiale comme base d´implantation de
systèmes de gestion de la qualité. On trouvera
de plus amples renseignements sur l´accréditation ISO
9001-2000 du SHC à la rubrique Activités
scientifiques de la présente publication.
Le MPO et l´Office Canada - Nouvelle-Écosse
des hydrocarbures extracôtiers (OCNEHE) ont
signé un protocole d´entente le 26 juillet 2001. Ce
protocole d´entente arrête en bonne et due forme les
modalités selon lesquelles le MPO et l´OCNEHE peuvent
ensemble faciliter et encourager la bonne gestion des
activités pétrolières tout en
protégeant le milieu marin. L´article figurant
à la rubrique Faits saillants en matière de
gestion des ressources contient d´autres renseignements
à ce sujet.
En 2001, l´IOB a joué un rôle de leader
auprès du milieu fédéral des sciences et
de la technologie en lançant le projet Hypatia.
Ce projet visait à élaborer une
stratégie pour réduire les facteurs limitatifs
du recrutement, de la participation et du maintien en poste
des femmes dans les professions scientifiques et techniques.
On l´a appelé Hypatia, du nom de cette
mathématicienne, astronome, philosophe de la nature et
enseignante égyptienne qui vivait à Alexandrie
au IVe siècle. Selon des documents historiques, cette
femme a été la première à
être reconnue comme scientifique. Le projet Hypatia
s´inscrit dans une initiative provinciale visant à
élaborer et mettre en oeuvre des stratégies
à long terme pour améliorer la
représentation des femmes dans les sciences et la
technologie en Nouvelle-Écosse. Il a notamment pour
but d´améliorer la santé organisationnelle, de
sensibiliser davantage les intéressé(e)s
à la créativité issue de la
diversité dans le domaine des sciences et de la
technologie, et d´établir un milieu de travail qui
encourage activement la diversité.
Phoques communs et phoques gris sur une plage de l´île
de Sable. Photo de Jim McMillan
Sur le terrain - programmes et activités
En 2001, le Service hydrographique du Canada a
effectué des levés dans la baie Notre Dame,
dans la baie St. Georges et à St. Anthony, à
Terre-Neuve; dans la baie Red, au Labrador et dans le lac
Bras d´Or, en Nouvelle-Écosse. Le levé
réalisé dans la baie Notre Dame a
débouché sur la production d´une nouvelle carte
canadienne, qui vient remplacer une carte britannique
remontant à plus de 100 ans. Par ailleurs, le SHC a
commandé deux vedettes hydrographiques de 7,5 m, ses
premiers nouveaux bateaux en 15 ans. Il s´agit de bateaux
remorquables que le SHC pourra utiliser pour les levés
prioritaires de petite envergure. Citons également les
activités suivantes :
-
Production d´Avis aux navigateurs informant ces
derniers des changements apportés aux aides à
la navigation par la Garde côtière canadienne
-
Extension de la carte électronique à tous les
grand ports et toutes les grandes routes maritimes de la
côte est. Production de produits traditionnels sous
forme soit de nouvelles cartes en papier, soit de nouvelles
éditions de vieilles cartes.
-
Poursuite du travail de modernisation des cartes anciennes.
Mise à niveau de matériels et de logiciels
essentiels et amélioration du système de
stockage de données électroniques de l´IOB.
Plusieurs programmes de Sciences océaniques ont
progressé notablement en 2001 :
-
Un programme intensif de mouillage de courantomètres
sur tout le talus néo-écossais a
été lancé en partenariat avec
l´industrie du pétrole et du gaz.
-
La récupération du premier piège
à sédiments mouillé à longueur
d´année dans la mer du Labrador a
révélé que les taux de
sédimentation en automne et au début de
l´hiver étaient plus élevés que
prévus.
-
Un programme d´étude hivernale des régimes de
circulation de l´eau au large de la crique Muggah, au
Cap-Breton, a été mené à bien
dans le cadre d´une étude continue du devenir des
polluants dans le port de Sydney.
-
La contribution canadienne au volet Atlantique du
réseau mondial de bouées Argos s´est
matérialisée par le déploiement de
quatre profileurs dans les eaux de pente de l´Atlantique
Nord-Ouest.
-
On a mené à bien la phase de deuxième
année de l´étude multidisciplinaire de
l´écosystème du lac Bras d´Or. L´accent y
était mis surtout sur les régimes de
circulation et sur la cartographie du fond par sondage
multifaisceaux, quoiqu´on ait aussi effectué des
travaux sur les proliférations de plancton et la
distribution du poisson.
Le Bureau des espèces aquatiques en
péril a fait savoir que le relevé sur la
distribution des baleines noires dans la région du
golfe du Maine, effectué en collaboration avec
plusieurs groupes des États-Unis, dénotait le
retour de plus de 20 baleineaux dans la baie de Fundy, ce qui
est un record par rapport à ce qu´on avait
observé dans la dernière décennie.
Le cadavre d´une tortue luth a été
trouvé près de l´île Bird, au large du
Cap-Breton, par un pêcheur, qui en a informé le
Nova Scotia Leatherback Turtle Working Group (NSLTWG). Ce
groupe, en collaboration avec l´IOB, a organisé une
autopsie publique de la tortue et tenu aussi plusieurs
séances d´information à l´intention des
écoliers, pour les sensibiliser davantage à la
tortue luth, qui est une espèce en danger de
disparition, et aux recherches qui sont en cours à son
sujet.
À la Division des poissons de mer (DPM), on
s´est consacré aux activités suivantes en 2001
:
-
En collaboration avec l´industrie de la pêche, les
scientifiques de la DPM ont implanté des
émetteurs acoustiques sur 200 morues des eaux
côtières, puis ont installé une
batterie de récepteurs acoustiques sur une distance
de 160 km le long du plancher océanique, au large du
Cap-Breton. Cette opération avait pour but
d´évaluer dans quelle mesure les stocks
côtiers de morue du Cap-Breton se mélangent
avec la morue du golfe du Saint-Laurent qui migre au large
du Cap-Breton en hiver. Les premiers résultats
révélaient que les récepteurs avaient
détecté plus de la moitié de la morue
pendant sa migration annuelle, révélant
clairement où et quand elle se
déplaçait.
-
Le projet de dynamique comparative des
écosystèmes exploités de l´Atlantique
Nord-Ouest, (CDEENA), financé par le Fonds
stratégique des sciences, en est arrivé
à sa troisième année complète.
Les deux premières années ont
été largement axées sur l´obtention
des données requises pour la construction de
modèles de la structure et des fonctions des
écosystèmes des eaux canadiennes de
l´Atlantique depuis les années 1970 jusqu´à
la période actuelle. Au cours de la dernière
année, on a presque terminé la construction
d´un bon nombre de ces modèles et on en est
maintenant à comparer les diverses périodes
et zones. La contribution de l´IOB à ce projet
à l´échelle de la zone comprend la
modélisation du bilan massique des secteurs est et
ouest du plateau néo-écossais dans deux
périodes différentes, la modélisation
de la dynamique d´espèces multiples et la
reconstitution des interactions de la pêche de la
morue et de celle du phoque dans l´est du plateau
néo-écossais. Le projet devrait se terminer
notamment par un symposium qui se tiendrait lors de la
réunion de la American Fisheries Society, devant
avoir lieu à Québec en 2004.
-
La division exécute un programme de surveillance de
la population de phoque gris de l´île de Sable
(Nouvelle-Écosse) depuis 1977. Elle effectue aussi
des recherches communes avec l´Université Dalhousie
et la Smithsonian Institution depuis 1989. Les travaux
réalisés ont porté sur l´acquisition
de nouvelles connaissances au sujet de l´écologie
ravageuse et de la reproduction du phoque gris, ayant des
applications directes à la gestion des ressources.
La distribution, la quête de nourriture, la
reproduction, la lactation et le comportement ont
été autant de sujets d´étude
-
La DPM participe aussi à l´étude de la
caouane (espèce menacée) et de la tortue luth
(espèce en danger de disparition). Cette
étude vise à déterminer quand ces
animaux arrivent dans les eaux canadiennes, quel
comportement ils adoptent quand ils y sont et à
quelles menaces ils font face pendant leur séjour.
Un projet commun de recherche a été mis sur
pied avec l´Université Dalhousie, ainsi qu´avec le
Nova Scotia Leatherback Working Group, dont les chercheurs
ont réussi à fixer des émetteurs en
liaison avec un satellite sur 13 tortues luth au cours de
l´été 2001. On a pu ensuite pister ces
tortues dans les eaux canadiennes et au-delà, ce qui
a permis d´acquérir des connaissances
intéressantes sur leurs migrations. Un sous-groupe
de tortues a aussi été doté
d´enregistreurs de plongeons, qui ont servi à
recueillir des données sur la quête de
nourriture de ces tortues. Ce projet se poursuivra en 2002.
-
La DPM a joué un rôle important dans le projet
pilote sur le poisson de fond organisé dans le cadre
du Programme de gestion des pêches axée sur
les objectifs du MPO. Ce programme national introduit la
notion de gestion du risque, y compris l´approche de
précaution, dans la gestion des pêches et
exige que la planification tienne compte des
considérations générales relatives
à l´écosystème, des aspects
socio-économiques de la pêche et des
impératifs de conservation des stocks qui alimentent
la pêche.
-
Des présentations sur le Centre de données
virtuelles (CDV) ont été faites à
diverses rencontres nationales et internationales,
notamment à la réunion scientifique
bilatérale sur les pêches du Canada et des
États-Unis, ainsi qu´à la réunion du
Conseil scientifique de l´Organisation des pêches de
l´Atlantique nord-ouest (OPANO). On continue de
créer régulièrement de nouveaux
produits, comme les cartes en ligne. L´Infrastructure
canadienne de données géospatiales
(GéoConnexions) suscite un vif intérêt
envers les ensembles de données découlant du
CDV comme source de données géospatiales
marines. Le lecteur trouvera de plus amples renseignements
sur le CDV à l´article rédigé à
ce sujet à la rubrique Activités
scientifiques.
La Division des sciences du milieu marin effectue des
recherches sur le corail depuis 1997. Les coraux d´eau
profonde (200-1 500 m) abondent au large du Canada Atlantique
et on s´inquiète de leur vulnérabilité
aux perturbations anthropiques. En 2001, ce programme a connu
un essor important, lorsque le Fonds pour l´étude de
l´environnement a approuvé un projet de deux ans
visant l´intensification des recherches à ce sujet.
Deux Norvégiens experts en coraux d´eau profonde,
Pål et Lene Mortensen, se consacrent à temps
plein à l´étude des coraux. Par ailleurs, en
plus de recueillir des renseignements sur la distribution des
coraux, on rassemble aussi une information nouvelle sur leur
abondance ainsi que sur leur association avec l´habitat et
d´autres espèces, à partir des données
des missions scientifiques effectuées en 2001 dans le
chenal du Nord-Est, dans le canyon Verrill, dans le Gully et
le long du talus continental. Certains spécimens
vivants de corail ont été transportés
jusqu´à l´IOB et sont conservés au Laboratoire
des poissons, où on s´en sert pour effectuer des
études de comportement. Jusqu´ici, il apparaît
que les coraux sont plus variés dans le Gully (au
moins 10 espèces de mains de mer, de corail en corne
et de madréporaires), mais ils sont plus abondants
dans le chenal du Nord-Est (deux espèces de corail en
corne). Sur le talus néo-écossais, les coraux
les plus courants sont les madréporaires.
En plus d´avoir élargi son programme de recherches sur
les coraux, la Division des sciences du milieu marin a
poursuivi ses travaux dans d´autres domaines concernant
l´habitat et les contaminants. Voici à cet
égard quelques faits saillants de ses accomplissements
en 2001 :
-
On a réalisé des progrès importants
dans la communication d´avis sur les incidences
environnementales de la pisciculture à la Gestion de
l´habitat, grâce à l´élaboration de
lignes directrices et d´un système d´appui
décisionnel à l´évaluation des
demandes de concession d´exploitation aquacole.
-
D´importantes recherches ont été entreprises
afin d´évaluer les facteurs qui influent sur la
viabilité de la mytiliculture.
-
On a étudié la compatibilité et
l´utilité d´un ensemble de matériels et de
logiciels d´acoustique pour l´échantillonnage des
sédiments marins et des organismes qui y sont
associés. Grâce aux résultats
favorables de cette étude, on a entrepris un nouveau
projet d´évaluation des méthodes de
cartographie de l´habitat essentiel du poisson.
-
Une étude exhaustive des contaminants du milieu
marin a été effectuée dans le port de
Sydney.
Faits saillants de la Division des poissons diadromes
-
Le saumon de l´arrière-baie de Fundy a
été déclaré espèce
menacée de disparition par le Comité sur le
statut des espèces menacées de disparition au
Canada (CSEMDC), ce qui est venu ajouter de l´importance au
travail déjà amorcé par un groupe
composé de plus de trois douzaines de clients et
d´organismes, chargé de planifier le
rétablissement du stock.
-
Les premiers saumons juvéniles issus du programme de
stockage de gènes des trois Centres de
biodiversité (anciennes écloseries) de la
division ont été largués dans la
nature.
-
Les premières opérations de fraye
artificielle et d´élevage du corégone de
l´Atlantique, autre espèce menacée de
disparition, ont eu lieu dans les Centres de
biodiversité de la Nouvelle-Écosse (se
reporter à l´article sur ce sujet à la
rubrique Activités scientifiques).
-
On a découvert que l´anguille d´Amérique peut
accumuler des caractéristiques de croissance en eau
douce en séjournant entièrement dans les
estuaires et les eaux salées de la côte
atlantique de la Nouvelle-Écosse.
-
Des gaspareaux géniteurs, espèce dont le
stock diminue, ont été amenés
au-delà des passes migratoires de la rivière
internationale St. Croix, qui avaient été
bloquées en vertu de dispositions
législatives prises par l´État du Maine.
-
Le MPO a conseillé la Nova Scotia Power dans la
construction des passes migratoires en amont et en aval de
la rivière Gaspereau, afin de donner au poisson
accès à une étendue d´habitat
supplémentaire de 2,5 km dans cette rivière,
qui se jette dans la baie de Fundy. Les travaux ont
été achevés en 2001.
Madréporaire (Flabellum alabastrum) dans un aquarium
de l´IOB. Ce corail a été prélevé
sur le talus néo-écossais, à environ 400
mètres. Photo de Pål Mortensen.
La Division des invertébrés a
procédé à des relevés en vue de
recueillir des données pour les évaluations des
stocks qui alimentent des pêches importantes, comme les
stocks de homard, de pétoncle côtier et de
pétoncle du large, de crevette et de plantes marines.
Dans le cadre d´ententes de projets conjoints, le personnel
de la division a aussi travaillé avec l´industrie de
la pêche, qui a fourni les bateaux, le matériel,
le personnel et les fonds nécessaires, pour recueillir
des données et des échantillons scientifiques
ayant servi aux évaluations et études
scientifiques. Des progrès importants ont
été réalisés en 2001 dans
l´élaboration de nouvelles méthodes de
relevé qui reflètent l´intégration
d´information de disciplines diverses, en particulier de la
géomatique marine. Voici quelques projets menés
à bien :
-
Le groupe qui étudie le pétoncle de haute mer
a pu établir le lien entre, d´une part, l´abondance
et le taux de prises des pétoncles et, d´autre part,
le type de fond, grâce à des projets de
cartographie de l´habitat benthique à grande
échelle, financés en grande partie par
l´industrie de la pêche hauturière du
pétoncle. Cette découverte a permis à
l´industrie de réduire la perturbation du fond marin
pendant la pêche, de réaliser d´importantes
économies de carburant et d´accroître ses
prises (pour en savoir plus à ce sujet, voir la
rubrique Questions multidisciplinaires).
-
Un système de vidéocaméra
télécommandée, conçu par le
personnel de la Station biologique de St. Andrews, à
St. Andrews (N.-B.), a servi à effectuer un
relevé sur la distribution du homard et
l´écosystème dans la baie Lobster,
comté de Yarmouth. Ce système polyvalent peut
être installé sur les bateaux de pêche
côtière et inventorier par pistage en temps
réel le type d´habitat, l´emplacement du homard et
les observations sur le comportement de ce dernier.
-
Le personnel a conçu un relevé du crabe
nordique en haute mer au casier le long du bord du plateau
néo-écossais, entre le banc Western et le
Gully, et a effectué le travail sur le terrain en
collaboration avec Clearwater Fine Foods, Donna Rae
Fisheries et la Première nation Membertou. Le
relevé a permis d´obtenir de l´information sur le
stock de crabe nordique, notamment sur la distribution, sur
les prises par unité d´effort et sur la structure de
tailles de la population.
-
On a mesuré la production de larves de homard en
plusieurs endroits alentour de
l´Île-du-Prince-Édouard. Les mesures ont
été corrélées avec les
rendements de la pêche et elles ont servi d´intrants
dans un modèle sur la dérive des larves, qui
permettait de déterminer l´origine
géographique des larves.
-
Le personnel a apporté ses conseils et son aide sur
le terrain lors des relevés effectués par la
Eskasoni Fish and Wildlife Commission au sujet du homard du
lac Bras d´Or.
-
Dans le cadre d´un projet commun avec R. Blok Martec Ltd.,
le personnel du groupe des Plantes marines a recueilli des
données sur la biomasse et l´environnement afin de
valider l´application du modèle d´eutrophisation de
la lagune de Venise à la lagune de Basin Head
(Î.-P.-É.).
-
Enfin, on a procédé à un relevé
de la densité, de la distribution selon la taille et
de la taille à maturité des vers
d´appât dans les six principales zones de
récolte de l´ouest de la Nouvelle-Écosse. Les
résultats de ce relevé seront
incorporés au plan de gestion de la pêche de
2002.
Le personnel de la CGC Atlantique s´est
consacré en 2001 à deux grands projets qui se
déroulent dans l´Arctique canadien et viennent
s´ajouter au programme normal de missions sur le terrain.
-
Dans le cadre d´une initiative commune des gouvernements
allemand et canadien, le groupe de soutien sur le terrain a
lancé un programme de réfraction sismique
dans le détroit de Nares, à partir du
brise-glace NGCC Louis S. St. Laurent.
-
Dans la mer de Beaufort, le premier relevé sismique
haute résolution des obstacles au trajet des
pipelines extracôtiers effectué à
l´aide de sondage multifaisceaux a été
mené à bien depuis le navire de la Garde
côtière canadienne Nahidik. Par
ailleurs, dans le cadre de recherches parrainées par
le ministère des Affaires indiennes et du Nord
canadien, on a dû procéder à d´autres
relevés de plusieurs des îles de glace
artificielles construites dans les années 1970 et
1980, pour évaluer leur dégradation
structurale.
En plus des missions spéciales décrites
ci-dessus, la CGC Atlantique a effectué ses missions
normales à bord des navires du MPO. C´est ainsi que :
-
David Piper s´est rendu sur les Grands Bancs pour
étudier les phénomènes
géologiques qui se produisent sur le talus, à
l´appui de recherches de l´industrie;
-
Gary Sonnichsen s´est lui aussi rendu sur les Grand Bancs
pour étudier l´affouillement par les glaces dans
cette région;
-
David Mosher s´est rendu sur le talus
néo-écossais pour étudier les
phénomènes géologiques qui s´y
produisent;
-
Gordon Fader s´est rendu sur le plateau
néo-écossais pour créer des cartes de
l´habitat de cette région;
-
Russell Parrott, de concert avec Environnement Canada, pour
étudier les incidences de l´immersion de substances
sur des sites de dragage dans le détroit de
Northumberland et le port de Saint John.
Pour la troisième année de suite,
Environnement Canada (EC) et la Première nation
d´Eskasoni ont mené à bien le programme de
surveillance de la qualité de l´eau des secteurs
coquilliers du lac Bras d´Or. Depuis 1998, le nombre de sites
d´aquaculture de mollusques dans le lac Bras d´Or a
augmenté de 12 %.
Le Denys Basin Watershed Advisory Group a été
créé par EC pour s´occuper des problèmes
locaux concernant la qualité de l´eau. Une
étude pilote est en cours qui vise à
définir les sources de pollution et à examiner
la faisabilité d´une opération de
récolte conditionnelle d´huîtres dans les
secteurs fermés du bassin de la rivière Denys.
Environnement Canada a aussi entrepris diverses
activités de restauration de secteurs coquilliers.
Dans le comté de Charlotte, au Nouveau-Brunswick, le
long de la côte de la baie de Fundy, les groupes qui
oeuvrent dans le cadre du Programme d´assainissement du
littoral Atlantique (PALA) on procédé à
la décontamination bactérienne du secteur. Un
programme coopératif de surveillance de la
qualité de l´eau des secteurs coquilliers est en place
et les mesures correctives se poursuivent dans plusieurs
secteurs coquilliers contaminés. Jusqu´ici, plus de
950 hectares de gisements de myes, représentant un
apport annuel de plus de 100 000 $ à l´économie
locale, ont été rouverts à la
récolte. De plus, cinq autres secteurs de
récolte des myes productifs font l´objet d´une
ouverture conditionnelle régie par des plans de
gestion établis en bonne et due forme.
Ateliers et réunions spéciales
Dans le cadre du programme Marine Invertebrate Diversity
Initiative (MIDI), on a organisé à l´IOB un
atelier auquel ont pris part plus de 60 participants le 9
janvier. Cet atelier portait sur l´utilisation du site Web du
MIDI et comportait des discussions sur la diversité
marine. Le MIDI est un programme élaboré par un
groupe de scientifiques et d´éducateurs dans le but
d´établir une base de données de
référence standard, accessible par le Web, sur
les invertébrés marins, l´objectif visé
étant de mieux faire connaître les
invertébrés marins et d´inciter les groupes
communautaires, les éducateurs, l´industrie, les
gouvernements et administrations, les milieux universitaires,
les consultants et le public à s´unir pour conserver
les océans. Le MIDI est une société
enregistrée appuyée par le MPO, le Ecology
Action Centre, Environnement Canada, la National Fish and
Wildlife Foundation, le Musée d´histoire naturelle de
la Nouvelle-Écosse ainsi que par des organisations
privées et des particuliers. Pour en savoir plus
à ce sujet, veuillez consulter le site Web :
http://www.fundyforum.com/MIDI.
Le deuxième atelier sur la préservation de
l´environnement du port de Halifax a eu lieu à
l´IOB, sous la présidence de Brian Nicholls, les 14 et
15 mars. Il a réuni des intervenants des trois ordres
de gouvernement et d´administration, des milieux
universitaires, de l´industrie et de groupes
d´intérêt public. On y a examiné
l´état de l´environnement du port de Halifax,
cerné les lacunes en matière d´information et
recommandé des mesures de préservation et de
restauration de l´habitat ainsi que des aspects
esthétiques du port.
Un atelier sur les répercussions du changement
climatique dans la zone côtière et sur
l´adaptation à ce changement s´est tenu en mars
à l´IOB. Il regroupait des utilisateurs des ressources
côtières et des scientifiques pour
étudier les effets possibles du changement climatique
dans les régions côtières du Canada. Il y
a été question des besoins des
communautés côtières en matière
d´information et de recherche, notamment de l´adaptation des
régions côtières au changement climatique
et de la formulation de stratégies d´adaptation face
à l´incertitude. On s´attend à ce que les
priorités cernées en ce qui concerne la
recherche sur le changement climatique dans la zone
côtière servent aussi à guider
l´évaluation des autres recherches associées au
changement dans le climat côtier. Le comité
organisateur de l´atelier était présidé
par Ressources naturelles Canada et il comprenait des
représentants du MPO, d´EC, du milieu universitaire et
du secteur privé.
La réunion d´Examen de l´écosystème
du Gully, présidée par Don Gordon, a eu
lieu à l´IOB le 2 mai. Le Gully, un canyon profond
situé sur la pente du large de la côte est de la
Nouvelle-Écosse, a été
désigné " zone d´intérêt " en vue
d´un classement éventuel comme zone de protection
marine. En 1999, on a annoncé l´injection sur deux ans
de fonds spéciaux pour accroître notre
connaissance de cet écosystème unique. La
réunion du 2 mai avait pour but de rassembler les
résultats des diverses études afin d´avoir une
vision intégrée de la zone. Au cours d´une
table ronde, on a cherché à déterminer
dans quelle mesure la recherche récente avait accru
notre compréhension des limites physiques et
écologiques de la zone ainsi que des liens entre les
éléments de son écosystème.
Dans le cadre du Processus consultatif régional
(PCR) des provinces Maritimes, 11 réunions
d´évaluation des stocks ont été tenues
en 2001 pour examiner l´état des stocks de poissons et
d´invertébrés dans les provinces Maritimes. Les
Rapports sur l´état des stocks, Rapports sur
l´état de l´habitat et Comptes rendus issus de ces
réunions sont énumérés à
la rubrique Publications. On peut aussi les trouver sur le
Web, à l´adresse : www.mar.dfo-mpo.gc.ca/science/rap/internet/Homef.htm.
En outre, deux réunions spéciales ont
été convoquées dans le cadre du PCR en
2001 :
-
La réunion sur le maintien de la diversité
des types d´écosystème : cadre pour la
conservation des communautés benthiques du secteur
de Scotia-Fundy, Région des Maritimes,
présidée par Joe Arbour, a rassemblé
des experts en écologie benthique, en
océanographie physique et en classification de
l´habitat. Elle a eu lieu à l´IOB du 26 au 28 juin
et on y a examiné les caractéristiques
géographiques des types d´écosystème
benthique (ou paysages marins) du plateau
néo-écossais et de la partie canadienne du
golfe du Maine. On a envisagé à long terme
l´établissement d´une classification benthique pour
cette région et l´élaboration de lignes
directrices sur la proportion de chaque type
d´écosystème nécessitant une
protection spéciale.
-
La deuxième réunion spéciale du PCR
portait sur les incidences environnementales possibles
de l´exploration pétrolière et gazière
sur les écosystèmes du sud du golfe du
Saint-Laurent et du Sydney Bight. Elle a eu lieu, sous
la présidence de Paul Keizer, à
l´Université St. Francis Xavier d´Antigonish du 21
au 23 novembre. Cette réunion visait un double
objectif. En premier lieu, il s´agissait de
caractériser les éléments de
l´écosystème du sud du Golfe et du Sydney
Bight qui méritent une attention particulière
dans le contexte de l´exploration pétrolière
et gazière, et de cerner les effets possibles de
cette activité sur l´écosystème. En
second lieu, on cherchait à déterminer quels
aspects de la question ne sont pas suffisamment compris et
nécessitent de plus amples recherches pour qu´on
puisse évaluer les incidences possibles de
l´exploration pétrolière et gazière
dans les zones considérées.
Don Forbes, de Ressources naturelles Canada, et Martha
McCulloch, d´Environnement Canada, ont
présenté devant le comité des
sous-ministres du gouvernement de
l´Île-du-Prince-Édouard un exposé sur les
effets du changement climatique et de
l´élévation du niveau de la mer dans les
régions côtières de l´île.
Les scientifiques de la CGC Atlantique/Ressources
naturelles Canada ont participé à la
conférence et au salon de la Offshore Technology
Association of Nova Scotia, qui se sont tenus à
Halifax en octobre. Un regain d´activité au large de
la côte est a engendré un plus grand
intérêt pour la recherche et les données
concernant cette région.
Paul Kennedy, animateur du programme Ideas de
CBC, est venu à l´IOB en mai discuter avec le
personnel de diverses idées dans le cadre d´un
programme de radio intitulé : Oceans Exploration
2001: Learning from our Oceans. Cette série de
discussions nationales, qui avaient pour but d´encourager le
dialogue entre les Canadiens au sujet des océans et de
la zone côtière, ont été
radiodiffusées en novembre et décembre 2001.
Rencontres internationales
Des délégués provenant des cinq
continents ont convergé vers l´Université Saint
Mary´s, à Halifax, en juin pour prendre part à
CoastGIS 2001, le quatrième symposium
international sur la cartographie par ordinateur et le SIG
concernant la zone côtière. La CGC
Atlantique/Ressources naturelles Canada a joué un
rôle de chef de file dans l´établissement du
programme scientifique et l´organisation logistique de la
réunion, en collaboration avec du personnel du
ministère des Pêches et des Océans, des
universités locales et le secteur privé. La CGC
Atlantique participera à l´élaboration du
contenu scientifique des futurs symposiums CoastGIS,
puisqu´elle sera représentée aux comités
du programme et au nouveau comité de direction. La
réunion de 2001 de cet important groupe de chercheurs
en géomatique oeuvrant à la gestion de la zone
côtière était la première à
se tenir hors d´Europe.
Une réunion d´un groupe de travail spécial
international portant sur une approche à
l´échelle du bassin en ce qui concerne
l´écosystème de l´Atlantique Nord-Ouest a
eu lieu à Halifax (N.-É.) du 21 au 23 juin,
sous la présidence de Erica Head. Cette réunion
portait sur l´écosystème de l´Atlantique
Nord-Ouest et sur le rôle du zooplancton de
l´espèce Calanus finmarchicus qu´on trouve dans
cet écosystème. Les études canadiennes
GLOBEC avaient mis en évidence le rôle crucial
que joue cet organisme dans le flux d´énergie des
bassins océaniques au plateau continental et des
producteurs primaires aux échelons supérieurs
du réseau trophique, comme les poissons commerciaux et
les baleines à fanons. Des progrès ont
été accomplis dans la modélisation de la
dynamique de population de C. finmarchicus et des
phénomènes de transport dans l´Atlantique
Nord-Est. La réunion avait pour but d´élaborer
un plan de recherche pour l´étude de la dynamique
spatio-temporelle de Calanus finmarchicus dans
l´Atlantique Nord-Ouest et de la façon dont elle est
influencée par les répercussions des
changements climatiques sur les conditions environnementales
et la circulation. Ces phénomènes peuvent avoir
des effets sur la dynamique du réseau trophique et le
flux de carbone, à la fois dans les couches profondes
de l´océan et sur le plateau continental. On peut se
procurer le rapport de cette réunion sur le Web
à l´adresse :
http://www.dfo-mpo.gc.ca/csas/CSAS/Francais/Procedure_Annee/2001f.htm.
La deuxième réunion du groupe scientifique
directeur de l´étude sur le système climatique
polaire (ACSYS) et des responsables des projets sur les
systèmes climatiques et cryosphériques
(CliC) s´est tenue à l´IOB du 15 au 19 octobre.
Elle concernait les programmes scientifiques sur les climats
de haute latitude du Programme mondial de recherche sur le
climat (PMRC). L´ACSYS est presque terminé, tandis
qu´on élabore le plan de mise en oeuvre du CliC. Peter
Jones était l´organisateur local de cette
réunion.
Paul Kepkay a présidé un atelier spécial
sur le stockage de carbone dans la zone
côtière à Halifax (N.-É.) les
16 et 17 octobre. Des experts nationaux et internationaux ont
élaboré de nouvelles recherches visant à
décrire l´exportation et le stockage de carbone dans
la zone côtière du Canada atlantique. Compte
tenu de l´importance générale de cette zone
dans le stockage du carbone exporté par les
rivières, les nouvelles recherches ont
été intégrées à un plan de
recherches qui met en évidence l´importance des
régions côtières du Canada dans le cycle
planétaire du carbone. On trouvera le rapport de
l´atelier dans le site Web :
http://www.dfo-mpo.gc.ca/csas/CSAS/Francais/Procedure_Annee/2001f.htm.
La troisième réunion du Partenariat pour
l´observation des océans du monde (POGO) a eu lieu
au White Point Beach Lodge de Hunts Point (N.-É.) du
27 au 29 novembre. Sont membres du POGO les directeurs des
grands établissements et des grandes organisations
océanographiques du monde. La réunion avait
pour thèmes principaux l´accroissement de la
surveillance biologique dans les profondeurs de
l´océan et le soutien aux stations fixes de
surveillance en eau profonde. Shubha Sathyendranath,
directrice administrative du POGO, a organisé la
réunion et Dan Wright y a fait une présentation
sur les programmes de l´IOB qui sont pertinents par rapport
aux activités promues par le POGO.
Distinctions honorifiques
Steve Blasco a été nommé membre
de l´Ordre du Canada par la gouverneure
générale. Sa citation faisait état de
son rôle déterminant dans la promotion du
transfert de technologie du gouvernement à l´industrie
de l´exploration et du fait que, comme géophysicien
réputé au ministère
fédéral des Ressources naturelles, il a
conçu du matériel novateur pour la
récolte des ressources océaniques. On y
indiquait aussi que fort de son expérience comme
membre de l´équipe de production du film IMAX
Titanica, il met à profit ses excellentes
capacités de communication pour éduquer les
Canadiens et partager avec eux sa passion pour la science.
Cette distinction, qui avait été
annoncée en décembre 2000, a été
octroyée à M. Blasco en automne 2001.
Steve Blasko reçoit l´Ordre du Canada des mains de son
Excellence Adrienne Clarkson, gouverneure
générale.
Le prix A.G. Huntsman est un prix annuel
décerné par le milieu scientifique maritime
canadien pour récompenser l´excellence dans le domaine
de la recherche et les contributions exceptionnelles aux
sciences de la mer. Il est décerné chaque
année dans une des trois catégories suivantes :
géosciences marines, océanographie
physique/chimique ou océanographie biologique. Ce prix
doit son nom à Archibald Gowanlock Huntsman
(1883-1972), pionnier canadien de la recherche
océanographique et biologiste halieutiste. Le prix
A.G. Huntsman 2001 a été décerné
à David M. Karl (Ph.D.), département
d´océanographie, Université de Hawaï, un
océanographe biologiste qui, grâce à ses
connaissances de la biochimie, de la microbiologie et de la
génomique, a fait beaucoup avancer l´étude des
écosystèmes océaniques et des
phénomènes planétaires. M. Karl a
joué un rôle de premier plan dans
l´élaboration de nouvelles méthodes en
microbiologie des organismes marins et en chimie des
nutriants, et il a étudié les transformations
d´origine microbienne et les mécanismes
d´approvisionnement des principaux nutriants
végétaux dans l´océan. Son travail a
révélé l´existence et l´importance de
nouvelles classes d´organismes dans la mer, notamment les
organismes archéens de la zone infrapélagique.
Il a travaillé dans des milieux marins très
variés, notamment dans le Pacifique central,
l´Antarctique, la mer Noire et les cheminées
hydrothermales des eaux profondes.
Le gagnant du prix Huntsman 2001, M. David Karl (Ph.D.),
à gauche, et M. Howard Alper (Ph.D.), président
de l´Académie des sciences de la Société
royale du Canada.
En juin 2001, à la deuxième
cérémonie annuelle de remise des prix du
Conseil fédéral de la
Nouvelle-Écosse, neuf prix ont été
présentés dans cinq catégories
différentes. L´équipe interministérielle
de SeaMap a reçu un prix dans la catégorie II,
qui s´adresse aux personnes ou aux équipes ayant
coordonné avec succès la mise en oeuvre d´une
initiative fédérale de haute
priorité. L´équipe est composée de
Dick Pickrill (RNCan), Les Burke et Dick McDougall (MPO),
Jim Bradford (MDN) et Kate Moran (gestionnaire contractuelle
du bureau SeaMap) et elle a été
recommandée pour ce prix en raison de ses travaux dans
la mise en oeuvre de l´initiative SeaMap et
l´amélioration des relations
interministérielles.
En 2001, Donald Gordon a reçu le prix
scientifique 5NR de chef de file du développement
durable, qui rend hommage aux contributions
exceptionnelles des scientifiques fédéraux dans
leur domaine. M. Gordon (Ph.D.) a reçu ce prix en
raison de ce qu´il a apporté tout au long de sa
carrière à la connaissance des
écosystèmes marins et à l´application de
cette connaissance à la prise de bonnes
décisions de gestion, qui ont influé sur le
développement durable des ressources marines. Le prix
en question vise aussi à encourager les jeunes
scientifiques en leur accordant des bourses d´étude de
troisième cycle pour rechercher des moyens novateurs
de préserver l´environnement du Canada et sa
biodiversité. Les 5 ministères
fédéraux qui participent au prix 5NR sont
Agriculture et Agroalimentaire Canada, Environnement Canada,
Pêches et Océans Canada, Santé Canada et
Ressources naturelles Canada.
L´Association des amis de l´océan de l´IOB a
créé le prix Beluga pour rendre hommage
aux personnes qui ont contribué par leurs talents et
leurs efforts à faire de l´IOB un établissement
océanographique très renommé et
couronné de succès. Roger
Bélanger, membre du personnel de la Section de
photographie de 1966 à 1991, a été le
premier bénéficiaire de ce prix (voir d´autres
renseignements à ce sujet à la rubrique
Autres programmes).
Charlie Dennis, de la bande indienne d´Eskasoni, au
Cap-Breton, est devenu le deuxième lauréat du
prix du sous-ministre du MPO décerné
à un partenaire, en récompense de plusieurs
décennies de coopération avec l´ancien
Laboratoire de recherche halieutique de Halifax et l´IOB,
dans le cadre de recherches importantes pour les
Premières nations du lac Bras d´Or. Ce prix lui a
été remis lors d´un cercle de la parole auquel
participaient des sages des bandes autochtones du Cap-Breton
et des scientifiques de l´IOB (voir la rubrique Questions
multidisciplinaires).
Le Prix d´Excellence du sous-ministre a
été décerné à
l´équipe de recherche in situ sur les glaces marines,
composée de Brian Beanlands, Ingrid Peterson,
George Fowler et Simon Prinsenberg, pour la
récompenser de son excellent travail
d´élaboration d´instruments pour la recherche sur les
glaces marines, travail qui lui a valu également un
prix d´excellence régional du MPO.
L´équipe chargée des recherches in situ sur les
glaces reçoit le prix d´excellence du sous-ministre
(de gauche à droite, Wayne Wouters, Simon Prinsenberg,
Ruth Dantzer, Brian Beanlands et George Fowler) - photo de
Wolf.
Ressources naturelles Canada a pour sa part
décerné des prix d´excellence sectoriels et
divisionnaires à 11 membres de son personnel et
à deux bénévoles en 2001.
-
John Shimeld a reçu un prix d´excellence
sectoriel pour avoir mené à bien des
négociations avec une entreprise d´acquisition de
données sismiques marines, qui ont permis aux
chercheurs de la CGC d´avoir accès à 35 000
km de données sismiques portant sur le talus
continental du large de la Nouvelle-Écosse.
-
Graham Williams, Rob Fensome et Jennifer Bates ont
mérité quant à eux un prix
d´excellence sectoriel collectif pour avoir réuni,
inspiré et guidé des douzaines de
participants de quelque 26 organismes et les avoir
menés à la publication de The Last Billion
Years: A Geological History of the Maritime Provinces of
Canada. Ce livre présente, dans le langage de
tous les jours, la géologie terrestre et maritime
des provinces Maritimes.
-
Phil Moir a reçu un prix d´excellence
sectoriel collectif pour ses efforts exceptionnels de
recherche de consensus et de leadership dans
l´élaboration du guide de GI/TI des
géosciences dans son secteur. Son équipe a
conçu un cadre de travail qui a été
entériné par le Comité des programmes
de la CGC et qui permettra au secteur de mieux
répondre aux besoins du GED/RED.
-
Gary Grant et John Shaw ont eux aussi reçu un
prix d´excellence sectoriel collectif pour avoir
coordonné l´élaboration et la production
d´une série de sept affiches régionales, d´un
site Web et de trousses (destinées aux enseignants)
sur les sciences et les incidences du changement
climatique.
-
Terry Hayes a mérité un prix
d´excellence sectoriel collectif pour une
réalisation exceptionnelle. Il a en effet
réussi à faire concilier la base de
données sur la gestion des actifs du Secteur des
sciences de la terre avec le téléchargement
dans le module de gestion des actifs du SFG.
-
Susan Merchant a reçu un prix d´excellence
divisionnaire en récompense de ses efforts constants
de coordination et de saisie de données dans le
système de données des archives
matérielles, qui aboutiront à une grande
amélioration de la sécurité et de
l´accessibilité des collections de données.
-
André Rochon a mérité un prix
d´excellence divisionnaire pour avoir révisé
la traduction française d´un important document
scientifique.
-
John Shimeld a reçu un prix d´excellence
divisionnaire pour avoir mené à bien des
négociations qui ont permis d´avoir accès
à un grand ensemble de données sismiques sur
le bord et le talus du plateau néo-écossais.
-
Don Forbes a reçu un prix d´excellence
divisionnaire en récompense du leadership qu´il a
manifesté dans le projet du Fonds d´action pour le
changement climatique à
l´Île-du-Prince-Édouard et également
pour sa participation au Groupe d´experts
intergouvernemental sur l´évolution du climat.
-
Rob Fensome a vu ses efforts de coordination de la
publication The Last Billion Years: A Geological History
of the Maritime Provinces of Canada
récompensés par un prix d´excellence
divisionnaire.
-
Barbe Szlavk a également reçu un prix
d´excellence divisionnaire pour avoir donné
accès à des données et pour avoir
participé au Réseau canadien
d´éducation géoscientifique.
-
Calvin Campbell a mérité un prix
d´excellence divisionnaire en récompense de sa
contribution à l´étude Ocean Alert et de ses
travaux sur le talus néo-écossais.
-
Enfin, Bille-Jo Gauley et Ernest Douglas, deux
bénévoles à la CGC Atlantique, ont
reçu des prix d´excellence divisionnaires pour leur
travail d´équipe efficace lors d´une série de
missions de carottage.
Des prix d´excellence nationaux et régionaux du MPO,
et d´autres distinctions, ont été
présentés aux personnes suivantes :
-
Sherry Niven a mérité une mention
élogieuse du SMA du MPO pour sa contribution
exceptionnelle à l´élaboration et à la
mise en oeuvre de la stratégie du système de
Norme de classification générale (NGC) dans
le Secteur des sciences.
-
Un prix d´excellence régional collectif a
été décerné à Trevor
Goff et au personnel du Centre de biodiversité de
Mactaquac, pour avoir innové dans
l´exécution du programme de biodiversité en
partenariat avec des groupes communautaires et les
Premières nations.
-
Un prix d´excellence régional collectif a
également été décerné
à Phil Hubley et Henry Caracristi, de la
Division des poissons diadromes, pour leur contribution
remarquable à la conception et à la mise en
oeuvre des aménagements apportés au Centre de
Mactaquac.
-
Un prix d´excellence régional personnel a
été remis à Shane O´Neil en
récompense de son leadership dans diverses
activités, notamment dans la transformation des
écloseries de Mersey et Coldbrook en Centres de
biodiversité axés sur le stockage de
gènes des populations de saumon de l´Atlantique en
danger de disparition.
-
Brian Jessop a reçu lui aussi un prix d´excellence
régional personnel pour ses recherches sur
l´anguille, l´éperlan, le bar rayé, le
gaspareau et d´autres espèces diadromes.
-
Un prix d´excellence régional personnel a
été décerné à Murray
Scotney en récompense du rôle crucial
qu´il a joué dans l´aboutissement des missions
d´océanographie physique.
-
Reg Sweeney, André Ducharme, Jim Leadbetter et
Joey Crocker faisaient quant à eux partie d´une
grande équipe qui a reçu un prix d´excellence
régional pour avoir évalué les
incidences d´un gazoduc de 500 km de long allant de Country
Harbour (N.-É.) à la frontière
canado-américaine.
-
P. Jones, de la Division des sciences
océanologiques, a été nommé le
City of Trail Champion.
-
J. Lazier, également de la Division des
sciences océanologiques, a été
l´invité d´honneur du Conseil international pour
l´exploration de la mer.
-
Plusieurs élèves d´école secondaire
ont reçu des prix pour les dessins qu´ils ont soumis
dans le cadre de la Journée des océans, dont
le thème était l´Odyssée maritime
2001. Kimberley Piccott, de l´école
secondaire Prince Andrew, à Dartmouth, a
remporté le premier prix. Les deuxième et
troisième prix ont été
décernés, respectivement, à Carmen
Gill, de l´école secondaire de premier cycle
Cornwallis et à Lauren MacDormand, de
l´école secondaire de premier cycle Eric Graves.
Kaitlyn Hemphill, Tim Bouter, Max Schnutgen, Kit McManus,
Britanny Edgett, Nicole McNeil et Tessa Boucher ont tous
reçu des mentions d´appréciation pour leur
dessin.
Activités scientifiques
Les dinoflagellés fossiles : un outil de datation

- Rob Fensome et Graham Williams
Un site Web éducatif populaire pose la question
suivante " Comment détermine-t-on l´âge d´une
roche? ". Il y répond " par ses minéraux! " et
explique que les " géologues ont d´abord
utilisé les fossiles pour établir l´âge
relatif des roches, mais que grâce à la
découverte de la radioactivité et aux
progrès de la technologie, il est désormais
possible d´attribuer un âge absolu à une roche.
" Bien que cette réponse ne soit pas à
proprement parler inexacte, elle peut induire en erreur. En
effet, l´explication donne à croire que l´utilisation
des fossiles est dépassée, qu´elle ne
revêt plus d´importance pour la détermination de
l´âge des roches et que les techniques de datation
radiométrique ultrarapides sont la voie de l´avenir.
Pourtant, en réalité, les techniques de
datation radiométrique sont coûteuses,
chronophages et applicables seulement à certains types
de roche. Les fossiles demeurent le principal outil de
datation des roches qui ont moins d´un demi-milliard
d´années. De plus, les fossiles, en particulier les
fossiles microscopiques, sont des outils essentiels à
la compréhension de la géologie des
séries sédimentaires propices à la
présence de pétrole et de gaz naturel, comme
celles qu´on trouve au large de l´est du Canada.
L´étude de la nature, de l´origine et des relations
des séries lithologiques est connue sous le nom de
stratigraphie, tandis que la datation des roches
d´après leur teneur en fossiles s´appelle
biostratigraphie. Les périodes géologiques
(comme le Jurassique) sont définies en fonction de
leur biostratigraphie et non de leur âge absolu en
millions d´années. Le phénomène
biostratigraphique le plus connu est celui de la transition
du Crétacé au Tertiaire, soit l´extinction des
dinosaures. Si une roche contient des fossiles de
Tyrannosaurus rex, elle vient du Crétacé
et non du Tertaire. Aucune roche du Tertiaire ne contient de
fossiles de T. rex. En se fondant sur la datation
radiométrique, on estime que la transition
Crétacé-Tertiaire a eu lieu il y a 65 millions
d´années. Mais si de nouvelles analyses
radiométriques la faisaient remonter à 60
millions d´années, il ne s´agirait-là que d´une
correction numérique. Cela ne changerait rien
matériellement à la transition
Crétacé-Tertiaire, qui demeurerait
définie par la présence ou l´absence de
fossiles. Les corrections numériques de l´âge
d´importantes couches stratigraphiques sont plus
fréquentes qu´on pourrait le croire. Ainsi,
récemment, l´âge de la transition
Dévonien-Carbonifère, qui avait
été établie à 354 millions
d´année, a été porté à 362
millions d´années.
Âges des différents types d´archéopyle
dans les dinokystes de wetzelielloïdes.
Aucune trace de dinosaure n´a été
trouvée dans les carottes et les déblais de
forage (petits fragments rocheux) des puits de pétrole
et de gaz au large de l´est du Canada. Toutefois, ce sont
maintenant d´autres " dinos " fossiles, en l´occurrence des
dinoflagellés présents par millions, qui
constituent le principal outil biostratigraphique
utilisé dans la région pour déterminer
l´âge des roches marines de moins de 200 millions
d´années. Les dinoflagellés sont parmi les
organismes planctoniques les plus courants dans nos
océans à l´heure actuelle. Il s´agit
d´organismes unicellulaires dont la taille se situe entre 10
et 200 µm, qui ont à la fois des
caractéristiques de type végétal (un bon
nombre contient des chloroplastes) et de type animal (la
plupart connaissent au cours de leur cycle biologique une
phase vagile active). Certains dinoflagellés causent
la marée rouge et d´autres produisent des toxines
puissantes. Les kystes de dinoflagellé (dinokystes)
fossilisables sont à peu près de la même
taille que leurs homologues vagiles et comportent toujours
une brèche de dékystement
caractéristique, ou archéopyle, par laquelle la
prochaine génération de cellules vagiles peut
s´échapper.

Spécimens de wetzelielloïdes. Photos de Lew Stover et Dan Beju.
Les échantillons de roche analysés pour la
détection de dinokystes fossilisés doivent
être traités à l´acide chlorhydrique et
à l´acide fluorhydrique, et être soumis à
d´autres techniques chimiques et de fractionnement, pour
qu´on puisse dégager les parois organiques des
dinokystes. Une fois extraits de leur tombeau rocheux, les
dinokystes se sont révélés abondants.
Leur profusion, ainsi que leur morphologie variable et leur
évolution souvent rapide en font un outil idéal
pour la biostratigraphie. Tout comme l´extinction des
dinosaures marque la fin du Crétacé,
l´apparition et l´extinction de certaines espèces de
dinokystes définissent des événements
stratigraphiques donnés. Au fur et à mesure que
la définition des espèces de dinokystes et la
période de leurs première et dernière
présences se précisent, notre connaissance de
la stratigraphie, de la géologie et de l´existence de
pétrole et de gaz dans les bassins
sédimentaires extracôtiers de l´est du Canada se
précise également.
Pour illustrer le raffinement croissant de la
biostratigraphie des dinokystes, nous nous intéressons
ici à un groupe appelé " wetzelielloïdes
", nommé d´après deux pionniers allemands - non
apparentés - de la biostratigraphie, Otto et Walter
Wetzel. Les wetzelielloïdes, présents dans les
roches marines de 25 à 65 millions d´années, se
sont souvent avérés utiles à la fois en
biostratigraphie et en paléoécologie. En
général, ils sont de forme ovoïde ou
rhomboïdale et portent quatre à cinq protrusions
ou cornes : 1 antérieure (apicale), 1-2
postérieures (antapicales) et 2 latérales (une
à droite et une à gauche). Ils comportent aussi
deux parois séparées par un espace, la paroi
extérieure étant communément recouverte
d´épines, qui sont parfois reliées entre elles
par des petits piliers (trabécules) ou par une mince
membrane.
Au cours des temps, on a distingué les
wetzelielloïdes les uns des autres en se fondant sur des
variables aussi nébuleuses que la longueur, la forme,
la symétrie des cornes, la nature de l´ornementation
superficielle, y compris les épines, et le
développement de parois et membranes. Que ces
caractéristiques soient à la fois si
distinctives et si variables s´est avéré tout
autant une bénédiction qu´une
malédiction : bénédiction parce que les
variations étaient faciles à identifier et
à décrire, mais malédiction parce que
chaque caractéristique semblait se développer
en bonne partie indépendamment des autres. Aucun trait
morphologique particulier n´offrait de constante pour la
classification du groupe ou ne reflétait une
configuration stratigraphique cohérente. Cela explique
que de nombreuses espèces de wetzelielloïdes
aient été nommées et utilisées de
manière erratique, ce qui a nuit à
l´utilité du groupe dans la biostratigraphie,
malgré le recours à des techniques statistiques
comme l´analyse multivariable.
Il ressort d´observations provenant essentiellement de la
zone extracôtière de l´est du Canada, qu´une
méthode plus efficace et plus pratique de subdiviser
les wetzelielloïdes semblerait se dessiner. Il s´agit
d´une subdivision qui privilégie pour la
classification le développement d´une
caractéristique morphologique : l´archéopyle.
Chez les wetzelielloïdes, l´archéopyle est une
ouverture plus ou moins quadrangulaire de la surface dorsale
du kyste, située près de la partie
supérieure. Comme l´indique le tableau ci-joint,
diverses configurations de l´archéopyle et de son
opercule sont associées à l´âge et
permettent de dégager des tendances apparentes
d´évolution générale au sein du groupe.
Les auteurs, en collaboration avec Sarah Damassa, du
Massachusetts, aux États-Unis, et Raquel Guerstein,
d´Argentine, revoient actuellement la taxonomie des
wetzelielloïdes et réévaluent l´apparition
stratigraphique de l´espèce dans le groupe. Leurs
travaux, une fois terminés, aboutiront à une
plus grande maîtrise de la biostratigraphie et
permettront de préciser davantage les âges des
strates et donc de mieux comprendre les bassins
sédimentaires et les gisements
pétrolifères de la zone
extracôtière de l´est du Canada.
Détroit de Nares : recherche concertée pour
résoudre une controverse géologique
- H. Ruth Jackson, Gordon N. Oakey et Sonya A. Dehler
Une expérience multidisciplinaire dans le
détroit de Nares, qui sépare le nord du
Groenland de l´île d´Ellesmere, a été
organisée en vertu de l´accord bilatéral sur
les sciences et la technologie signé par le Canada et
l´Allemagne. Elle a eu lieu en août et au début
de septembre 2001. Les principaux instigateurs en
étaient le German Federal Institute for Geosciences
and Natural Resource et la Commission géologique du
Canada (CGC), avec l´appui d´organismes danois et d´autres
organismes canadiens. Les fortes conditions de glace dans le
détroit de Nares ont nécessité
l´utilisation du plus puissant brise-glace du Canada, le NGCC
Louis S. St-Laurent.
L´expérience avait pour principal objectif de
recueillir des données en vue de régler une
controverse de longue date sur les origines du détroit
de Nares. Cette controverse résulte d´une
incompatibilité apparente entre la géologie
terrestre alentour du détroit de Nares et les
modèles de tectonique des plaques décrivant
l´ouverture de l´Atlantique Nord et les mouvements connexes
du Groenland. Le principal atout de la mission
résidait dans la capacité d´intégrer
certains travaux géologiques terrestres in situ aux
mesures régionales de géophysique, pour en
étendre l´interprétation à la zone
extracôtière.
La ligne rouge représente le trajet de la mission,
totalisant 6 400 km, entre l´île d´Ellesmere, à
l´ouest, et le Groenland, à l´est. Des données
sismiques, des mesures bathymétriques, des
échantillons d´eau et des profils de
température ont été recueillis le long
de ce trajet. En arrière-plan, on aperçoit la
côte du Groenland, au sud de 780N.
L´étude de diverses questions de
géodésique, d´hydrographie,
d´océanographie, de climatologie et de biologie
faisait aussi partie des autres objectifs scientifiques du
programme. Quatre étudiants de la localité de
Grise Fiord et de la Free University d´Amsterdam ont
participé à un bon nombre des travaux.
L´étude de géodésique a
été effectuée en collaboration par
Géomatique Canada et le Danish Geodetic Department.
Comme la frontière internationale entre le Canada et
le Groenland (Danemark) longe le détroit de Nares, il
faut recourir aux méthodes de positionnement modernes
pour établir plus précisément son
emplacement. Aussi, en réoccupant des stations de
mesure antérieures, on peut établir les
mouvements contemporains des plaques lithosphériques.
La contribution du ministère des Pêches et des
Océans du Canada (MPO) consistait à
réaliser une étude de la circulation et du
brassage de l´eau entre les îles canadiennes de
l´Arctique et de l´influence de l´océan Pacifique,
comme source de nutriants, sur l´écosystème de
l´Arctique. Les échantillons d´eau et les profils de
température obtenus sont également utiles pour
la surveillance des changements climatiques à court
terme. La CGC a recueilli des carottes de sédiments et
des échantillons pris au hasard afin d´étudier
l´évolution de la région dans la période
postglaciaire. Cette information est nécessaire pour
comprendre la variabilité à long terme du
climat terrestre. En raison de la vulnérabilité
des habitats de l´Arctique, un spécialiste des
mammifères marins participait à la mission pour
observer les conditions de glace et de météo
ainsi que la distribution de la faune, et pour établir
une évaluation critique des incidences
environnementales des activités scientifiques.
Relevé aéromagnétique portant sur une
partie du nord du détroit de Nares et sur les
côtes de l´île d´Ellesmere.
Des données aéromagnétiques ont
été obtenues en remorquant un capteur depuis un
hélicoptère. Cette forme de relevé
permet d´établir une corrélation directe entre
les anomalies magnétiques à terre et au large.
En tout, 9 000 km de données
aéromagnétiques ont été
recueillies. Dans le nord du détroit de Nares, la
carte d´anomalie magnétique dénote des
caractéristiques linéaires dominantes tendant
à s´orienter vers le nord-est. D´après les
études géologiques à terre, ces
anomalies coïncident avec des roches
sédimentaires possédant des concentrations
exceptionnellement élevées de particules
magnétiques. Sans les cartes établies à
terre, ces anomalies auraient pu être
interprétées comme étant dues à
des roches ignées. L´existence de bassins
sédimentaires extracôtiers est aussi
intéressante parce que la géologie
régionale révèle qu´ils agissent
à la fois comme roche-mère et comme
roche-réservoir d´hydrocarbures. L´étude des
traces de fission, qui devra être effectuée
à partir de 2002 dans le cadre du programme, indiquera
si la maturité thermique des bassins est propice
à la présence de pétrole et de gaz.
La principale composante géophysique de la mission a
consisté dans l´acquisition de trois types de
données sismiques : 1) données de
réflexion à haute résolution pour
l´imagerie à 100 m sous le fond marin, 2)
données de réflexion multidirectionnelles pour
la pénétration à 5 km et 3)
données de réfraction afin de cartographier des
structures à grande échelle de 0 à 40 km
de profondeur. Le diffuseur de bulles d´air, qui sert dans
les conditions de glace difficiles, s´est
révélé utile au remorquage du
matériel sismique dans des eaux où la glace
foisonne. Les bulles poussaient la glace au-delà de la
poupe, laissant une voie libre derrière le navire.
La partie supérieure représente une photo d´un chevauchement sur la côte de l´île d´Ellesmere, près de 800 N. Elle illustre aussi les conditions de glace rencontrées dans le détroit de Nares. La partie de mer libre a été élargie par le navire avant le passage du matériel sismique. La partie inférieure est une partie du profil de réflexion sismique établi perpendiculairement à la photo.
Les falaises du cap Lawrence (illustrées
ci-après), sur l´île d´Ellesmere, sont
formées par chevauchement. Les étroites bandes
de roches rouges ont environ 600 millions d´années.
Par contre, l´escarpement de droite, devant lequel l´eau est
libre de glace, a 60 millions d´années. Le profil
sismique dénote des strates qui sont
légèrement courbées vers la surface. La
coupe sismique interprétée révèle
un bassin formé dans l´espace devant le front de
chevauchement le long de la côte. Cela équivaut
aux structures qu´on rencontrerait sur la route de Calgary
à Banff. On franchirait les rochers moins
déformés des contreforts avant d´atteindre la
face abrupte du chevauchement de McConnell. Le
raccourcissement crustal observé ici correspond
à la deuxième phase du mouvement de
déformation associé à la reconstruction
des plaques.
Le détroit de Nares est un laboratoire naturel unique
pour l´étude de la translation et de la compression
continentales, dont l´ampleur et le moment sont
freinés par la reconstruction des plaques. Les
analyses préliminaires des données confortent
l´hypothèse selon laquelle le coulissage a
été suivi d´une compression.
Côtes postglaciaires au Canada atlantique : une
nouvelle perspective
- John Shaw et Robert Courtney
Les niveaux relatifs de la mer au Canada atlantique ont
beaucoup varié depuis la fin de la dernière
période glaciaire, essentiellement pour les raisons
suivantes : 1) isostasie glaciaire (mouvements de la
croûte terrestre découlant du retrait de la
glace des glaciers et 2) eustasie (ajout d´eau de fonte aux
océans). L´effet isostatique glaciaire a varié
selon les régions, si bien que dans le nord de
Terre-Neuve le niveau de la mer n´a cessé de diminuer
depuis le retrait des glaciers, tandis qu´à Halifax,
en Nouvelle-Écosse, le niveau de la mer monte depuis
plus de 11 000 ans.
Quoiqu´on ait par le passé consigné les niveaux
de la mer dans divers endroits de l´est du Canada, on a
rarement mis en évidence les variations
régionales de ces niveaux selon les points de la
côte. Les progrès des Systèmes
d´information géographique (SIG) nous permettent de
visualiser comme jamais auparavant les changements que subit
la côte. Un modèle altimétrique
numérique (MAN) du Canada atlantique à
quadrillage de 1 km a été élaboré
à partir de données de relief et de
bathymétrie provenant de diverses sources. Les valeurs
relatives du niveau de la mer ont été
établies d´après les courbes de niveau de la
mer datées au carbone 14 et elles ont
été profilées pour aboutir à des
cartes d´isobases. Celles-ci ont servi à produire des
surfaces quadrillées qui ont été
soustraites du MAN moderne pour en arriver à des MAN
par tranches de 1 000 ans pour 13 000 années de
datation au carbone 14 commençant avant le
présent (BP).
Carte d´isobases illustrant les niveaux relatifs de la mer
(en mètres par rapport au niveau actuel) 9 000
années de datation au carbone 14 avant le
présent. Les points correspondent aux endroits
où le niveau relatif de la mer est connu.
Géographie du Canada atlantique 9 000 années de
datation au carbone 14 avant le présent. La côte
actuelle est représentée sous forme de trait
blanc.
Sur la carte des isobases, le niveau relatif de la mer pour 9
000 BP était le même qu´à l´heure
actuelle le long de la ligne zéro. Il était
plus élevé au nord et plus bas au sud. Comme le
montre la carte paléogéographique pour 9 000
BP, il y avait de grandes îles à
l´extérieur des plateaux continentaux. Ces îles
avaient été beaucoup plus grandes à 13
000 BP et s´étaient progressivement submergées
depuis.
Comparativement à ce qui se produit aujourd´hui, c´est
dans le sud du golfe du Saint-Laurent qu´est survenu le plus
grand changement géographique il y a 9 000 ans. Une
vaste zone émergente entourait les
Îles-de-la-Madeleine, et
l´Île-du-Prince-Édouard était
reliée à la terre ferme. Le détroit de
Northumberland était alors une terre sèche,
comme l´a confirmé un relevé multifaisceaux qui
montre une terre submergée sous le pont de la
Confédération, riche en vallées
fluviales et bassins lacustres. Au nord, où le niveau
relatif de la mer était plus haut qu´aujourd´hui, de
nombreuses côtes étaient encore
submergées il y a 9 000 ans. Ainsi, la pointe nord de
la péninsule Great Northern de Terre-Neuve
était en partie submergée et une grande
île existait du côté nord de l´actuelle
baie Hare.
La reconstitution des anciennes côtes a des
ramifications importantes et peut-être
étonnantes. Par exemple, elle indique aux
archéologues où rechercher des vestiges de
cultures antérieures qui étaient
adaptées à la vie côtière. Dans le
nord de Terre-Neuve, les vestiges se trouvent loin à
l´intérieur sur les plages surélevées,
tandis que dans le détroit de Northumberland, ils sont
submergés. La reconstitution démontre aussi que
les régimes de marées ont dû être
très différents par le passé. Reste
à explorer le passage de modèles de
marées fondés sur les MAN anciens. Cela nous
permettrait de reconstituer les anciens régimes de
marées dans la région.
Le Service hydrographique du Canada sur la scène
internationale
- Gerard Costello et Tom Rowsell

L´hydrographie est véritablement une discipline
internationale. Elle est un élément clé
du commerce, des sciences océaniques, de l´exploration
des ressources, de la gestion des zones côtières
et d´une multitude d´autres secteurs liés au milieu
marin. Pour optimiser les avantages associés aux
données hydrographiques, il est essentiel que les
bureaux d´hydrographie se conforment à des normes
internationales et que leurs progrès soient
partagés à l´échelle mondiale. Afin de
promouvoir cette perspective internationale, le SHC reste un
membre actif de l´Organisation hydrographique internationale
(OHI).
Un bon nombre des progrès accomplis en hydrographie au
Canada l´ont été en partenariat avec
l´industrie privée. En optimisant les ressources de
développement à l´échelle nationale,
l´industrie canadienne peut progresser et fournir des
services et des produits à la communauté
internationale. Les progrès réalisés
à l´instigation de Canadiens dans les domaines de la
technologie multifaisceaux, de la carte électronique
et de la gestion des données attestent tous des
avantages du partenariat. Les interrelations entre le SHC et
les bureaux d´hydrographie du monde entier sont l´occasion de
promouvoir les solutions canadiennes.
Le SHC-Atlantique a pris part à deux grands
échanges internationaux en 2001. En janvier, le chef
de projet d´hydrographie, Tom Rowsell, s´est rendu à
Wellington, en Nouvelle-Zélande, pour assumer le
rôle d´hydrographe responsable d´un levé de six
semaines axé sur l´ouest de la mer de Ross et sur les
îles Balleny, en Antarctique. Cet échange avait
notamment pour but de mettre à la disposition de
l´entreprise canadienne dont les services avaient
été retenus pour exécuter le projet un
hydrographe responsable ayant suivi un programme
d´hydrographie accrédité par l´Organisation
hydrographique internationale et qui possédait de
l´expertise dans la collecte et le traitement de
données multifaisceaux. Il s´agissait aussi de
transférer l´expertise au secteur privé et, en
fin de compte, de rendre l´industrie canadienne plus
concurrentielle à l´échelle internationale.
Grâce à cette échange, la
Nouvelle-Zélande a acquis des données pour la
production de cartes et des données multifaisceaux
d´appui à ses travaux découlant de la
Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS),
tandis que le SHC a acquis de l´expérience dans
l´utilisation d´un système multifaisceaux en eau
profonde. Pour créer les produits requis par le
principal client, Land Information New Zealand (LINZ), Tom
Rowsell a participé pendant un mois au traitement de
données, après les travaux sur le terrain. Ce
levé a été couronné de
succès et a permis de mieux implanter l´industrie
canadienne sur la scène internationale.
Le navire scientique Tangoora de Nouvelle-Zélande dans
la mer de Ross, en Antarctique.
Par ailleurs, en 1999, le gouvernement irlandais a
annoncé l´octroi d´un financement de 20 million de
livres sur sept ans pour la cartographie du fond marin du
plateau continental entourant l´Irlande. L´organisme
responsable, le Geological Survey of Ireland (GSI), a alors
sollicité des propositions de consultants
scientifiques pour l´aider à planifier, concevoir et
exécuter le projet de cartographie du fond marin
irlandais. Le Marine Institute of Ireland participe aussi au
projet. Le contrat a été obtenu par le Canada
Centre for Marine Communications, situé à St.
John´s (Terre-Neuve), qui avait créé à
cette fin un partenariat avec le SHC, l´Université du
Nouveau-Brunswick et Ressources naturelles Canada, en vertu
d´une entente de projet conjoint.
L´équipe de relevé à bord du Celtic
Voyager lors d´un relevé hydrographique dans la baie
Galway, en août 2001 (Gerard Costello se trouve
à gauche).
L´équipe canadienne a participé à la
rédaction du cahier des charges, à
l´évaluation des propositions et à la formation
des responsables du contrat du GSI en matière
d´assurance de la qualité. Les paramètres de
collecte des données englobaient des données de
gravité, des données sur les
caractéristiques de la couche sous-jacente du fond et
des données multifaisceaux, magnétiques,
sismiques et auxiliaires. Gerard Costello et John Cunningham,
hydrographes du SHC, ont participé à ce travail
à plusieurs occasions. L´échange avait surtout
pour but de réaliser un levé du fond marin, de
créer des produits de base et de développer la
capacité hydrographique de l´Irlande. Gerard Costello
a passé les mois de septembre et d´octobre 2001 en
Irlande pour donner des conseils et organiser un
séminaire où des experts canadiens ont
échangé de l´information technique sur les
sondages multifaisceaux, sur la cartographie
géologique et sur l´interprétation de
l´habitat. Deux entreprises privées canadiennes ont
récemment obtenu des contrats dans le cadre de ce
projet.
Les projets décrits ici illustrent le rôle de
soutien à l´industrie canadienne et aux bureaux
d´hydrographie que joue le SHC sur la scène
internationale. Ce genre d´initiatives constantes au sein de
la communauté hydrographique internationale aura des
avantages à long terme pour le SHC, pour l´industrie
canadienne et, finalement, pour les utilisateurs des produits
et des services hydrographiques.
La voie maritime vers l´accréditation ISO 9001-2000
- Nicholas J. Palmer
Le Service hydrographique du Canada (SHC) est parvenu
à mettre en place un Système de gestion de la
qualité (SGQ), comportant une politique et un manuel
sur la qualité qui établissent des
procédures identiques à l´échelle
nationale, mais revêtant un caractère
régional quant aux façons de faire propres aux
régions. Le Système de gestion de la
qualité est à la base de l´amélioration
des processus au sein du SHC, y compris de l´adoption de
pratiques exemplaires. Dans le cadre de ce système, le
SHC a obtenu l´accréditation de conformité
à l´Organisation internationale de normalisation (OIN)
[norme ISO 9001-2000].
L´OIN coordonne l´élaboration et l´adoption de
diverses normes internationales. En décembre 2000, une
norme révisée applicable aux organisations de
services a été adoptée. Auparavant, les
normes ISO 9000 étaient surtout axées sur les
industries de la création et de la fabrication. L´ISO
se fonde sur la prémisse fondamentale suivante : "
dites ce que vous faites, faites ce que vous dites et soyez
capable de prouver que vous avez fait ce que vous avez dit
que vous alliez faire ". Cela signifie que les
procédures sont documentées et suivies, et
qu´on garde des traces écrites du processus.
L´accréditation ISO ne garantit pas la qualité
d´un produit ou d´un service. Elle garantit toutefois qu´il y
a en place un système de gestion de la qualité
fondé sur une des normes ISO. L´obtention de
l´accréditation ISO est une exigence pour de
nombreuses entreprises oeuvrant sur le marché de la
concurrence internationale. En décembre 2000, 158 pays
comptaient des entreprises possédant
l´accréditation ISO. Au Canada, 11 435 entreprises,
mais peu d´organismes gouvernementaux, ont obtenu des
certificats d´accréditation ISO.
La nouvelle norme ISO 9001-2000 combine plusieurs des normes
de la série ISO 9000-1994 et porte sur
l´accréditation et la conformité ainsi que sur
la mise en application du Système de gestion de la
qualité (SGQ). On surveille et on consigne par
écrit l´amélioration continue dans tous les
aspects du travail, y compris l´administration, les finances,
la formation et la production. L´accent est mis sur
l´engagement de la direction à l´égard du
Système de gestion de la qualité. Le SGQ
habilite tous les employés à proposer des
changements au système. Il établit les
procédures que doivent suivre les responsables du
processus pour évaluer les propositions de changement
et impute à la direction la responsabilité de
donner suite aux changements proposés. Il
prévoit un processus structuré d´examen des
changements, de traitement des plaintes et de
rétroaction ainsi que d´exécution d´audits
internes et externes du système, et devient de ce fait
une responsabilité importante de la direction.
Quelles sont les raisons ayant poussé le SHC, un
organisme gouvernemental, à rechercher
l´accréditation ISO? Le SHC fournit en même
temps un service public et des produits comme les cartes
marines et les publications nautiques. Le processus de
production y est divisé d´une manière
comparable à celui d´une usine. La matière
première est transformée en produits, qui sont
vérifiés, mis en circulation et
distribués. À la différence d´une usine,
toutefois, le SHC est motivé par le bien du public et
le service aux clients, plutôt que par le profit. Le
SHC a toujours été axé sur la
qualité. Nous avions déjà mis en place
des processus pour assurer la qualité des produits,
mais manquions de mesures quantitatives du rendement pour
déterminer l´efficacité de ces produits ou
mesurer la satisfaction du client. Il n´existait pas de
procédures documentées de tous les processus;
or, la moitié du personnel est appelée à
prendre sa retraite dans dix ans et à emporter ainsi
avec elle sa mémoire collective.
L´accréditation ISO procure divers avantages :
procédures documentées pour les nouveaux
employés, adoption de normes de pratiques exemplaires
et d´examen des processus, et établissement d´une
culture dans laquelle la qualité est l´affaire de tous
et est intégrée à chaque étape du
processus plutôt que seulement à la fin.
Pour le SHC, la démarche ISO a commencé en 1998
par un projet pilote de la Région Laurentienne, ayant
abouti à l´accréditation ISO 9002 des processus
associés à la production de la nouvelle carte
électronique. On a estimé que cette
accréditation permettait d´offrir une qualité
de produits plus constante, de cerner et de régler les
causes fondamentales des cas de non-conformité et
d´établir une structure de mesure et
d´amélioration du rendement.
En juin 1999, le Comité de gestion du SHC s´est
fixé pour objectif d´obtenir l´accréditation
ISO pour la totalité du SHC d´ici deux ans. Une
équipe nationale de coordination ISO, dotée
d´un président à temps plein, a
été mise sur pied. Sa formation et celle de la
haute direction du SHC ont été entreprises et
une société de conseils a été
retenue. Cette société a fourni un expert
chargé de guider chaque bureau du SHC. Après
avoir constitué, formé et affecté des
équipes de rédaction, on s´est attaché
à travailler sur les documents et à les mettre
au point au fur et à mesure qu´ils étaient
utilisés par un nombre croissant de gens. Cette
étape a été suivie de
l´établissement et de la formation d´équipes
d´audit interne, qui ont vérifié que les
processus en usage étaient conformes à ceux du
système de gestion de la qualité et qui ont mis
en évidence divers cas de non-conformité et de
possibilités d´amélioration. Après avoir
été utilisé pendant huit mois et avoir
fait l´objet de diverses améliorations, le
système a été soumis à des audits
externes.
Les audits externes concernant le manuel sur la
qualité visaient à s´assurer que les documents
étaient conformes à la norme ISO 9001-2000. La
société de conseils a vérifié
l´utilisation du système et, une fois ses
recommandations mises en œuvre, un audit
d´accréditation a été effectué
dans chaque région du SHC par l´organisme
d´accréditation. C´est la firme Deloitte & Touche
qui avait été retenue à cette fin; c´est
donc elle qui a procédé aux audits
d´accréditation initiaux et qui effectuera des audits
de surveillance tous les six mois pendant trois ans. Le
rôle de l´organisme d´accréditation est de
s´assurer que le SGQ du SHC est conforme à la norme et
que le système est utilisé; l´organisme doit
aussi travailler avec le SHC à l´amélioration
du SGQ en décelant les cas de non-conformité et
les possibilités d´amélioration.
En deux ans, tous les employés du SHC ont appris
à connaître en détail la norme ISO
9001-2000 ainsi que la terminologie et les procédures
connexes. Cela a été l´occasion d´en apprendre
beaucoup sur nous-mêmes; de plus, l´utilisation de
notre système de gestion de la qualité a rendu
nos employés fiers de nos façons de faire, tout
en sensibilisant la haute direction du SHC à la
responsabilité qui en découle. Des
équipes de mesure du rendement, des équipes
d´audits internes et des groupes de travail sur la
communication interne ont été mis sur pied en
même temps qu´on établissait une politique sur
la qualité reflétant la mission, la vision et
les valeurs du SHC. Nous comprenons comment nos processus
concourent au SGQ et à la politique sur la
qualité. Nous comprenons aussi les liens entre le SGQ
et des objectifs ministériels comme la
réceptivité aux besoins des clients, le
maintien d´un milieu de travail stimulant et gratifiant, la
culture d´un esprit de partenariat et de travail
d´équipe, la fabrication de produits de qualité
et l´utilisation de pratiques professionnelles novatrices,
garantes d´efficacité et d´efficience.
Le SGQ est notre système. C´est nous qui le
gérons et nous qui pouvons le changer. La mise en
place de processus documentés et
maîtrisés ainsi que de mécanismes de
changement constitue le point de départ d´un SGQ en
constante amélioration.
Histoires extraordinaires en provenance du plateau
néo-écossais
- Erica Head et Leslie Harris

Depuis 1998, la Division des sciences océanologiques
recueille chaque printemps et chaque automne des
données hydrographiques et chimiques ainsi que des
échantillons biologiques dans certains endroits du
plateau néo-écossais. Ces activités
s´inscrivent dans le Programme de monitorage de la zone
Atlantique (PMZA). Il s´agit d´un programme mis sur pied dans
le but d´observer les changements d´origine climatique
opérés dans les conditions environnementales et
biologiques des plus bas maillons de la chaîne
trophique qui peuvent influer sur les plus hauts
chaînons trophiques, comme les ressources halieutiques
commerciales. Dans le cadre de ce programme, on
prélève du zooplancton, principal vecteur du
transfert de l´énergie des producteurs primaires
(phytoplancton) aux chaînons trophiques
supérieurs, au moyen de filets à plancton
à maillage de 0,2 mm. Nous relatons ici plusieurs
observations inhabituelles récentes concernant le
zooplancton.
Apparition d´une prolifération d´une espèce
exotique de phytoplancton
Au cours des dernières décennies, l´apparition
et la propagation géographique d´espèces
exotiques, c´est-à-dire qui ne sont pas
indigènes, ont considérablement
augmenté. On croit que cela est dû surtout
à l´échange des eaux de ballast
transportées par un nombre croissant de navires de
charge. L´introduction dans les Grands Lacs de la moule
zébrée en est un exemple notoire. La
présence d´espèces de phytoplancton non
indigènes passe souvent inaperçue
jusqu´à ce que ces espèces deviennent une "
nuisance ". Nous rendons compte ici de l´apparition sur le
plateau néo-écossais d´une prolifération
d´une espèce de diatomée non indigène,
décrite ailleurs comme nuisance, mais qui n´a pas eu
ici d´effets connus.
Au printemps 2000, les traits de plancton de la plupart des
sites d´échantillonnage du centre et de l´ouest du
plateau néo-écossais contenaient de grandes
quantités de phytoplancton. Cela n´est pas inhabituel
en soi, car de nombreuses espèces de phytoplancton, en
particulier les diatomées, forment de longues
chaînes de cellules propices à la capture par un
filet de 0,2 mm de maillage. Toutefois, en examinant nos
échantillons au microscope, nous avons
découvert une espèce de phytoplancton d´un type
inhabituel (figure 1). Elle apparaissait comme de grosses
cellules individuelles de diatomée, de la forme de
boîtes de Petri, ayant un diamètre et une
hauteur d´environ 0,25 mm.
Cette diatomée a été identifiée
comme étant Coscinodiscus wailseii (J. Martin,
MPO, St. Andrews). L´espèce a été
initialement signalée à deux endroits, soit sur
la côte Pacifique de l´Amérique du Nord et dans
les eaux côtières du Japon. Depuis la fin des
années 1970, toutefois, C. wailseii a pris
statut d´immigrante dans les eaux entourant le Royaume-Uni et
en mer du Nord. Étant donné que les cellules de
cette diatomée sont peut-être trop grosses pour
être mangées par un bon nombre d´espèces
de zooplancton, comme les copépodes de la figure 1,
ses proliférations risquent de perturber la
chaîne trophique à son plus bas niveau. Il a
été signalé aussi que C. wailseii
peut engorger les filets de pêche en produisant de
grandes quantités de mucilage et qu´elle est nuisible
à Nori, une algue récoltée au Japon.
Jusqu´ici, cependant, aucun de ces effets néfastes n´a
été signalé sur nos côtes.
Fig. 1. Échantillon prélevé au filet
à plancton sur le banc Browns en avril 2000. Les
diatomées paraissent ratatinées à cause
de la préservation chimique. La préservation
détruit aussi les couleurs du phytoplancton et du
zooplancton (copépodes) - photo de Dan Jackson.
L´histoire de la présence de C. wailseii sur le
plateau néo-écossais est en partie
documentée par les données des enregistreurs
continus de plancton (CPR). Un CPR est un instrument
remorqué depuis un navire commercial, qui
prélève et préserve des
échantillons de plancton. L´espèce C.
wailseii n´était pas présente sur le
plateau néo-écossais dans les années
1970, mais elle s´y trouvait dès le début des
années 1990. Il est intéressant de noter que
les navires commerciaux qui exécutent des programmes
de surveillance à long terme des invasions
d´espèces exotiques du genre de celle-ci peuvent aussi
contribuer à leur présence.
Étranges phénomènes d´accouplement sur
le plateau néo-écossais
Une espèce de copépode, Calanus
finmarchicus, domine le zooplancton au printemps et au
début de l´été. Ses spécimens
passent l´hiver comme préadultes dans les eaux
profondes entourant le plateau ou dans les bassin du plateau,
mais à l´arrivée du printemps, ils remontent
à la surface pour muer et se transformer en
mâles et femelles sexuellement matures. Le professeur
Charles Miller (Oregon State Univ.) a décrit le
processus d´accouplement de ces copépodes. Les
femelles qui viennent de muer exécutent en nageant une
succession de sauts et de plongeons, tout en libérant
une traînée de phéromones qui attire les
mâles. Les mâles nagent en décrivant de
vastes boucles horizontales, jusqu´à ce qu´ils
approchent d´une femelle; les boucles deviennent alors plus
petites et tridimensionnelles. Toutes les rencontres
n´aboutissent pas à un accouplement, mais lorsque
c´est le cas, le mâle étreint la femelle et
transfère un sac de sperme, appelé
spermatophore, vers la partie génitale de la queue de
la femelle. C´est ainsi que les choses se passent
normalement, mais des échantillons
prélevés en avril 2000 dans le nord-est du
plateau (au large de Louisbourg), présentaient des
indices de déviance sexuelle apparente.
Fig. 2. Calanus finmarchicus femelle ayant un spermatophore
attaché à sa partie génitale (en bas) et
Calanus hyperboreus juvénile ayant un spermatophore
attaché à sa queue (en haut). Le corps de
chacun de ces copépodes a une longueur d´environ 2 mm
- photo de Dan Jackson.
D´abord, nous avons vu des juvéniles d´une autre
espèce apparentée de copépode
(Calanus hyperboreus) ayant des spermatophores sur
leur queue (figure 2). Ces juvéniles étaient
à peu près de la taille d´une femelle de
l´espèce C. finmarchicus. Dans
l´échantillon, les C. finmarchicus mâles
étaient les seuls mâles d´une taille suffisante
pour produire de tels spermatophores. On semble être en
présence ici d´un cas de méprise sur
l´identité du partenaire. Un C. finmarchicus
mâle, peut-être à la poursuite d´une
femelle dégageant des phéromones, a
trouvé sur son chemin un copépode de la bonne
taille, l´a pris à tort pour une femelle de sa propre
espèce et lui a transmis son sac de sperme. Nous
n´avons jamais eu vent de pareille observation auparavant.
Dans un échantillon, environ 18 % des spécimens
de C. hyperboreus à ce stade juvénile
présentaient des spermatophores lors du premier
examen. Cette proportion avait considérablement
diminué quand l´échantillon fut
réexaminé, quelque temps après. Il n´est
peut-être pas étonnant que le lien qui retient
le spermatophore soit faible, mais cela ouvre la
possibilité que l´étrange
phénomène observé ne soit pas si
exceptionnel. Il se peut que nous ayons eu entre les mains un
échantillon qui avait été traité
avec particulièrement de douceur pendant sa capture et
sa manipulation. Voilà un facteur à prendre en
compte lorsque nous prélèverons des
échantillons à l´avenir.
Fig. 3. C. finmarchicus femelle ayant dix spermatophores
(sept vides et trois pleins) fixés à sa partie
génitale- photo de Dan Jackson.
Nous avons aussi observé un autre
phénomène d´accouplement inhabituel, soit celui
d´une femelle de l´espèce C. finmarchicus
à laquelle étaient fixés de multiples
spermatophores (figure 3). Quoique cela soit exceptionnel, on
voit parfois de telles femelles sur le plateau
néo-écossais durant la période de
reproduction. Les femelles n´ont besoin de s´accoupler qu´une
fois et celles qu´on observe en général ne
portent pour la plupart qu´un spermatophore. Dans ce cas-ci,
toutefois, la femelle s´était non seulement
accouplée plusieurs fois, mais son corps avait
apparemment absorbé le sperme de plusieurs
mâles, puisque plusieurs des sacs de sperme
étaient vides. On ne connaît pas les causes de
cet accouplement multiple et on peut simplement conjecturer
que cette femelle a peut-être laissé
derrière elle une traînée
particulièrement forte de phéromones, qui a
attiré de multiples mâles.
Prolifération d´une méduse inhabituelle sur le
banc de l´île de Sable
Habituellement, les traits de plancton effectués avec
un filet de 0,2 mm de maillage contiennent surtout du
zooplancton; or, les communautés de zooplancton du
plateau néo-écossais sont
généralement dominées par les
copépodes. Il arrive que dans certains endroits un
copépode prédateur ait proliféré
à un degré tel qu´il soit sur le point
d´exterminer ses proies. C´est ce que nous avons
constaté sur le banc de l´île de Sable en mai
2001. À cet endroit, on a trouvé en très
grand nombre (>10 000 m-2 ou >150 m-3) de petites
hydroméduses d´environ 2 mm de longueur, de la famille
des Tubularidés (figure 4). Ces méduses ont des
tentacules en un point seulement, et non sur tout le pourtour
de l´ombrelle. Environ 17 % d´entre elles avaient des
copépodes dans leur estomac, à divers stades de
digestion. Nous avons noté que les méduses dont
l´estomac contenait les copépodes les moins
digérés avaient souvent leur ombrelle
inversée. L´inversion représente
peut-être chez ces méduses le moyen
d´ingérer de grosses proies. Les copépodes
qu´elles ingéraient étaient souvent aussi gros
qu´elles. On présume qu´au fur et à mesure que
le copépode devient de plus en plus
digéré, la méduse rétracte son
manubrium (bouche et estomac) sous son ombrelle.
À l´endroit indiqué ci-dessus, aucune des
espèces de copépode courantes n´était
assez grosse pour que ces méduses ne puissent les
envelopper. La concentration de Calanus finmarchicus,
une des proies souvent présentes dans les estomacs des
méduses, était d´environ 2 000 m-2 (environ 30
m-3), soit cinq fois plus basse que celle des méduses.
À une distance de 10-15 milles de là, les
concentrations de C. finmarchicus étaient de 2
à 7 fois plus élevées et aucune de ces
hydroméduses n´était présente. Cela est
heureux, non seulement pour la survie de C.
finmarchicus dans la région, mais aussi pour la
survie des prédateurs des copépodes. Il faut
savoir que parmi ces prédateurs figurent les larves de
poisson et les poissons juvéniles souvent
concentrés sur le banc de l´île de Sable,
importante frayère de nombreuses espèces, dont
l´aiglefin, la morue et le lançon.
Fig. 4. Méduse de la famille des Tubularidés
provenant du banc de l´île de Sable. Les flèches
désignent les méduses dont l´ombrelle est
inversée et dont les estomacs contiennent des
copépodes à peine digérés - photo
de Dan Jackson.
De l´eau du Pacifique dans l´Atlantique Nord
- E. P. Jones
Sur notre planète, la vie repose sur le cycle de
l´eau, qui détermine aussi notre climat. L´eau
s´évapore de l´océan à
l´atmosphère, est transportée sur de vastes
régions, tombe sous forme de pluie et de neige et
retourne à la mer, soit directement, soit par
l´intermédiaire des rivières. Les océans
ont toutefois plus qu´un simple rôle passif de
transmission de vapeur d´eau à l´atmosphère. La
dynamique des océans est régie par la
densité de l´eau de mer, qui elle-même
dépend de la teneur en sel et de la température
de cette eau. La densité détermine comment,
quand et où l´eau douce pénètre dans les
océans sous forme de précipitations ou de
ruissellement, ou s´en échappe par évaporation.
Dans les régions arctiques, l´eau douce joue un grand
rôle dans la création d´une eau dense qui
s´enfonce dans l´océan profond sous l´action de la
circulation thermohaline planétaire (figure 1).
Lorsque la glace se forme, de l´eau douce est extraite de
l´eau de mer et le sel résiduel s´égoutte de la
glace sous forme de saumure qui contribue à la
création d´une eau dense. Celle-ci forme
d´épaisses couches mixtes dans la partie superficielle
de l´océan ou sur les plateaux peu profonds,
occasionnant la création de jets denses, qui
s´écoulent le long des talus continentaux pour
atteindre les eaux plus profondes. Dans certaines
régions, cette eau est suffisamment dense pour
pénétrer dans les profondeurs les plus basses
de l´océan, mais la présence de trop d´eau
douce dans les couches de surface peut nuire à ce
processus. La mer du Groenland est actuellement la source
d´une bonne partie des eaux profondes de
l´hémisphère nord qui alimentent la circulation
thermohaline. Tant l´eau douce des rivières qui
pénètre dans l´océan Arctique que la
glace qui s´y forme sont exportées vers la mer du
Groenland et peuvent influer sur ses processus de convection
en eau profonde. Les bilans d´eau douce des régions
polaires sont d´une pertinence directe pour la
compréhension et la prédiction des changements
dans la circulation thermohaline et donc du climat de la
planète.
L´Atlantique Nord est le plus salé des océans
du monde, le Pacifique Nord étant le moins
salé. L´Arctique offre une voie permettant le
cheminement de l´eau douce du Pacifique à l´Atlantique
Nord, sous forme d´eau de surface de faible salinité.
Cette source d´eau douce est comparable par son volume aux
eaux de ruissellement provenant des rivières.
Figure 1. Circulation thermohaline planétaire dans les
océans Arctique et Atlantique (remerciements à
Greg Holloway). Les eaux chaudes gagnent les régions
polaires en transportant leur chaleur; elles finissent par se
refroidir et devenir suffisamment denses pour s´enfoncer vers
les eaux profondes et couler vers le sud. La remontée
des eaux dans les régions équatoriales
complète le processus.
L´eau du Pacifique pénètre dans l´océan
Arctique par le passage peu profond (50 m ) du détroit
de Béring. L´eau de l´Atlantique coule le long de la
côte nord de la Norvège et entre dans
l´océan Arctique par le détroit de Fram, qui
est beaucoup plus profond. L´eau du Pacifique et celle de
l´Atlantique se mélangent partiellement au sein de
l´océan Arctique, mais comme l´eau du Pacifique est
moins dense (moins salée) que celle de l´Atlantique,
elle reste confinée aux couches de surface de
l´Arctique dans les bassins adjacents à
l´Amérique du Nord. En plus d´avoir des
salinités différentes, les eaux de ces deux
origines ont d´autres propriétés qui les
distinguent les unes des autres. En particulier, elles
présentent des rapports différents entre leurs
concentrations de nitrate et de phosphate dissous, qui nous
ont permis de déterminer le cheminement de l´eau du
Pacifique à l´Atlantique Nord, par l´océan
Arctique (figure 2).
Figure 2. Rapport nitrate-phosphate illustrant la distinction
entre l´eau provenant de l´Atlantique et celle qui provient
du Pacifique. L´eau du Pacifique contient moins de nitrate
par rapport au phosphate que l´eau de l´Atlantique.
Deux phénomènes influent sur les concentrations
de nutriments dans l´océan. La photosynthèse
réduit les concentrations de carbone, de nitrate et de
phosphate de l´océan, mais en accroît les
concentrations d´oxygène. La décomposition
inverse ce phénomène, augmentant les
concentrations de carbone (dioxyde de carbone), de nitrate et
de phosphate et diminuant les concentrations
d´oxygène. Comme la photosynthèse utilise ces
éléments en proportions fixes, les rapports
nitrate-phosphate sont maintenus dans une masse d´eau qui ne
s´est mélangée avec aucune autre. En observant
les concentrations de nitrate et de phosphate, on a pu
définir des limites et des régions de
mélange entre les eaux des deux origines dans les
couches proches de la surface de l´océan Arctique.
Cela nous a permis d´établir par déduction la
circulation des eaux proches de la surface (figure 3).
Figure 3. Lignes de contour du pourcentage d´eau originaire
du Pacifique dans la couche de surface (30 m
supérieurs) de l´océan Arctique. Les
flèches dénotent le régime
d´écoulement dans la couche de surface déduit
de la distribution relative des eaux qui proviennent du
Pacifique et de celles qui proviennent de l´Atlantique.
Une fois qu´elle a pénétré dans
l´Arctique, l´eau du Pacifique ne se confine pas à cet
océan. Si on se sert des concentrations de nutriments
comme traceurs, on trouve de l´eau du Pacifique bien au sud
dans le secteur Atlantique. Les eaux proches de la surface
(en général les 200 m supérieurs)
quittent l´océan Arctique par l´archipel Arctique
canadien et le détroit de Fram, à l´ouest du
Groenland. Nos analyses révèlent qu´une grande
partie des eaux qui passent par l´archipel Arctique
proviennent du Pacifique. Dans le détroit de Barrows
et le détroit de Jones, presque toute l´eau est
originaire du Pacifique. On ne voit d´eau de l´Atlantique
qu´à sa sortie par le détroit de Smith, entre
l´île Ellesmere et le Groenland, à des
profondeurs de plus de 100 mètres (figure 4).
Figure 4. Carte des sections océanographiques
où on trouve de l´eau du Pacifique.
Constatation inattendue, mais a posteriori peu
étonnante : l´eau de mer elle-même
(c´est-à-dire exempte des apports des rivières
et de l´eau de fonte des glaces marines) de la baie d´Hudson
semble être venue de l´océan Pacifique. Comme
l´eau qui coule par le détroit de Barrows vient du
Pacifique, on peut aussi s´attendre à ce que l´eau qui
descend vers le sud depuis le détroit de Barrows, par
les détroits de Fury et de Hecla, dans la baie
d´Hudson, soit originaire du Pacifique.
L´eau du Pacifique qui passe par l´archipel Arctique canadien
rejoint les courants de Baffin et du Labrador et on peut la
distinguer jusqu´au Grands Bancs, au sud, voire jusqu´au
Bonnet Flamand, avant qu´elle ne soit trop
mélangée avec l´eau de l´Atlantique pour
être reconnaissable.
L´eau du Pacifique quitte aussi l´océan Arctique par
le détroit de Fram, en longeant la côte est du
Groenland. En gagnant le sud, elle se mélange à
l´eau de l´Atlantique, mais on peut encore la
reconnaître dans le détroit du Danemark, entre
le Groenland et l´Islande. Les données dont on dispose
ne dénotent pas la présence d´eau du Pacifique
près du sud du Groenland.
Les changements dans le flux d´eau douce de l´Arctique
peuvent avoir des conséquences importantes pour le
climat et la vie sur la planète. À tout le
moins, ils pourraient aboutir à un refroidissement des
régions nordiques si la circulation thermohaline dans
l´Atlantique Nord diminue. Hypothèse plus radicale, on
a posé pour postulat que les changements survenus par
le passé dans la circulation thermohaline (arrêt
de la circulation) peuvent avoir été à
l´origine des âges glaciaires. Il faut que nous
devenions aptes à prédire avec beaucoup plus de
certitude l´ampleur de tels effets et leur probabilité
d´apparition dans une échelle de temps donnée.
Il est nécessaire d´établir l´origine des eaux
et leur circulation pour représenter correctement les
courants océaniques dans les modèles qui
décrivent la circulation océanique et ses
interactions avec l´atmosphère, modèles qui
sont essentiels pour décrire le climat et
prédire le changement climatique.
Progrès récents dans la modélisation du
cycle du carbone organique au centre de la mer du Labrador et
perspectives pour la recherche climatologique
- Alain Vézina
Les océans absorbent environ un quart du dioxyde de
carbone (CO²) provenant des émissions
anthropiques. Cela atténue l´accroissement du CO²
atmosphérique et ses effets possibles sur le climat.
L´évolution de ce puits de carbone océanique
dans un climat perturbé est lourde de
conséquences pour les scénarios de changement
climatique. Par rapport à ses dimensions, la mer du
Labrador revêt une importance disproportionnelle dans
l´absorption océanique de CO². Au cours des
dernières décennies, le MPO a investi des
efforts considérables dans les observations des
phénomènes physiques, chimiques et biologiques
qui régissent le transfert de carbone de
l´atmosphère à la mer du Labrador. Plus
récemment, ces observations ont été
regroupées sous forme de modèles
perfectionnés de l´écosystème
océanique. La mer du Labrador joue un rôle
important dans le cycle du carbone des océans de la
planète parce qu´elle est une des quelques
régions où il existe un lien direct entre
l´atmosphère et l´océan profond par le biais de
la convection profonde hivernale. Il y a convection profonde
hivernale quand le refroidissement hivernal rend les eaux de
surface assez lourdes pour qu´elles s´enfoncent à des
profondeurs de deux kilomètres et davantage. Ce
phénomène est déterminant pour
l´absorption et la séquestration à long terme
du CO² anthropique.
On connaît moins le rôle des zones de convection
profonde, comme la mer du Labrador, dans la
séquestration du CO² par la pompe biologique. La
pompe biologique est le transfert du carbone de la surface
aux eaux profondes par des phénomènes
biologiques. Tout commence par la production de carbone
organique à partir du CO² dissous grâce
à la photosynthèse. Une fraction de ce carbone
organique s´échappe de la surface de l´océan,
retirerant ainsi du CO² du système
atmosphère-océan. Dans la plupart des
océans du monde, cette exportation de carbone
organique est due surtout à la précipitation
des détritus (flux de sédimentation) et,
à un moindre degré, à la migration
verticale de la biote marine (flux de migration verticale).
Par conséquent, dans la plupart des océans du
monde, le carbone organique se déplace dans la colonne
d´eau jusqu´aux grandes profondeurs. Toutefois, dans les
zones de convection comme la mer du Labrador, le carbone
organique dissous (COD) peut être transporté
avec l´eau dans les profondeurs, où il peut être
séquestré. Un projet a été
lancé en collaboration avec l´Université
Memorial de Terre-Neuve dans le but d´explorer la force de ce
flux de COD par rapport à d´autres flux d´exportation
et sa sensibilité au climat, au moyen de
modèles de l´écosystème et de
données physiques sur la mer du Labrador.
Le projet fait appel à un modèle
d´écosytème qui simule le flux d´azote parmi
les diverses composantes de l´écosystème et
suit les migrations verticales de l´azote organique. On
utilise l´azote parce qu´il limite présumément
l´activité biologique dans l´océan. Les flux de
carbone connexes sont calculés surtout d´après
des proportions fixes. Dans certains cas, nous introduisons
des règles simples, posant essentiellement que les
organismes préfèrent retenir l´azote dans leur
corps, parce qu´il se trouve en moindre abondance, et
expulser le carbone. Ce modèle a été
abondamment éprouvé dans le golfe du
Saint-Laurent. Appliqué à la mer du Labrador,
il semble indiquer que le flux de COD est aussi important que
le flux de sédimentation et considérablement
plus important que le flux de migration verticale (figure 1).
Il ressort aussi du modèle que le flux de COD parvient
très efficacement à amener le carbone organique
dans les profondeurs tout en maintenant l´azote dans les eaux
de surface. Cette dissociation des flux de carbone et d´azote
accroît le phénomène de pompe biologique
quand les nutriants sont limités.
Figure 1. Importance relative des flux d´exportation dans la
mer du Labrador d´après une simulation par
modèle physique-écosystémique.
L´exportation de carbone (C) correspond au flux total de
descente du carbone organique le long de l´isobathe de 200 m
(moles de C/an). L´exportation C:N est la proportion
carbone/azote de matières organiques exportées
(moles de C/moles de N); un ratio C:N supérieur
à 6,6, qui représente la proportion moyenne
carbone/azote dans les matières organiques,
dénote une exportation préférentielle du
carbone. Les moyennes des exportations de C et de C:N
établies sur un nombre donné de simulations
sont indiquées au-dessus de chaque barre et sont
ventilées en contributions respectives des
matières organiques dissoutes (MOD), de la
précipitation de particules et de la migration
verticale.
Nous avons aussi examiné les effets des variations
dans la force de la convection hivernale sur l´exportation de
carbone (figure 2). Pour les étudier, on a
forcé le modèle écosystémique
avec des données sur la structure physique et le
climat de la mer du Labrador à des époques
où la convection était faible (à la fin
des années 1960 et au début des années
1970) et à d´autres où elle était forte
(du début au milieu des années 1990). Il
ressort des résultats que le flux de
sédimentation est relativement insensible aux
variations dans le climat océanique. En revanche, le
flux de COD y est très sensible et il est le principal
facteur des variations des exportations totales liées
au climat. Voilà qui contredit le point de vue
dominant selon lequel le flux de sédimentation est le
principal moteur de la variabilité des exportations.
Ce qui est plus pertinent, c´est que cela nous donne une
indication des effets possibles du changement climatique sur
le cycle du carbone organique dans la mer du Labrador
advenant que le réchauffement du climat aboutisse
à une réduction de la convection hivernale. Des
exportations de carbone organique plus basses laisseraient
davantage de CO² dans les eaux de surface et
diminueraient l´absorption océanique de CO².
Figure 2. Changement relatif dans les flux d´exportation
simulés par le modèle
physique-écosystémique à des profondeurs
maximales de convection hivernale respectivement faibles
(< 200 m), moyennes (300-1000 m) et grandes (> 1 500 m)
au centre de la mer du Labrador.
Ces résultats sont préliminaires et sujets
à changement au fur et à mesure de
l´évolution des travaux. Néanmoins, ils
incitent à de plus amples recherches. On s´efforce
actuellement d´élaborer et de mettre au point un
modèle écosystémique qui associe les
flux de carbone et d´azote dans toutes les composantes de
l´écosystème plutôt que dans certaines
composantes seulement comme c´est le cas dans le
modèle présent. Parallèlement, il
convient d´étudier les conséquences du flux de
COD pour les variations climatiques à l´échelle
planétaire en associant le modèle
écosystémique amélioré à
un modèle climatique atmosphère-océan.
Ce travail s´inscrira dans un nouveau programme de recherche
international appelé SOLAS (Surface Ocean Lower
Atmosphere Study), auquel le MPO prend part avec un
réseau d´universités canadiennes et d´autres
laboratoires de recherche gouvernementaux. Comme membre d´une
équipe qui cherche à comprendre l´avenir de
l´absorption du carbone par l´océan, notre but est
d´en apprendre plus sur les interactions possibles entre le
flux de carbone organique dissous et le climat.
Tempêtes marines et vagues extrêmes
- William Perrie
Les violentes tempêtes, comme les ouragans, qui
surviennent dans l´Atlantique commencent dans les tropiques
entre 10 °-14 ° N et 20 °-70 ° O. Elles se
propagent ensuite vers l´ouest et certaines se
déplacent au nord vers le Canada atlantique, où
elles viennent perturber les activités
extracôtières et occasionner à terre des
inondations et des dommages par les vagues. Dans les
années 1990, on a connu plusieurs tempêtes
très violentes et des vagues atteignant des hauteurs
maximales d´environ 30 mètres. Nous n´avons pas
oublié la " Tempête parfaite "de 1991, la "
Tempête du siècle "de 1993 et de l´ouragan Luis
de 1995. La figure 1 illustre les vents et les vagues qui
étaient associés à la " Tempête
parfaite" et qui ont été enregistrés
par une bouée placée au bord du plateau
néo-écossais.
Figure 1. Mesures du vent a) et des vagues b) de la "
Tempête parfaite ", prises par la bouée 44137
située par 44,83o N et 60,94o O au large du plateau
néo-écossais. La vague significative, ou HS
,est la hauteur moyenne du tiers supérieur des vagues
de la série (d´après Cameron and Parkes, 1992,
3e atelier international sur la prévision des vagues a
priori et a posteriori).
La figure 2 illustre les tracés des ouragans de la
saison 2000. Bien que ces tracés comportent une forte
dispersion, six des quinze ouragans représentés
ont touché les eaux canadiennes. D´autres
tempêtes marines violentes commencent dans le Midwest
et prennent une force considérable en se
déplaçant le long de la côte est de
l´Amérique du Nord. La Division des sciences
océanologiques étudie les
phénomènes air-mer découlant de la
formation des vagues et des vents associés aux plus
violentes de ces tempêtes.
Figure 2. Tracés des ouragans et des tempêtes
cycloniques de 2000, présentés sur le site Web
du US National Hurricane Center.
Pour prédire la formation des vents et des vagues
associés à de telles tempêtes, il faut
étudier les processus qui couplent ces deux
phénomènes. Le vent, qui souffle à la
surface de la mer, engendre des vagues. Plus le vent souffle
longtemps et fort, plus les vagues deviennent fortes. Des
modèles informatisés de simulation des vagues,
élaborés et mis à l´essai par la
Division des sciences océanologiques en collaboration
avec d´autres chercheurs des États-Unis et de
l´étranger, reproduisent la croissance et le
développement des vagues. Au fur et à mesure
que les vagues grandissent et se développent, elles
accroissent l´agitation de la surface de la mer, qui se
manifeste dans la couche limite atmosphérique. Cela
influe sur la dynamique de l´atmosphère et modifie les
transferts à la fois de vent et de quantité de
mouvement qui nourrissent la croissance de la vague. C´est
dire que le couplage des vagues et des vents influe non
seulement sur les vents, mais aussi sur les vagues que nous
essayons de simuler. La figure 3 représente un exemple
provenant d´une tempête survenue en 1997. Quand le
modèle de vagues est engendré par des vents non
couplés, il sous-estime les vagues mesurées
à la bouée 44138, sur le plateau
néo-écossais. Quand le modèle de vagues
est couplé au modèle atmosphérique, la
simulation est améliorée,
particulièrement au plus fort de la tempête.
Figure 3. Hauteur de vague significative (HS) à la
bouée 44138, par comparaison avec des estimations
découlant des modèles couplés et non
couplés, à 0800 TUC le 8 mars 1997, au plus
fort d´une tempête traversant l´Atlantique N.-O. Le
modèle couplé est représenté en
rouge, le modèle non couplé en bleu et les
données mesurées en noir. Les unités
sont des mètres.
La compréhension des interactions des vagues entre
elles dépend largement des méthodes
numériques et des opérations de calcul
utilisées. Au fur et à mesure qu´un champ de
vagues se forme, les interactions vague-vague redistribuent
l´énergie au sein du spectre des vagues. Ces
interactions sont numériquement intensives. Nous avons
pu établir un algorithme efficace et précis
pour calculer la redistribution de l´énergie et de la
quantité de mouvement causée par ces
interactions et illustrer les conditions auxquelles cet
algorithme deviendrait inexact. Malheureusement, l´algorithme
n´est pas encore assez efficace pour qu´on puisse
l´intégrer aux modèles de prévision
opérationnelle des vagues utilisés par les
centres de prévisions météorologiques.
Notre objectif reste de chercher à l´optimiser pour le
mettre en application.
Le modèle couplé amélioré nous
permet d´étudier d´autres phénomènes
associés aux vents et aux vagues. La dissipation des
vagues prend de l´énergie du spectre et la
transfère aux courants de surface. Lors d´une
tempête qui se développe rapidement, la
dissipation des vagues peut faire croître les courants
de surface dans une proportion allant jusqu´à 30-40 %.
En périodes de repos, lorsque les vagues sont petites
ou qu´elles ne se développent que lentement, cet effet
d´accroissement du courant de surface est faible.
Les vagues ont donc des interactions avec la couche limite
atmosphérique qui les forme et les propulse. Par le
biais de l´agitation due aux vagues, des embruns et d´autres
phénomènes, il se produit entre l´océan
et l´atmosphère un échange de masse, de
quantité de mouvement et de chaleur. Ce sont là
des effets engendrés par les vents marins, mais qui
influent aussi sur les phénomènes qui
créent et déterminent ces vents. Les vagues
sont également couplées aux courants de
surface, ce qui vient influer sur la croissance des vagues.
Celle-ci aboutit au déferlement des vagues, qui ajoute
une nouvelle impulsion aux courants. Ce n´est qu´à
partir d´un couplage de la couche océanique
supérieure et de la limite atmosphérique qu´on
peut espérer mieux comprendre les tempêtes
marines et leurs incidences sur les activités humaines
au Canada atlantique.
Expérience concernant les effets des chaluts à
panneaux sur les Grands Bancs
- Donald C. Gordon Jr., Kent D. Gilkinson, Ellen L.R.
Kenchington, Cynthia Bourbonnais, Kevin MacIsaac, David L.
McKeown et W. Peter Vass

Les engins de pêche mobiles comme les chaluts à
perche, les chaluts à panneaux, les dragues à
pétoncles et les dragues à myes et palourdes
sont largement utilisés dans le monde entier pour la
récolte des ressources halieutiques. Or, on
s´inquiète de leurs effets sur l´environnement. Il est
à la fois difficile et coûteux d´évaluer
les incidences de ces engins sur les habitats et les
communautés benthiques, en particulier ceux des bancs
de pêche du large. Les habitats et les
communautés benthiques présentent en effet une
variabilité naturelle spatiale et temporelle
considérable, dont il faut tenir compte dans la
conception d´un programme de recherche.
Au cours des 50 dernières années, les chaluts
à panneaux ont été abondamment
utilisés au Canada atlantique pour capturer des
espèces des grandes profondeurs, comme la morue,
l´aiglefin, la plie, la limande et la crevette. De 1993
à 1995, nous avons procédé à une
expérience dans le but d´examiner les effets de
l´utilisation intensive de chaluts à panneaux sur un
écosystème de fond sablonneux à une
profondeur de 120-146 m sur les Grands Bancs de Terre-Neuve.
L´analyse des données sur l´effort historique
révélait que la zone d´étude n´avait pas
été soumise au chalutage pendant au moins 13
ans et qu´elle était donc intacte. On a
pratiqué chaque année 12 opérations de
chalutage le long de trois corridors de 13 km, au moyen d´un
chalut à panneaux Engel 145, équipé d´un
bourrelet " passe-roche ". Un vaste ensemble d´instruments
d´imagerie et d´échantillonnage a servi à
examiner les corridors de chalutage et les corridors de
référence voisins avant et après les
opérations de chalutage à diverses
échelles spatiales. On a notamment utilisé un
sonar à balayage latéral, un traîneau
épibenthique et une benne à caméra.
Emplacement de la zone d´étude sur les Grands Bancs et
orientation des corridors de chalutage (T) et de
référence (R) (distants de 300 mètres).
Des opérations de chalutage ont été
effectuées dans les trois corridors, mais
l´échantillonnage au traîneau
épibenthique et à la benne à
caméra n´a eu lieu que dans les corridors A et B.
Les effets physiques immédiats sur l´habitat
étaient les incidences les plus nettes. Toutes les
parties du chalut à panneaux remettaient en suspension
les sédiments, et les panneaux du chalut creusaient
des sillons et des bermes; des structures biologiques
sédimentaires étaient soit modifiées,
soit détruites, tandis que des déchets
organiques se trouvaient dispersés. Ces effets
physiques paraissaient toutefois de durée relativement
courte. D´après les éléments
d´observation, l´habitat semblait s´être
reconstitué au bout d´un an environ, voire moins.
L´effet biologique le plus immédiat résidait
dans le retrait par le chalut à panneaux de grands
organismes épibenthiques du fond marin. Sauf en ce qui
concerne les crabes des neiges et les fausses étoiles
de mer, ces retraits semblent avoir une incidence
négligeable sur l´effectif de la population. Cela est
dû à la faible efficacité du chalut
à panneaux pour la capture des organismes
épibenthiques.
Ce qui était moins évident, mais plus
important, c´était le dommage immédiat
occasionné aux organismes épibenthiques
laissés derrière, sur le fond marin. Certains
étaient tués, purement et simplement, d´autres
étaient endommagés ou mis à
découvert. Les plus vulnérables étaient
les grands organismes épibenthiques qui vivent sur les
surfaces sédimentaires, comme les crabes des neiges,
les fausses étoiles de mer, les clypéastres,
les ophiures, les oursins verts et les mains de mer. L´effet
net se traduisait par une réduction de 24 % de la
biomasse moyenne dans les quelques jours suivant les
opérations de chalutage. Cette réduction de la
biomasse était due au retrait par le chalut à
panneaux, à la prédation par les organismes
détritivores, au déplacement des organismes
touchés hors de la zone de perturbation et
peut-être à l´enfouissement sous les
sédiments préalablement remis en suspension.
Les effets tant immédiats qu´à long terme de
l´utilisation du chalut à panneaux sur l´endofaune
benthique, qui vit au sein du fond marin sableux, semblaient
minimes. Essentiellement, on n´a constaté d´effets
importants que sur un nombre restreint de polychètes
et encore étaient-ils limités à une
période d´un an après l´expérience
(1994). Tous les éléments dont on dispose
donnent à penser que la communauté biologique
se rétablissait des perturbations dues au chalutage en
moins d´un an. La plupart des espèces
épibenthiques considérées ont de
quelconques capacités locomotrices et il est fort
probable qu´elles migraient de la zone intacte avoisinante
à la zone perturbée. Des effets n´ont
été observés que sur 25 espèces
par rapport à un total de plus de 250 taxons; par
conséquent, la majorité des espèces
présentes (y compris les mollusques) n´étaient
pas touchées par le passage du chalut à
panneaux. Aucun effet important sur la communauté
benthique n´a pu être observé après trois
ans de chalutage. L´habitat et la communauté
biologique sur les lieux de l´expérience
étaient naturellement dynamiques et exhibaient de nets
changements, indépendamment des activités de
chalutage. Les effets de la variabilité naturelle sur
l´endofaune benthique du lieu d´expérience semblaient
éclipser les effets du chalutage.
Échantillon typique recueilli par traîneau
épibenthique révélant les espèces
dominantes.
Les résultats de cette expérience unique sont
conformes à la littérature scientifique.
Celle-ci révèle que les effets du dragage de
chalut à panneaux sont assez variables et qu´ils
dépendent de nombreux facteurs, comme les
activités de pêche antérieures, la
façon dont le chalut à panneaux est
déployé, l´intensité et la
fréquence d´utilisation de l´engin, le type d´habitat
et le genre d´organismes présent. Dans certains cas,
les effets sont négligeables et de courte
durée, tandis que dans d´autres ils peuvent
s´avérer profonds et durables. Les
écosystèmes des fonds sableux, comme celui qui
a été étudié ici, tendent
à être ceux qui résistent le mieux aux
effets du chalutage.
D´autres recherches sont nécessaires pour
améliorer notre connaissance des incidences des engins
mobiles et acquérir l´information nécessaire
pour adopter une approche plus axée sur
l´écosystème dans la gestion de la pêche,
de l´habitat et des océans. Il nous faut notamment
poursuivre nos expériences sur l´incidence des engins,
accroître nos connaissances sur le rôle que
jouent l´habitat et les communautés benthiques dans
les écosystèmes marins, et établir des
cartes de l´habitat et des communautés benthiques
ainsi que des cartes à petite échelle de la
distribution spatiale de l´effort de pêche. D´autres
expériences sont actuellement effectuées par le
MPO pour étudier les effets du chalut à
panneaux sur un fond de galets du banc Western et des dragues
hydrauliques à palourdes et myes sur le Banquereau.
Recherche en aquaculture à l´IOB
- Dan Jackson, Bénédikte Vercaemer, Barry
MacDonald, Koren Spence, Rajashree Gouda et Ellen Kenchington

La recherche sur l´aquaculture des mollusques est une des
activités de l´Institut océanographique de
Bedford. Elle se déroule essentiellement au
Laboratoire des poissons, où des scientifiques de la
Division des invertébrés du MPO effectuent des
travaux destinés à faire progresser l´industrie
de l´aquaculture des mollusques au Canada atlantique. Il
s´agit surtout d´appliquer les derniers progrès de la
biotechnologie aux problèmes actuels de l´aquaculture.
La plupart de nos travaux visent les bivalves qui font
actuellement l´objet d´une production commerciale au Canada
atlantique, ce qui comprend les pétoncles
géants, les pétoncles de baie, les
huîtres et les moules. Toutefois, nous avons aussi pour
mandat d´effectuer des recherches sur d´autres espèces
qui intéressent de plus en plus l´industrie de
l´aquaculture, comme les ormeaux. Un bon nombre de nos
travaux visent à mettre au point les
procédés de sélection et à
traiter de problèmes biologiques propres à
l´élevage ainsi que de problèmes
généraux associés au cycle biologique
des mollusques. L´information obtenue sert à produire
des souches supérieures pour l´élevage et
à solutionner les questions écologiques et
génétiques. Les connaissances ainsi acquises
sont partagées avec les entreprises d´aquaculture
commerciale, ce qui contribue au développement de
cette industrie en pleine croissance.
Bénédikte Vercaemer mesure des huîtres
dans le Laboratoire des poissons - photo de Barry MacDonald.
Les travaux en cours dans nos laboratoires comprennent des
études pour améliorer la qualité et la
quantité de l´alimentation des bivalves
d´élevage en phytoplancton ainsi que pour parfaire les
méthodes d´élevage des larves en vue
d´accroître l´efficacité et la qualité de
la production des bivalves. Certains de nos travaux sur les
moules ont pour but de fournir aux éleveurs de la
Nouvelle-Écosse des indications sur la façon
dont l´installation des collecteurs de naissain peut influer
sur le rendement dans les élevages où deux
espèces de moules, Mytilus edulis et Mytilus
trossulus, cohabitent. D´autres études portent sur
l´identification des espèces au moyen de marqueurs
génétiques, sur l´évaluation du
degré d´autofécondation dans le stock de
géniteurs de l´huître plate à l´aide du
séquençage des gènes et sur les
mécanismes de détermination du sexe chez la
moule bleue. Nous élaborons aussi des techniques
génétiques visant à identifier des
gènes résistant à la maladie chez les
géniteurs de l´huître.
Shawn Roach et Barry MacDonald analysent la
généalogie de moules dans le laboratoire de
culture des bivalves de l´IOB - photo de Dan Jackson.
La recherche effectuée à l´IOB sur les
pétoncles triploïdes dans le cadre de la
Stratégie canadienne en matière de
biotechnologie vise à produire des pétoncles
qui croissent plus rapidement et ont des chairs plus grosses
et de meilleure qualité que les pétoncles
habituels. Notre technologie comprend la manipulation du
processus de fertilisation en vue d´obtenir des
pétoncles qui ont trois jeux complets de chromosomes,
au lieux de deux habituellement. Ces animaux triploïdes
étant stériles, ils canalisent l´énergie
qu´ils auraient normalement investie dans la reproduction
vers l´accroissement de leur croissance
générale. Les travaux récents
réalisés à ce sujet dans notre
laboratoire portaient sur les méthodes optimales
d´introduction de la triploïdie chez le pétoncle
géant et sur l´évaluation du rendement
physiologique (taux de croissance et d´alimentation) des
triploïdes et des diploïdes.
Pétoncle juvénile d´environ deux mois - photo
de Dan Jackson.
Par ailleurs, d´autres travaux de biotechnologie,
également financés dans le cadre de la
Stratégie canadienne en matière de
biotechnologie, ont pour but d´étudier la
variabilité génétique de l´aiglefin
sauvage et d´intégrer les techniques
moléculaires pour tenter d´améliorer
l´efficacité des programmes d´amélioration
génétique de l´aiglefin d´élevage. Ces
travaux sont effectués en collaboration avec des
scientifiques du Centre de biodiversité marine,
Division des poissons diadromes du MPO, à l´IOB et
à la Station biologique de St. Andrews, au
Nouveau-Brunswick.
Les installations de l´IOB (comprenant une salle de
production de phytoplancton, une écloserie et une
nourricerie de mollusques, des salles de géniteurs et
des laboratoires connexes) sont bien adaptées à
nos recherche sur la production de mollusques en
écloserie. Nous produisons actuellement 13
espèces de phytoplancton, qui servent à
l´alimentation des larves, des juvéniles et des
adultes bivalves. Notre laboratoire de production de
phytoplancton comprend 13 grands tubes de culture, aptes
à produire jusqu´à 600 litres d´algues par jour
(à une densité d´environ 6 à 7 millions
de cellules/ml) pour nourrir les juvéniles et les
adultes. Nous cultivons aussi des algues dans des bonbonnes
de 10 litres, qui servent à fournir des aliments
libres de bactéries aux larves de divers stades. Nous
pouvons produire chaque jour environ 50 litres de ces
aliments à haute densité (de 10 à 12
millions de cellules/ml), ce qui permet de nourrir
jusqu´à 85 millions de larves bivalves nouvellement
écloses.
Les larves bivalves sont habituellement élevées
dans des bassins isolés; nous disposons actuellement
de quatre bassins de 1 000 litres et de quinze bassins de 250
litres, ainsi que d´un certain nombre de plus petits flacons
à culture non isolés. Les animaux
juvéniles et adultes sont gardés dans divers
bassins de fibre de verre et de plastique allant des bassins
circulaires de six pieds de diamètre à des
contenants en plastique de 60 litres. Les bassins à
larves sont vidés et nettoyés tous les deux
jours et les larves sont nourries chaque jour, tandis que les
bassins d´adultes sont constamment alimentés en eau de
mer et les bassins de juvéniles sont dotés d´un
système de recirculation partielle. Ceci permet de
reproduire les expériences à tous les stades
biologiques. De plus, l´IOB dispose d´une installation de
quarantaine comprenant trois modules de laboratoire servant
à effectuer des recherches sur les animaux malades et
les espèces non indigènes. Ces laboratoires
comportent divers bassins de dimensions variées et
disposent de leur propre système d´éclairage et
d´alimentation en eau. Les eaux usées sont
contrôlées et traitées de manière
à ne pas affecter le milieu local.
Les installations modernes de laboratoire que nous avons
élaborées représentent un des aspects
essentiels de nos recherches en aquaculture. C´est le cas,
par exemple, de notre laboratoire d´imagerie scientifique et
de cytométrie de flux doté de microscopes de
premier ordre et d´appareils photos numériques qui
servent à prendre des clichés haute
résolution de nos animaux de laboratoire. Grâce
à cette technologie, nous pouvons mesurer la taille et
d´autres caractéristiques des animaux, ou produire des
analyses d´images de plus haute technicité comme des
études de fluorescence ou des analyses de mouvement.
Un cytomètre de flux sert à mesurer le
degré de ploïdie des pétoncles et des
moules dans le cadre de notre programme de recherche sur les
triploïdes. Il permet aussi d´effectuer des
études détaillées sur l´alimentation des
bivalves, en mesurant le type et la quantité de
cellules de phytoplancton ingérées par les
animaux. Le laboratoire affilié au Centre de
biodiversité marine dispose de nouvelles installations
de biologie moléculaire à la fine pointe du
progrès, comprenant une station de base MJ de gel en
plaques automatisée et du matériel connexe
permettant le génotypage et le
séquençage de gènes. Dans ce
laboratoire, on élabore et on utilise des marqueurs
génétiques pour résoudre des questions
liées à la génétique des
populations ou à l´identification des espèces
et à l´analyse généalogique des stocks
de géniteurs, ce qui fournit une foule de
données de biologie moléculaire aux biologistes
et chercheurs de l´IOB.
Les défis que pose le développement de
nouvelles pêches
- Bob Miller
L´avènement d´une nouvelle pêche s´accompagne
généralement de défis d´ordre
réglementaire. Toutes les pêches les plus
récentes, comme celles de l´holothurie, du bigorneau,
du crabe nordique, du crabe-araignée, du quahog
nordique et du buccin ont connu à leur début
une exploitation sporadique. Or, comme même la plus
rudimentaire des évaluations nécessite des
données sur les prises, il importe que les
pêcheurs et les scientifiques halieutistes
entretiennent des relations professionnelles amicales.
Peuplement de goémon - photo de Bob Semple.
Les questions auxquelles les biologistes cherchent à
trouver réponse pendant la durée d´une
pêche ont trait à la croissance, à la
mortalité, à la fécondité,
à la taille à maturité, au rendement
équilibré, à l´effectif du stock et aux
limites du stock. Ce sont là des renseignements qui,
pour l´essentiel, ne sont pas nécessaires au tout
début. Mais tôt dans la pêche, on a besoin
d´obtenir des données précises sur les retraits
de poisson, ce qui comprend les prises vendues par les voies
traditionnelles, les mortalités de l´espèce
ciblée dues aux rejets, les prises accessoires
d´autres flottilles de pêche, les prises de la
pêche sportive et les prises des braconniers. Au
commencement d´une nouvelle pêche, il faut
évaluer l´engin de pêche et peut-être le
modifier pour réduire le gaspillage des espèces
non ciblées, les rejets des spécimens de
l´espèce dirigée qui sont trop petits et les
dommages à l´habitat. Comme de nombreuses mesures de
gestion de la pêche visent l´engin de pêche
(taille, nombre d´unités, prises accessoires et
conflits avec d´autres engins), moins il y a de sortes
d´engin dans la pêche, plus celle-ci est facile
à gérer. Les lieux de pêche sont aussi un
élément important, parce que la plupart des
paramètres intéressants sont propres à
un lieu. Même si une nouvelle pêche
échoue, on produit un rapport sur ce qu´on a appris,
aux fins éventuelle d´utilisation future.
Crabe nordique - photo de Bob Semple.
Holothurie - photo de Bob Semple.
Voici certaines espèces visées par de nouvelles
dispositions réglementaires. Bien que le ver de vase
est récolté depuis longtemps, sa récolte
vient seulement d´être réglementée.
|
Espèce
|
Mesures de gestion de la pêche
|
|
Ver de vase
|
Poids unitaire minimal (en grammes), fermeture pendant la
saison de reproduction et fermeture temporaire des zones
surexploitées.
|
|
Goémon
|
Limites sur les plus grandes parcelles qui peuvent
être exploitées (15 m x 15 m), sur la
fraction d´un peuplement qui peut être
récoltée en un an (un tiers) et sur la
taille minimale des plantes (1 m de long).
|
|
Crabe nordique et crabe commun
|
Taille minimale pour conserver le potentiel de
reproduction, saison pour réduire les conflits
d´engin avec d´autres pêches et modifications aux
casiers pour permettre aux crabes trop petits de
s´échapper et pour réduire les prises
accessoires de homard.
|
|
Holothurie
|
Saisons pour éviter les conflits d´engin avec la
pêche du homard.
|
Centre de données virtuelles (CDV) de la Division des
poissons de mer et de la Division des
invertébrés
- R. Branton (DPM), G. Black (DI) et J. McRuer (DPM)
Qu´est-ce que le CDV?
La Division des poissons de mer (DPM) et la Division des
invertébrés (DI) de l´Institut
océanographique de Bedford (IOB) et de la Station
biologique de St. Andrews (SBSA) fournissent les
données scientifiques fondamentales nécessaires
aux activités de gestion des pêches de capture
de poissons, de mollusques et de crustacés de la
Région des Maritimes du MPO. Leurs données
d´entrée primaires constituent un éventail
complexe d´information provenant de sources diverses, dont
les relevés gouvernementaux par navire scientifique,
les relevés de l´industrie, les journaux de bord des
pêcheurs, les statistiques de prises commerciales,
l´échantillonnage au port et les observateurs en mer.
Des changements récents apportés à la
culture informatique du MPO (adoption de normes en
matière de logiciels et d´une politique sur la gestion
des données scientifiques) ont incité la DPM et
la DI à élaborer en commun un site intranet
pour faciliter l´accès à ces données.
Cette base scientifique intégrée et conviviale,
appelé Centre de données virtuelles (CDV), est
un outil d´extraction et d´analyse de données
entièrement nouveau, qui améliore grandement la
productivité de la recherche en permettant l´affichage
de données diverses et disparates sous une forme
courante et familière en un site central.
Le CDV inscrit l´analyse de données dans une
démarche axée sur les produits. Les
données recherchées sont produites sur demande
directement depuis la base de données et comprennent
un vaste ensembles de cartes, de graphiques, de rapports, de
chiffriers, d´images et de films.
Utilisation du CDV
On accède au CDV par l´intermédiaire de
l´Explorer d´Internet. L´accès est régi par une
page centrale d´entrée nécessitant un nom
d´utilisateur et un mot de passe.
Les nouveaux utilisateurs reçoivent automatiquement
l´accès à titre d´invité pour consulter
des documents publics mis en forme. Avant de pouvoir afficher
des documents privés ou à diffusion restreinte,
ou encore interroger les données sous-jacentes, un
invité doit obtenir des administrateurs du site ou des
groupes un nom d´utilisateur et un mot de passe. Chaque
groupe qui contribue au site gère son propre mini CDV,
constitué de listes du personnel, de pages de projets
et de pages de données.
Les chefs de projet et les gestionnaires de données
administrent leurs pages de projets et de données,
mais chaque membre du personnel peut créer des liens
aux pages de projets et de données fréquemment
utilisées, et également crééer et
gérer son propre contenu personnel.
Produits du CDV
Les produits sont offerts sous forme de rapports mis en forme
ou de menus déroulants et de boutons, qui donnent
à l´utilisateur la possibilité de créer
son propre rapport. Ces menus permettent de préciser
le nom d´une espèce, une zone de stock, une
série de relevé et une fourchette
d´années, le tout en langue courante.
Des tableaux de données, des graphiques et des cartes
peuvent être utilisés dans les
présentations ou être collés directement
dans les documents scientifiques.
Les cartes peuvent être produites sous forme de films
de données, qui facilitent l´étude des
tendances spatiales et temporelles se dégageant des
données, ou sous forme de graphiques interactifs dans
lesquels la zone d´intérêt peut être
agrandie et déclencher l´affichage de chiffriers et/ou
d´analyses statistiques détaillées des
éléments sélectionnés.
Exemple de graphique linéaire - renseignements
provenant du relevé par navire scientifique portant
sur le sébaste du plateau néo-écossais.
Exemple de carte (ci-dessus) - information du
relevé par navire scientifique portant sur le
sébaste du plateau néo-écossais. Exemple de carte (ci-dessous) - débarquements
commerciaux et échantillons prélevés au
port - sébaste de l´ouest du plateau
néo-écossais (chaluts à panneaux <65
pi).
Exemple d´histogramme - échantillons de sébaste
prélevés au port sélectionnés
d´après la carte illustrée ci-dessus.
Les sources de données auxquelles on accède par
le CDV sont documentées à l´aide d´un
dictionnaire de données complet décrivant tous
les tableaux de données, colonnes et codes.
Des interrogations en langage relationnel SQL prêtes
à l´emploi offrent également un accès
ponctuel aux données.
Le CDV permet d´entreposer et d´extraire, outre des
données, des images numériques
d´activités de recherche, de spécimens et de
matières échantillonnées, comme les
otolithes qui servent à déterminer l´âge
des poissons.
Otolithe de sébaste - photo de Steven Campana.
Quelques détails sur le CDV
Le CDV a vu le jour dans le cadre des mesures de
revitalisation de l´informatique découlant des
activités de préparation à l´an 2000
entreprises à l´échelle du gouvernement.
Grâce à des fonds externes provenant du projet
de recensement de la faune et de la flore marines ainsi que
du projet de gestion de l´information sur les pêches,
on s´attache maintenant à y apporter des
améliorations.
Le CDV est fondé sur l´interaction de plusieurs
technologies. Les principaux éléments de
matériel sont l´intranet du MPO, les serveurs
d´application des bases de données Oracle et du Web,
le système de visualisation de données ACON et
le Splus Statserver. Il utilise comme langages de
programmation primaires HTM, SQL, PL/SQL, C++ et Splus.
Les manuels de l´usager et de l´administrateur peuvent
être obtenus directement du site Web.
Avantages du CDV
Des méthodes normalisées de gestion des
données ont permis à la DPM et à la DI
d´améliorer la collecte de données. Par
exemple, les données des relevés sont
maintenant couramment disponibles aux fins d´analyse un ou
deux jours après la fin de la mission du navire
scientifique. Avec l´amélioration de la collecte de
données, le CDV a accru l´accès à ces
dernières et, ce faisant, a augmenté la
capacité générale d´analyse et
facilité le processus d´évaluation de
l´état des ressources. Le CDV sert de centre de
liaison entre les gestionnaires de la ressource et les
clients extérieurs, puisqu´il permet aux responsables
de la recherche d´élaborer et d´examiner rapidement
les indicateurs des stocks pour déterminer quand des
changements notables se sont produits dans l´état de
ces stocks.
On ajoute constamment de nouveaux modules analytiques au CDV
et on prévoit de lancer une nouvelle version du bloc
central au début de 2002. La Direction de
l´informatique du MPO dans la Région des Maritimes est
en voie d´intégrer le nouveau CDV à l´ensemble
des systèmes pris en charge et elle s´en servira comme
élément de base d´un système
régional, et éventuellement national, de
centres de données virtuelles.
Sébaste ou perche de mer.
Personnes-ressources du CDV
*Administratrice de site du CDV.
Relevé sur le flétan de l´Atlantique
(Hippoglossus hippoglossus) du plateau
néo-écossais et du sud des Grands Bancs -
Collaboration entre le milieu de la pêche et celui des
sciences halieutiques
- K.C.T. Zwanenburg and S. Wilson
Depuis 1970, le Canada effectue des relevés
standardisés au chalut à panneaux afin d´en
tirer des estimations de l´abondance des populations de
poisson sur le plateau néo-écossais. Dans le
cas du flétan de l´Atlantique (Hippoglossus
hippoglossus), espèce très lucrative
exploitée par les pêcheurs commerciaux, ces
relevés fournissent des estimations d´abondance
très variables. Les relevés sur le poisson de
fond n´ont pas été conçus pour estimer
l´abondance de cette espèce qui n´évolue pas en
bancs et ils ne couvrent pas toute l´aire de distribution
géographique de la population.
En 1998, on a cherché à améliorer ces
estimations de l´abondance du flétan en entreprenant
un relevé à la palangre, engin qui capture
mieux le flétan, et en faisant porter ce relevé
sur une plus grande partie de l´aire de distribution de la
population (figure 1). Ce relevé est effectué
en collaboration par le MPO et les pêcheurs experts qui
exploitent cette espèce sur le plateau
néo-écossais et dans le sud des Grands Bancs.
On a adopté une formule de relevé
autofinancé à long terme (10 ans et plus)
comportant deux phases, soit un échantillonnage
aléatoire stratifié et un indice commercial.
Pour l´échantillonnage aléatoire
stratifié, on a retenu 220 stations
d´échantillonnage, qui sont maintenant des stations
fixes échantillonnées chaque année,
tandis que dans la phase d´indice commercial, les
pêcheurs commerciaux peuvent choisir diverses stations
d´échantillonnage en fonction de leur
expérience. L´échantillonnage stratifié
fournit des estimations non biaisées de l´abondance de
la population tandis que la phase d´indice commercial donne
des estimations des prises commerciales par unité
d´effort et permet aux pêcheurs de mettre leurs
connaissances et leur expertise au service d´une meilleure
compréhension de l´espèce.
Figure 1A. Distribution géographique des taux de
prises dans la phase d´indice commercial du flétan (kg
par millier d´hameçons; chiffres corrigés en
fonction du temps de mouillage).
Figure 1B. Distribution géographique des taux de
prises dans les stations fixes du relevé sur le
flétan (kg par millier d´hameçons; chiffres
corrigés en fonction du temps de mouillage).
Ce relevé courant a déjà permis
d´obtenir une mine de renseignements sur la distribution du
flétan, la structure de tailles dans sa population et
la composition de son alimentation, et de recueillir un grand
nombre d´otolithes (concrétions osseuses de
l´oreille), qui servent à déterminer la
structure d´âges de la population. Le relevé sur
le flétan a aussi fourni plus de renseignements sur la
distribution, l´abondance et la biologie du flétan
qu´on en avait réunis en trente ans de relevés
au chalut.
Le quatrième de ces importants relevés
effectués chaque année par 10-15 bateaux de
pêche de taille commerciale a été
effectué en juillet 2001. Quoiqu´il soit encore trop
tôt pour tirer des conclusions fermes à partir
de seulement quatre années de données, nous
constatons que l´effectif de la population de flétan a
été relativement stable pendant les
années considérées (figure 2) si on se
fie à la fois à la phase
d´échantillonnage stratifié et à la
phase d´indice commercial du relevé.
L´élément manquant de l´énigme, c´est de
savoir si cet effectif stable est élevé ou
faible par rapport à ses niveaux historiques.
Figure 2. Résultats du relevé sur le
flétan du plateau néo-écossais et des
Grands Bancs à la palangre illustrant les taux de
prises dans la phase d´échantillonnage
stratifié et dans la phase d´indice commercial.
Nous avons entrepris de vérifier les âges du
flétan établis d´après le
décompte des anneaux de croissance des otolithes.
Cette étude fait appel aux retombées
décelables des essais nucléaires,
commencés dans les années 1950, comme marqueurs
permettant de déterminer si chaque anneau
présent équivaut à une année de
croissance. Les résultats préliminaires
révèlent que c´est effectivement le cas, ce qui
nous permet désormais d´établir l´âge de
tous les poissons échantillonnés. Il est
important de déterminer la structure d´âges de
toute population de poisson, parce qu´on connaît ainsi
la probabilité de survie d´un âge à
l´autre et les incidences de la pêche sur cette
probabilité. Le grand nombre d´otolithes recueillis
nous permettra d´établir des estimations
détaillées de la structure d´âges et des
taux de survie de la population.
Ce relevé nous a fourni jusqu´ici d´importants
renseignements sur le flétan du plateau
néo-écossais et du sud des Grands Bancs et il a
favorisé la coopération entre les scientifiques
et les pêcheurs.
Centres de biodiversité des eaux douces
- T. R. Goff, S. F. O´Neil et T. L. Marshall
La baisse de l´abondance du saumon de l´Atlantique, la
fermeture de nombreuses pêches et le fait que beaucoup
de stocks sont considérés comme étant
soit en péril, soit menacés ont poussé
les trois écloseries du MPO dans la Région des
Maritimes à prendre une nouvelle orientation et
à se consacrer à la constitution et la gestion
de banques de gènes vivants. Ces banques sont
créées grâce à la production en
captivité d´un stock de reproducteurs, à des
accouplements sélectionnés en fonction de l´ADN
dans le but de maximiser la variabilité
génétique, à l´ensemencement
précoce par la progéniture afin de maximiser la
sélection en eau douce et à la collecte
ultérieure des tacons plus vieux destinés
à renouveler la production du stock de reproducteurs.
Ces opérations permettent de contourner les rudes
conditions marines qui affectent le cycle biologique normal
du saumon et d´optimiser les possibilités de
rétablissement de l´espèce une fois que les
conditions de survie s´améliorent. Pour l´essentiel,
la nouvelle orientation élimine la vocation
d´ensemencement de saumoneaux et de juvéniles aux fins
de mise en valeur de la pêche, ce qui a incité
la Direction des sciences du MPO à renommer ses
installations de Mactaquac (près de Fredericton, au
Nouveau-Brunswick) de Coldbrook et de Mersey (près de
Liverpool), en Nouvelle-Écosse, pour les appeler "
centres de biodiversité ".
Emplacement des centres de biodiversité des eaux
douces dans l´arrière-baie de Fundy et dans le
bas-plateau sud de la Nouvelle-Écosse.
Centre de biodiversité de Mactaquac
La Station piscicole de Mactaquac a été ouverte
en 1968. Elle avait pour but de compenser, par le largage de
saumoneaux, la perte de saumons due aux aménagements
hydroélectriques sur la rivière Saint-Jean. Au
fil du temps, on y a amélioré la qualité
des saumoneaux en approfondissant les bassins, en
réduisant les densités de stockage et en
construisant une installation de croissance
accélérée, qui a ramené de deux
à un an l´âge d´arrivée au stade de
saumoneau (smoltification). Dès les années
1990, la production de juvéniles, destinés
principalement à la rivière Saint-Jean et
à ses tributaires, était d´environ 300 000
saumoneaux de descente d´âge-1 et d´un nombre
égal ou supérieurs de tacons d´âge-0 pour
l´ensemencement des rivières.
Vue aérienne du Centre de biodiversité de
Mactaquac (en bas), barrage de Mactaquac (en haut, au centre)
et installation de croissance accélérée
(complexe situé en aval et à droite du
barrage).
En 1998, quelques-uns des nombreux bassins de la Station ont
été réservés à la
première étape du stockage de gènes
vivants du saumon de l´arrière-baie de Fundy, au
Nouveau-Bruswick, jugé " en péril ". Il
s´agissait d´élever des saumons juvéniles
sauvages capturés dans la rivière Big Salmon,
de les amener au stade d´adulte puis à l´accouplement.
Tous les poissons étaient soumis à des analyses
d´ADN pour identifier l´origine de leur stock et leur
filiation, de manière à réduire le plus
possible les accouplements au sein de fratries et de
maximiser la représentation des groupes familiaux.
Ce programme devrait générer chaque
année environ 2,5 millions d´œufs,
destinés à repeupler les rivières de
l´arrière-baie de Fundy, à produire la
prochaine génération de tacons et, en fin de
compte, un stock de reproducteurs. On compte le poursuivre
jusqu´à ce que les conditions de survie en mer
s´améliorent.
En 2000, on a lancé un programme comparable, mais
à plus petite échelle, concernant le stock
presque disparu de la rivière Magaguadavic, dans
l´avant-baie de Fundy.
En outre, le programme mis en œuvre à Mactaquac
s´oriente maintenant non plus sur l´utilisation de poissons
sauvages capturés au barrage de Mactaquac pour la
production et le largage de saumoneaux, mais sur
l´utilisation de saumons juvéniles sauvages
capturés en amont du barrage pour la production d´un
stock de reproducteurs et le largage de frayeurs adultes.
Cette nouvelle façon de procéder est
motivée par les raisons suivantes :
-
Une diminution, en 20 ans, de dix fois le nombre d´adultes
de remontes originaires du barrage et de l´amont du barrage
de Mactaquac.
-
Une confiance grandissante dans la capacité de
produire en eau douce des poissons adultes à partir
de juvéniles.
Il est peu probable qu´on parvienne à rétablir
l´effectif antérieur du stock tant que la survie en
mer ne se sera pas améliorée. Mais un tel
rétablissement sera impossible sans une population
stable de juvéniles sauvages en eau douce. Les adultes
issus du programme de croissance en captivité
représentent un potentiel de ponte de 12 millions
d´œufs, soit environ 40 % des besoins de la
conservation dans la rivière en amont de Mactaquac.
Cela éliminera la nécessité de
prélever un stock de reproducteurs parmi les
précieuses remontées d´adultes sauvages au
barrage.
Évaluations de stock, recherche et rayonnement
En plus d´élever du poisson, le Centre de
biodiversité de Mactaquac est une source d´information
biologique. En particulier, les installations de capture du
barrage de Mactaquac fournissent des renseignements
importants pour l´évaluation du saumon, du gaspareau,
de l´alose d´été, de l´anguille
d´Amérique, du bar rayé, de l´esturgeon noir et
de l´esturgeon à museau court. Par ailleurs, le Centre
effectue aussi des recherches en coopération avec les
universités, l´industrie privée et les
organisations qui oeuvrent dans le domaine des poissons et de
la faune. Il a notamment effectué des études
sur la viabilité de l´aquaculture des
salmonidés triploïdes, sur l´élaboration
de vaccins ainsi que sur la croissance et la condition du
poisson élevé à divers régimes de
température. Les programmes de coopération avec
les Premières nations contribuent aux activités
de l´établissement, y compris à son Centre
d´interprétation et d´accueil. Celui-ci
présente des expositions sur le fonctionnement des
installations et sur le cycle biologique du saumon de
l´Atlantique.
Centres de biodiversité de Coldbrook et de Mersey
Les Centres de biodiversité de Coldbrook et de Mersey
s´occupent du stockage de gènes vivants du saumon de
l´Atlantique, de l´ensemencement en saumon des
rivières ayant subi les effets néfastes des
pluies acides et de la recherche associée à
diverses initiatives concernant le saumon et la
corégone atlantique, qui est une espèce en
péril. Ces activités remplacent les anciens
programmes de mise en valeur.
Bassins supérieurs et installations de recherche et
d´élevage du Centre de biodiversité de Mersey.
Les Centres de biodiversité de Coldbrook et de Mersey
sont exploités de concert pour mieux servir les
objectifs du programme. Le poisson reproducteur servant
à tous les programmes concernant le saumon est
gardé au Centre de Coldbrook, où l´eau de
surface et l´eau de puits offrent de bonnes conditions de
souplesse et de régulation de la température.
La croissance des juvéniles a lieu à Mersey,
où la plus forte alimentation en eau permet de
produire jusqu´à 300 000 saumoneaux de descente
d´âge -1 et un nombre égal ou supérieur
de tacons d´âge -0 pour l´ensemencement des
rivières.
Banques de gènes vivants
Comme cela a été le cas à Mactaquac en
1998, quelques-uns des nombreux bassins du Centre de
Coldbrook ont été réservés
à la première étape du stockage de
gènes vivants du saumon de l´arrière-baie de
Fundy, en Nouvelle-Écosse, considéré
comme en péril. Ici, il s´agit d´amener à
maturité à Coldbrook des saumons
juvéniles sauvages provenant de la rivière
Stewiacke. Entre 0,5 et 1 million d´œufs seront
portés à éclosion et les
juvéniles qui en sont issus seront
élevés à Mersey en vue d´être
largués ensuite dans la rivière Stewiacke et
dans d´autres rivières de l´arrière-baie de
Fundy dont les stocks de saumon ont disparu. Cette
orientation vers le stockage de gènes vivants doit
implicitement s´accompagner d´une stratégie de
reproduction fondée sur l´ADN, comme celle qui est
appliquée à Mactaquac.
Par ailleurs, on procède aussi à la croissance
de la progéniture du saumon atlantique de la
rivière Gaspereau, rivière unique de
l´arrière-baie de Fundy, avant de la renvoyer dans la
rivière. On a prélevé des
juvéniles dans plusieurs autres rivières
néo-écossaises de l´arrière-baie de
Fundy, en vue de les intégrer éventuellement au
programme de stockage de gènes de
l´arrière-baie.
Intervention dans les rivières acidifiées
Les précipitations acides ont contribué
à de graves déclins, et dans certains cas
à la disparition, du saumon dans plus de 50
rivières du bas-plateau sud de la
Nouvelle-Écosse. On prélève donc des
saumons adultes dans plusieurs rivières pour ajouter
à la production de saumoneaux, qui a souffert des
pertes dues aux précipitations acides. L´analyse
génétique des stocks de nombreuses autres
rivières se poursuit et, à court terme,
l´apport complémentaire des poissons d´élevage
et/ou le stockage de gènes vivants devraient
éviter une perte totale des stocks uniques.
Recherche, appui aux Premières nations et rayonnement
La reproduction, l´élevage et le stockage de poissons
à l´appui des pêches étaient auparavant
les principales activités des écloseries
fédérales en Nouvelle-Écosse. Peu de
pêches subsistent encore et la préservation des
stocks ainsi que de leur diversité
génétique est maintenant l´objectif poursuivi.
Confiné à un seul bassin hydrographique en
Nouvelle-Écosse, le corégone atlantique
(Coregonus huntsmani) est une espèce en
péril, qu´on élève au Centre de Mersey
en vue de déterminer l´influence de divers
paramètres environnementaux sur sa survie et sa
croissance. Le but ultime est d´élaborer les moyens
techniques nécessaires pour rapatrier l´espèce
dans son aire de distribution antérieure.
Le corégone atlantique, Coregonus huntsmani,
espèce en péril.
Par ailleurs, les Centres de biodiversité appuient les
mesures prises par les Premières nations en
matière de conservation du saumon, accueillent des
groupes de visiteurs et offrent de la formation aux
élèves des collèges communautaires.
Missions de recherche
- D. L. McKeown
Prises de sébaste - Relevé sur le poisson de
fond de l´été 2001 par le NGCC Alfred Needler
dans l´est du plateau néo-écossais - photo de
J.G. Reid.
NGCCAlfred Needler
Le NGCC Alfred Needler est un chalutier de recherche
halieutique en haute mer d´une longueur de 50 m. En janvier
2001, il a pris part à des études sur le
comportement du poisson au large du Cap-Breton; en
février et mars, il a procédé à
des relevés sur les invertébrés et le
poisson de fond sur le plateau néo-écossais. De
mai à novembre, des scientifiques du MPO basés
à l´Institut océanographique de Bedford, au
Centre des pêches du Golfe et à l´Institut
Maurice-Lamontagne ont utilisé le bateau pour
effectuer des relevés en haute mer sur
l´écosystème des poissons et des
invertébrés ainsi que des études
connexes sur le plateau néo-écossais, depuis le
banc Georges jusqu´au détroit de Cabot, et dans le
golfe du Saint-Laurent. En décembre, le navire a
entrepris des relevés sur le poisson de fond dans la
Région de Terre-Neuve à la place du
Teleost, qui avait des avaries mécaniques.
Mise à l´eau du Towcam depuis le NGCC Hudson par Peter
Vass et Dwight Reimer.
NGCC Hudson
Le NGCC Hudson est un navire de 90 m qui effectue des
recherches océanographiques et des relevés
hautrières. Au cours de l´hiver 2000-2001, il a
terminé la deuxième phase d´un radoub majeur
visant à prolonger sa vie utile de sept à dix
ans. Le 1er mai, il a appareillé pour sa mission
annuelle de printemps visant à recueillir des
données d´océanographie physique et biologique
pour le Programme de monitorage de la zone atlantique (PMZA).
Cette mission englobait une série de transects sur le
plateau néo-écossais, allant du sud de la
Nouvelle-Écosse au détroit de Cabot. Au
début de juin, le navire s´est rendu dans la mer du
Labrador pour assurer le service courant des mouillages
d´instruments océanographiques et procéder
à des levés hydrographiques
(conductivité, température et profondeur) dans
le cadre de la participation canadienne aux études sur
le climat mondial. Après être revenu à
l´IOB pour une relève de personnel et une
reconfiguration de matériel, il est reparti prendre
part à une grande étude de réfraction
sismique sur le plateau néo-écossais pour le
compte de Ressources naturelles Canada et de
l´Université Dalhousie.
Le navire est à nouveau revenu à l´IOB pour
reconfigurer son matériel scientifique avant
d´entreprendre une série d´études
géoscientifiques sur les Grands Bancs, sur le talus
néo-écossais et sur le plateau
néo-écossais de la mi-juillet à la
mi-septembre. Une équipe de scientifiques de l´IOB et
du Centre des pêches de l´Atlantique Nord-Ouest a
ensuite embarqué pour procéder à des
études de l´habitat benthique et de l´habitat du
poisson sur plusieurs bancs du large, depuis le Banquereau
jusqu´au banc Georges, et pour échantillonner les
coraux des grandes profondeurs dans le Gully et le long du
talus continental. De la mi-octobre à la
mi-décembre, des membres du personnel de l´IOB, du
Centre des pêches de l´Atlantique Nord-Ouest et de
l´Institut Maurice-Lamontagne ont effectué trois
missions consécutives pour recueillir les
données d´océanographie physique et biologique
d´automne dans le cadre du PMZA. La campagne scientifique du
navire s´est terminée le 9 décembre, date
à laquelle il a été
désarmé à l´IOB pour l´hiver.
La vedette Pipit approchant du NGCC Matthew - Isle aux Morts,
côte sud de Terre-Neuve.
NGCC Matthew
Le NGCC Matthew est un navire de 50 m qui effectue des
recherches et des relevés côtiers. Sa campagne a
débuté en mai par l´embarquement d´un groupe
d´océanographes physiciens et chimistes de l´IOB et le
départ pour le port de Sydney afin de recueillir des
échantillons de sédiments et des données
sur la colonne d´eau à des fins d´études de
toxicologie. Au début de juin, le navire s´est rendu
sur la côte sud de Terre-Neuve pour commencer son
programme de cartographie annuel. Après une
brève mission géoscientifique dans la baie
Notre Dame, le navire est parti pour la côte du
Labrador afin de poursuivre ses relevés
hydrographiques jusqu´au début d´octobre. Après
avoir embarqué du matériel de
géophysique à l´IOB, le navire est parti
entreprendre un relevé géoscientifique
près de Rustico (Île-du-Prince-Édouard).
Sa campagne s´est terminée à l´IOB le 2
novembre.
NGCC J.L.Hart, NGCC Navicula, NGCC
Opilio et NGCC Pandalus III
La Région des Maritimes du MPO exploite aussi
plusieurs petits chalutiers de recherche halieutique
côtière. Ces navires sont utilisés par de
nombreux scientifiques dans le cadre d´une multitude de
programmes scientifiques, allant des évaluations de
stock, aux études sur le poisson et sur l´habitat, et
aux relevés de géophysique. Le NGCC
J.L.Hart (20 m), qui est rattaché à la
Station biologique de St. Andrews, a passé le plus
clair de la campagne 2001 à appuyer des programmes de
recherche dans la baie de Fundy. Le NGCC Opilio (18
m), qui a son port d´attache à Shippagan
(Nouveau-Brunswick) a été utilisé par le
personnel du Centre des pêches du Golfe pour effectuer
des recherches dans le détroit de Northumberland et
dans la baie des Chaleurs. Le NGCC Navicula (20 m) a
quant à lui servi de base à un programme de
recherche halieutique réalisé en
coopération par le MPO et des Premières nations
dans le lac Bras d´Or; il a aussi appuyé d´autres
programmes d´étude sur le poisson et l´habitat dans
d´autres zones côtières de la
Nouvelle-Écosse (baie de Fundy et Cap-Breton). Enfin,
le NGCC Pandalus III (13 m), qui est basé
à la Station biologique de St. Andrews, a
effectué de nombreuses missions quotidiennes dans les
eaux locales tout au long de l´année.
Partenariat entre les Premières nations et les
Directions des Sciences ainsi que des Océans et de
l´Environnement du MPO
- K. Paul, R. Lavoie et T. L. Marshall

La décision Marshall de 1999 a occasionné des
changements importants dans la pêche en Atlantique et
dans les relations entre le MPO et les Premières
nations. Pour leur part, les Sciences du MPO collaborent
depuis longtemps avec les Premières nations. En 2001,
cette collaboration s´est intensifiée, en particulier
sur l´île du Cap-Breton.
La Eskasoni Fish and Wildlife Commission (EF&WC) se
trouve dans la communauté Mi´kmaw d´Eskasoni, en
Nouvelle-Écosse, sur les bords du lac Bras d´Or. La
EF&WC est un organisme sans but lucratif
géré par des Autochtones, qui traite des
questions environnementales et scientifiques touchant
l´ensemble du bassin hydrographique du lac Bras d´Or. Au
cours de la dernière décennie, la EF&WC a
établi de bonnes relations de travail avec les
scientifiques du MPO à l´IOB et a collaboré
avec eux dans divers dossiers concernant l´état de
santé de l´écosystème du lac Bras d´Or,
à commencer notamment par des analyses de l´eau et des
études sur la pêche.
Au début des années 1960, la Station
d´ostréiculture de Gillis Cove a été
créée dans le but d´étudier la
reproduction de l´huître américaine et
d´élaborer des méthodes de culture
d´huîtres de grande qualité, depuis le stade de
naissain à celui d´huître de taille commerciale.
Depuis le milieu des années 1990, un projet commun
dirigé par un biologiste autochtone a
été lancé à partir de la Station
pour expérimenter de nouvelles techniques et former de
jeunes Autochtones à la production de naissain
d´huître.
Avec la coopération de l´Union of Nova Scotia Indians,
la EF&WC a récemment créé l´Institut
de ressources naturelles Unama´ki (IRNU), qui est
chargé des questions environnementales et des
débouchés scientifiques pour les
communautés autochtones de la Nouvelle-Écosse.
Le MPO et l´UINR ont signé un protocole d´entente pour
l´utilisation du navire scientifique de la GCC Navicula
à des fins de collecte de données, de
collaboration à des recherches scientifiques, de
formation réciproque d´employés du MPO et de la
EF&WC, de partage des laboratoires, d´échanges de
personnel et de partage d´information au sujet de
l´écosystème du lac Bras d´Or. Un
deuxième protocole d´entente est prêt à
être signé en 2002.
Charlie Joe Dennis reçoit du sous-ministre des
Pêches et des Océans un certificat de
reconnaissance pour son travail d´envergure dans le domaine
de la préservation et de la mise en valeur des
ressources naturelles renouvelables du lac Bras d´Or. De
gauche à droite, Kenneth Paul, Diana Denny,
René Lavoie, Charlie Joe Dennis, Shelley Denny et Mike
Sinclair- photo de George Paul.
La Direction des sciences du MPO a lancé un projet sur
les sciences dans la gestion intégrée du lac
Bras d´Or (SIMBOL) afin de donner suite aux
préoccupations exprimées par les intervenants
à un atelier sur l´écosystème du lac
Bras d´Or, ayant eu lieu au Collège de la Garde
côtière canadienne en octobre 1999. On trouvera
ailleurs dans le présent document un article plus
détaillé sur le projet SIMBOL, mais on peut
déjà signaler les résultats suivants
obtenus dans le cadre de ce projet, qui en est à sa
deuxième année d´existence :
-
sauvetage des données historiques;
-
cartographie de l´habitat benthique;
-
mouillage d´instruments pour observer les
phénomènes hivernaux;
-
extraction de données satellitaires;
-
surveillance de la qualité de l´eau par le MPO et
Environnement Canada;
-
levés sur la distribution du crabe vert;
-
collecte de données au moyen de CASI (imageur
spectrographique compact aéroporté).
Réunion d´un cercle de parole entre les sages des
Premières nations, des scientifiques et des
gestionnaires du MPO, des membres de la Eskasoni Fish and
Wildlife Commission et des représentants
d´Environnement Canada au centre culturel de Wagmatcook, sur
l´île du Cap-Breton, le 23 mai 2001- photo de George
Paul.
Au cours de l´hiver 2000 et du printemps 2001, les directions
régionales des Sciences ainsi que des Océans et
de l´Environnement du MPO ont, de concert avec la
Première nation Eskasoni, organisé diverses
réunions, dont des séances de sensibilisation
à la culture Mi´kmaw pour le personnel de l´IOB. En
mai 2001, une réunion au centre culturel de Wagmatcook
a abouti à un vaste " cercle de la parole "entre des
représentants du MPO et d´Environnement Canada, et des
sages Mi´kmaw. Cette rencontre de paix et d´amitié se
voulait un premier pas vers l´intégration de la
connaissance traditionnelle des Mi´kmaw aux sciences du MPO.
Chaque Première nation de Chapel Island, Membertou,
Waycobah, Eskasoni et Wagmatcook, au Cap-Breton,
s´intéresse aussi particulièrement à la
situation critique du saumon de l´Atlantique et chacune a
contribué en partenariat aux activités
d´évaluation du saumon réalisées par le
passé. En 2001, La Première nation de
Wagmatcook a continué à prendre part aux
relevés sur le saumon juvénile dans les
rivières Middle et Baddeck. Toutefois, cette
année-là, elle n´a pu prendre part comme
à l´accoutumée aux relevés d´automne
à la nage sur le saumon adulte, en raison des basses
eaux.
Au Centre de biodiversité de Mactaquac, au
Nouveau-Brunswick, trois Autochtones de la Première
nation de Kingsclear diplômés du programme
d´aquaculture du collège communautaire de St. Andrews
ont poursuivi leur programme d´apprentissage. La
Première nation de St. Mary´s a aussi continué
à participer à la formation d´un
aide-technicien en aquaculture, tandis que la Première
nation d´Oromocto a contribué à d´importantes
opérations de marquage du saumon juvénile. Les
Premières nations de Kingsclear et d´Oromocto ont,
quant à elles, aidé à l´installation et
à l´exploitation d´une barrière de
dénombrement du saumon adulte de la rivière
Nashwaak.
Des employés des pêches de la Première
nation d´Oromocto font une pause durant l´installation d´une
barrière portable destinée à la capture
de saumons de l´Atlantique adultes - photo de Ross Jones.
En été 2001, les communautés suivantes
de la rivière Saint-Jean ont participé à
des relevés du saumon juvénile par
électropêche :
-
Première nation d´Oromocto dans la Nashwaak et au
sud de cette dernière;
-
Première nation de Woodstock dans les tributaires
alentour des rivières Woodstock et Big Salmon;
-
Première nation Malécite dans la
rivière Tobique et au nord de cette dernière.
Également en 2001, les Premières nations de
Woodstock et de Kingsclear ont contribué à des
activités de recherche et de surveillance concernant
la population de saumon de l´Atlantique de la rivière
Big Salmon, qui est "en péril". Les Premières
nations d´Oromocto et de Fort Folly ont pris part à
des opérations de surveillance des saumoneaux dans les
rivières Nashwaak et Petitcodiac, respectivement. Les
Premières nations se sont définitivement
engagées à assurer des activités de
surveillance et de recherche du saumon de l´Atlantique en
2002 dans plusieurs rivières avoisinantes de
l´arrière-baie de Fundy.
Autres initiatives accueillies par l´IOB en 2001 :
-
Deux stagiaires (l´un de Membertou qui travaillait pour le
compte de la Eskasoni Fish and Wildlife Commission et
l´autre de la bande Acadia travaillant maintenant comme
coordonnateur des pêches pour cette bande) ont
reçu une formation en aquaculture, en technique
d´échantillonnage en mer et en organisation de
conférences.
-
Un étudiant de la Première nation de
Gwitchin, au Yukon, a été embauché
l´été pour s´occuper de divers projets
d´aquaculture.
-
Encadré par un scientifique du MPO, un biologiste
d´Eskasoni a réalisé un projet sur la
prédation des huîtres dans le laboratoire des
poissons.
-
Des conseils scientifiques ont été fournis
sur place à Eskasoni ainsi qu´à l´IOB sur
plusieurs projets concernant les mollusques et
l´aquaculture.
-
En juillet et août, un étudiant de la
Première nation d´Oromocto embauché pour
l´été a travaillé à l´IOB sur
des projets concernant le homard et le poisson
juvénile.
La recherche coopérative et l´intégration de la
connaissance traditionnelle aux sciences dans un esprit de
paix et d´amitié continueront d´être
prioritaires à l´IOB et à Mactaquac.
Interactions entre les activités
pétrolières et gazières
extracôtières et le milieu marin
- Peter Cranford, Shelley Armsworthy, Kenneth Lee, Tim
Milligan, Kee Muschenheim (Division des sciences du milieu
marin [MPO]), Charles Hannah, John Loder (Division des
sciences océanologiques[MPO]), Michael Li, Gary
Sonnichsen et Edward King (Commission géologique du
Canada - Atlantique [RNCan])
Les activités pétrolières et
gazières au large de la côte est du Canada se
sont considérablement accrues au cours de la
dernière décennie et elles s´étendent
maintenant aux petits fonds côtiers ainsi qu´aux eaux
profondes du talus continental (figure 1). Ces
activités sont susceptibles d´être grandement
influencées par des facteurs environnementaux comme la
glace, les vagues, les courants ainsi que la structure et la
stabilité du fond marin. À leur tour, elles
risquent d´avoir des effets sur l´environnement. Le MPO et
RNCan ont donc entrepris un programme de recherche,
appuyé en grande partie par le Programme
[fédéral] de recherche et de
développement énergétiques, afin
d´étudier les effets possibles des rejets dans
l´environnement et les facteurs environnementaux qui influent
sur les activités pétrolières et
gazières.
Figure 1. Carte de l´est du plateau continental canadien
indiquant les endroits qui ont fait l´objet de licences
d´exploration et de production pétrolières et
gazières.
Les effets environnementaux éventuels associés
à l´exposition des organismes marins à de
faibles niveaux de déchets d´exploitation sont un
souci constant. On est surtout préoccupé par
les déchets de forage (boues de forage usées et
déblais de forage des puits) pendant les
opérations d´exploration et de mise en valeur, mais il
faut savoir aussi que l´eau produite recouvrée dans
les strates contenant des hydrocarbures représente le
plus grand volume de déchets
généré pendant la production. L´eau
produite peut contenir de fortes concentrations de
métaux, de nutriants, de radionucléides et
d´hydrocarbures, ainsi que des quantités infimes
d´agents chimiques. C´est pourquoi le MPO a lancé un
programme de recherche multidisciplinaire, afin
d´étudier les voies de cheminement dans
l´environnement, le taux de transport, le devenir ultime et
les effets des déchets de forage et de production.
La floculation (formation de grosses particules par
agglomération de particules fines) et l´adsorption
superficielle (l´adhésion de particules fines à
de plus grosses particules ou à des gouttelettes) sont
des phénomènes importants dans le transport des
matières dans l´océan. D´après des
études de laboratoire sur le comportement des fines
particules des déchets de forage dans l´eau de mer, la
floculation pourrait provoquer le transport rapide de ces
matières vers le fond marin. Voilà qui
contredit l´opinion antérieure selon laquelle ces
particules se déposent trop lentement pour s´accumuler
en concentrations susceptibles d´avoir des effets sur les
organismes benthiques. Bien qu´on puisse s´attendre à
ce que les contaminants dissous se diluent rapidement dans
l´eau de mer pour aboutir à des concentrations
inoffensives, on a observé des métaux
potentiellement toxiques de l´eau produite passer de
l´état dissous à des formes particulaires, qui
se précipitaient rapidement. Des études ont
aussi révélé que des gouttelettes
flottantes de pétrole dans l´eau produite pouvaient
emprisonner des particules à leur surface. Ces
études démontrent l´importance des
phénomènes d´agrégation, qui agissent
comma intermédiares dans le transport rapide des
contaminants à la fois à la mince couche de
surface et au fond marin (figure 2). De nouvelles
méthodes d´échantillonnage ont
été élaborées à l´IOB dans
le but d´étudier la dispersion des déchets
alentour des plates-formes de forage. Leur application a
révélé que de fortes concentrations de
déchets de forage existent à l´occasion sur le
fond marin et au-dessus de celui-ci aux environs des
plates-formes. Toutefois, elles semblent être
transitoires (sur une période allant de quelques jours
à quelques mois), les déchets finissant par
être dispersés par les courants et les vagues.
Figure 2. Principaux phénomènes
régissant le devenir environnemental des
déchets des activités de forage et de
production du pétrole et du gaz extracôtiers.
À la lumière de ces nouvelles connaissances sur
le devenir des déchets rejetés, on a entrepris
de nouvelles études de laboratoire pour évaluer
les effets possibles de ces rejets sur certains organismes
marins. Le pétoncle se nourrit de particules dans une
zone située immédiatement au-dessus du fond
marin - la couche limite de la zone benthique - où les
déchets peuvent s´accumuler. L´exposition à
divers déchets de forage a révélé
que d´importants effets biologiques peuvent résulter
de la présence de concentrations de déchets
plus basses que celles qui avaient été
établies dans les essais réalisés sur
d´autres espèces. Les effets observés sur la
croissance et la reproduction n´ont pas été
causés par la toxicité des déchets, mais
résultaient du fait que les fines particules des
déchets nuisaient à la capacité des
animaux de se nourrir. On effectue actuellement des
recherches pour déterminer s´il serait utile de placer
des pétoncles en cage alentour des plates-formes de
forage afin de vérifier les observations
effectuées en laboratoire et de surveiller les effets
produits sur les lieux de forage extracôtiers. Des
biotests de laboratoire réalisés avec de l´eau
produite venant du plateau néo-écossais ont
montré que la toxicité de l´eau produite
était modifiée par suite des transformations
chimiques qui s´opèrent après son rejet. La
toxicité était associée à la fois
aux fractions dissoutes et aux fractions particulaires. Il
ressort d´études préliminaires que les
composantes chimiques de l´eau produite, comme les nutriants
inorganiques et les hydrocarbures, pourraient stimuler la
production primaire et/ou induire des transformations dans
les communautés microbiennes des eaux
extracôtières.
Pour déterminer les trajectoires et la dispersion
éventuelles des déchets d´exploitation sur les
lieux de forage, on a inclus dans le programme de recherche
une description quantitative du milieu physique. Des
données de courantomètre ont servi à
élaborer des modèles tridimensionnels
polyvalents de la circulation dans l´est du plateau
continental canadien. Un modèle de transport dans la
couche limite de la zone benthique a aussi été
élaboré à partir de l´information sur
les courants, les contraintes du fond et la vitesse de
sédimentation des boues de forage, dans le but de
déterminer le devenir des déchets
rejetés. On a intégré les
prédictions des modèles aux résultats
des études biologiques et chimiques afin
d´évaluer le risque d´effets environnementaux
découlant des activités de mise en valeur du
pétrole et du gaz extracôtiers. On a
récemment modifié la modélisation pour y
inclure une meilleure représentation des effets
combinés des courants et des vagues sur le devenir des
déchets de forage, en y ajoutant également un
modèle simple des phénomènes de
floculation et de fractionnement, permettant de corriger les
taux de sédimentation en fonction des conditions
locales du milieu. On évalue actuellement la
fiabilité des modèles, notamment par des
comparaisons avec les observations de l´industrie sur la
distribution des déchets.
Figure 3. Image de relevés multifaisceaux
révélant les récifs sablonneux et les
transects (traits blancs) du banc de l´île de Sable sur
lesquels sont mouillés les instruments. Le trait noir
représente une portion du gazoduc qui traverse la
région.
La présence de risques naturels sur le fond marin
constitue une autre grande préoccupation
environnementale. Ces risques découlent notamment de
problèmes dans la composition du sous-sol (p. ex.
faibles strates sédimentaires, ruptures de masse,
réserves de gaz peu profondes, failles et till
pierreux) et de phénomènes géologiques
qui peuvent agir sur la stabilité du fond marin (p.
ex. transport de sédiments, érosion et
affouillement du plancher océanique dû aux
icebergs). Il est essentiel de posséder une
connaissance détaillée de ces
phénomènes et problèmes qui influent sur
la stabilité du fond marin pour établir les
trajets des pipelines, choisir les sites de forage, en
arriver à une conception technique sûre et
économique, et protéger les structures et le
milieu extracôtiers. Le prélèvement de
carottes et d´échantillons géologiques, les
relevés de géophysique et les relevés
multifaisceaux, les mesures du transport des sédiments
et la modélisation sont autant de moyens
utilisés pour évaluer la nature de
l´instabilité du fond marin et les
phénomènes géologiques qui posent des
contraintes à la mise en valeur des hydrocarbures
extracôtiers.
On a mouillé des instruments d´avant-garde
sur le banc de l´île de Sable afin de mesurer
l´intensité du courant, l´affouillement du fond, le
transport des sédiments et la mobilité des
ondulations du fond de petite à moyenne envergure
durant les tempêtes. En même temps, on a
procédé à une succession de
relevés par balayage latéral et de
relevés multifaisceaux, dans le but de comprendre la
morphologie, les phénomènes de transport des
sédiments et la migration des récifs sablonneux
(figure 3). Des études géologiques ont permis
de constituer une base de données
détaillées sur les caractéristiques des
sédiments superficiels et subsuperficiels du banc de
l´île de Sable. Les événements glaciaires
du passé et les changements connexes dans le niveau de
la mer ont donné naissance à un ensemble
complexe de structures d´argile et de sable marins sur les
petits fonds. Les réserves de gaz peu profondes se
manifestent sous forme de petites poches ou de zones
étendues, et elles tendent à se concentrer dans
des contextes géologiques donnés. On a
constaté que les phénomènes de rupture
sédimentaire de masse étaient rares, sauf sur
l´extérieur du talus.
L´étude de l´affouillement par les icebergs s´est
concentrée sur la partie nord-est des Grands Bancs.
Une base de données qui recense près de 6 000
caractéristiques d´affouillement (distribution,
dimensions et fréquence) a été
constituée. On a cherché à documenter
les effets de l´affouillement par les icebergs sur le fond
marin et à comprendre les phénomènes
connexes ainsi que les taux de dégradation due
à l´affouillement. Neuf sites ont donc
été étudiés au moyen d´un sonar
à balayage latéral, d´un sondeur de
sédiments, d´un véhicule
télécommandé et de caméras
remorquées. Les relevés effectués
permettent d´établir l´historique des incidences des
icebergs et fournissent un ensemble de données
exhaustif et unique.
Les travaux effectués à l´IOB sur ces sujets et
sur d´autres facteurs environnementaux comme la glace marine
et les vagues, nous permettent de mieux traiter des questions
environnementales soulevées par nos clients dans le
domaine des activités pétrolières et
gazières extracôtières. Les connaissances
obtenues sont à la base des divers codes, normes,
règlements et avis. Elles ont pour but de
réduire les coûts de ces activités pour
l´industrie tout en protégeant de leurs effets le
public, les travailleurs et l´environnement.
Le Gully ou passage de l´île de Sable
- Jason Naug
Le passage de l´île de Sable (le Gully) est le plus
vaste canyon sous-marin de l´est du sous-continent
nord-américain. Ces dernières années,
ses caractéristiques écologiques ont
attiré l´attention de divers organismes
gouvernementaux et non gouvernementaux. La Division de la
gestion côtière et des océans (DGCO) a
entrepris d´évaluer ces caractéristiques et les
besoins connexes en matière de conservation et de
gestion par rapport aux critères du Programme des
zones de protection marines (ZPM) du MPO. Son travail
s´appuie sur des études scientifiques approfondies de
l´écosystème du Gully.
Milieu physique
Le Gully, qui coupe le banc de l´île de Sable et le
Banquereau, est situé à environ 200 km au
sud-est de la Nouvelle-Écosse. Il peut être
divisé en deux grandes zones : la dépression et
le canyon. La dépression se caractérise par un
large bassin (30 km x 70 km) relativement peu profond,
situé du côté nord du Gully et reliant ce
dernier à l´intérieur du plateau. Le canyon,
lui, est plus étroit (10 km x 40 km) et s´étend
jusqu´au talus continental; il se caractérise par de
fortes pentes et une profondeur de plus de 2 km à son
embouchure. Une bonne partie des caractéristiques
physiques du Gully ont une grande influence sur la
circulation locale, sur les flux de matières
nutritives, sur la dynamique des sédiments ainsi que
sur la distribution et la structure des communautés
biologiques, qui regroupent une grande diversité
d´espèces. On trouve en effet dans ces
communautés des coraux et des poissons des grands et
petits fonds, des oiseaux de mer pélagiques et 13
espèces de baleines et de dauphins, y compris une
population importante et vulnérable de baleines
à bec communes.
Bathymétrie multifaisceaux du Gully (par G.B. J. Fader
et J. Strang, en association avec la Commission
géologique du Canada, Ressources naturelles Canada, le
Service hydrographique du Canada, la Direction des
océans et de l´environnement du MPO et l´industrie des
hydrocarbures extracôtiers).
Programme des zones de protection marines du MPO
En 1998, le MPO a produit une stratégie de
conservation du Gully, qui était fondée sur un
examen de l´état actuel des connaissances
scientifiques, sur une description des questions de
conservation et sur les points de vue des intervenants
concernés. Cette stratégie a pour but de "
conserver et protéger la diversité biologique
naturelle et l´intégrité de
l´écosystème du Gully pour assurer la bonne
santé de cet écosystème à long
terme et son utilisation durable ". La stratégie de
conservation comprenait une recommandation visant à
désigner le Gully (d´une superficie d´environ 1 850
km²) zone d´intérêt dans le cadre du
Programme des zones de protection marines (ZPM)
découlant de la Loi sur les océans.
L´évaluation du Gully comme ZPM éventuelle
exige que le MPO et les gens qui oeuvrent dans le secteur des
océans travaillent ensemble au processus de
planification multiphases décrit dans une
ébauche de cadre national pour l´établissement
des ZPM publiée en 1998 par le MPO.
La désignation comme ZPM en vertu de la Loi sur les
océans du Canada est le but ultime visé pour
cet intéressant lieu marin. Les approches canadiennes
en matière de création de ZPM en haute mer
restent expérimentales et inéprouvées.
À cet égard, le projet concernant le Gully
représente une expérience éducative
unique pour le MPO, les autres organes de
réglementation, les industries maritimes, les
chercheurs et les organisations non gouvernementales (ONG).
Activités de gestion
Pour déterminer si le Gully peut être
désigné zone d´intérêt dans le
cadre du Programme des zones de protection marines, la DGCO a
entrepris un certain nombre d´activités, dont les
suivantes :
-
Participation des intervenants : Jusqu´ici, de
nombreux et divers intervenants dont les
intérêts ou les activités sont
liés au Gully ont été
mobilisés. Cela comprend des ministères et
organismes fédéraux et provinciaux, des
secteurs de l´industrie comme ceux des hydrocarbures et de
la pêche, les Premières nations, les milieux
universitaires, des ONG et le public. On a sollicité
de nombreux intervenants pour obtenir une bonne
participation et une protection durable.
-
Évaluation du profil socio-économique du
Gully : Une évaluation des ressources du Gully
et des activités dont il est le siège est en
cours. Les secteurs des ressources visés par
l´analyse sont ceux de la pêche, de l´exploration et
de la mise en valeur du pétrole et du gaz, de la
conservation, de la recherche et de l´éducation, du
transport, du tourisme et des travaux miniers sous-marins
ainsi que la Défense nationale et la Garde
côtière. On procède aussi à une
évaluation de composantes écologiques
importantes comme les mammifères marins et les
coraux des grands fonds.
-
Mesures de protection provisoires : Depuis qu´on a
annoncé que le Gully pourrait être
désigné zone d´intérêt, le MPO a
mis en place des mesures de protection provisoires visant
notamment à limiter les nouvelles activités
dans cette zone. Il n´y aura pas de nouvelles pêches
dans le Gully et, avec la coopération de l´Office
Canada - Nouvelle-Écosse des hydrocarbures
extracôtiers, on y a interdit les activités
pétrolières et gazières. De plus, on a
surveillé continuellement les activités qui
se déroulent dans le Gully et alentour de celui-ci
et formulé des conseils de protection à
l´intention des législateurs et des utilisateurs.
-
Élaboration d´un plan de gestion du Gully. Un
plan de gestion est en cours d´élaboration. Il
résumera les activités de recherche
entreprises jusqu´ici, décrira les objectifs de
conservation, évaluera les principaux enjeux en
matière de conservation et formulera des
recommandations notamment au sujet des modalités
réglementaires à suivre pour la
désignation comme ZPM et la gestion de la zone. Ce
plan sera mis au point en 2002 avec la participation des
intéressés.
Activités scientifiques
À la recherche effectuée par
l´Université Dalhousie s´est ajouté un
programme d´activités scientifiques entrepris par la
Région des Maritimes du MPO et visant à fonder
scientifiquement les processus décisionnels de
planification et de gestion. En 1998, une équipe de
scientifiques du MPO, de Ressources naturelles Canada
(RNCan), du milieu universitaire et d´organismes non
gouvernementaux s´est réunie pour étudier
l´information existante et décrire
l´écosystème du Gully et de ses alentours ainsi
que toute caractéristique particulière. Les
grandes disciplines scientifiques étaient
représentées au sein de cette équipe et
leurs contributions ont été examinées
dans le cadre du Processus consultatif régional des
Maritimes. Un bon nombre des caractéristiques
importantes du Gully ont été cernées et
on a reconnu qu´il était nécessaire de
procéder à de plus amples recherches pour mieux
connaître et comprendre l´écosystème du
Gully.
En 1999, suite à cet examen, on a entrepris deux
années de recherches sur le Gully à l´IOB. Ces
recherches multidisciplinaires concernaient notamment la
bathymétrie multifaisceaux, la géologie, les
assemblages benthiques et les habitats, la biomasse et la
respiration de l´épifaune, la circulation
saisonnière et les courants de marée, le
brassage des marées, la chimie des nutriments, la
production saisonnière de plancton et l´abondance
saisonnière ainsi que la distribution des
communautés de plancton. Les résultats de ces
recherches ont été examinés à un
atelier tenu en mai 2001, qui a beaucoup contribué
à faire progresser la connaissance de
l´écosystème du Gully. Le compte rendu de cet
atelier sera publié au début de 2002. Par
ailleurs, les travaux se poursuivent en vue de comprendre les
interrelations entre les éléments de
l´écosystème et les incidences possibles des
activités anthropiques.
|
Sommaire
L´inclusion proposée du Gully dans le
Programme des ZPM du MPO est une reconnaissance des
importants phénomènes physiques et
communautés biologiques qu´on y trouve. La
désignation du Gully comme éventuelle ZPM
du large a pour but de gérer les divers aspects de
la protection de l´habitat benthique, des
mammifères marins et de la biodiversité et
constitue aussi pour le MPO et les autres intervenants
une expérience éducative. La DGCO contribue
au processus de désignation comme ZPM par la
mobilisation des intervenants, la surveillance et
l´évaluation des utilisations ainsi que la
planification de la gestion. Son travail a
été appuyé par les recherches
scientifiques effectuées par le personnel de l´IOB
et a été l´occasion d´une collaboration
multidisciplinaire entre les scientifiques, les
planificateurs du milieu marin et les gestionnaires. La
recherche sur ce vaste écosystème a
élargi nos connaissances scientifiques sur les
grands fonds océaniques et nous a donné une
base pour la gestion de cette zone.
|
Recherches sur le lac Bras d´Or - SIMBOL (Science for
Integrated Management of the Bras d´Or Lakes [les sciences au
service de la gestion intégrée du lac Bras
d´Or])
- Gary Bugden, Ed Horne et Brian Petrie (Sciences
océanologiques [MPO]), Tim Lambert (Poissons de mer
[MPO]), Barry Hargrave, Tim Milligan, Peter Strain et Phil
Yeats (Sciences du milieu marin [MPO]), Ken Paul (Service
hydrographique du Canada [MPO]), David Piper, John Shaw et
Bob Taylor (Commission géologique du Canada [RNCan]),
Janice Raymond (Politiques et Économiques [MPO]), John
Tremblay (Invertébrés [MPO])
Le lac Bras d´Or, situé au centre du Cap-Breton, en
Nouvelle-Écosse, représente la dernière
mer intérieure d´eau salée quasi vierge de la
côte est de l´Amérique du Nord.
L´écosystème unique du lac Bras d´Or conserve
une bonne part de sa pureté originelle, mais il est de
plus en plus menacé par les besoins d´une population
locale croissante et du développement
économique. Il y a plusieurs années, il est
apparu qu´un effort coordonné était
nécessaire pour aider les intervenants
concernés et les autorités de
réglementation à s´entendre sur ce qui
constituait la meilleure combinaison possible des
impératifs de conservation, d´utilisation des
ressources durables et de développement
économique pour maintenir l´écosystème
du lac en bon état. En vertu de la Loi sur les
océans, le MPO fournit l´information
spécialisée, les avis scientifiques et
techniques ainsi que les études sur le milieu
côtier qui sont nécessaires à
l´élaboration de plans de gestion
intégrée.
Récupération d´un collecteur de
sédiments dans le lac Bras d´Or. Le collecteur a
été mouillé en position verticale sous
la surface de l´eau pendant environ six mois. Les petites
bouteilles visibles au bas du collecteur contiennent des
échantillons des particules précipitées
dans l´eau, qui est recueillie à des intervalles
prédéterminés.
Un des premier pas vers la définition de la recherche
scientifique nécessaire à la gestion
intégrée du lac a été fait en
mars 1996, lorsque les Premières nations du Cap-Breton
ont organisé un atelier sur la surveillance et la
recherche écologiques. Dans la foulée de cet
atelier, plusieurs petits programmes ont été
lancés à l´IOB. Toutefois, il était
apparent qu´un plus grand programme de recherche était
nécessaire. En octobre 1999, un second atelier a
défini les grands objectifs de recherche concernant le
lac. Un protocole d´entente entre le MPO et l´Institut de
ressources naturelles Unama´ki (une coentreprise de cinq
bandes Mi´kmaw du Cap-Breton) portant sur l´utilisation d´un
navire scientifique y a été signé. De
plus amples renseignements à ce sujet figurent dans
l´article intitulé Partenariat entre les
Premières nations et les Directions des Sciences ainsi
que des Océans et de l´Environnement du MPO, qui
figure dans les pages précédentes. Des
discussions subséquentes ont eu pour but principal de
définir les programmes scientifiques
nécessaires pour régler les questions mises en
évidence à l´atelier de 1999.
Image, obtenue par imageur spectrographique compact
aéroporté (CASI), d´une petite partie du lac
Bras d´Or montrant le tracé des limites des
caractéristiques sous-marines à des profondeurs
de 5-10 m. Ces caractéristiques seront
associées à des types d´habitat benthique
après vérification in situ et comparaison avec
les données du sonar multifaisceaux.
L´atelier a débouché sur la mise en œuvre
à l´IOB d´un certain nombre de programmes
multidisciplinaires faisant intervenir diverses divisions et
directions ainsi que des ministères gouvernementaux;
de nombreux autres sont en cours de planification. Parmi ces
programmes, citons une étude fondamentale de
l´écosystème, la cartographie de l´habitat
benthique, l´emploi d´un sonar multifaisceaux combiné
à la télédétection
aérienne et l´entretien d´un mouillage d´instruments
dans les plus grandes profondeurs du lac. L´étude sur
l´écosystème permet de comparer le lac Bras
d´Or et les écosystèmes du plateau continental
voisin, et de décrire le rythme et l´étendue
des cycles de production saisonniers ainsi que la
distribution et l´abondance des grandes populations du lac.
Le projet de cartographie délimitera les habitats
vulnérables et aidera à la planification des
futurs programmes d´échantillonnage. Le mouillage
d´instruments fournira des renseignements sur les
phénomènes physiques, chimiques et biologiques
qui se produisent en hiver et au début du printemps.
Autre projet intéressant, on prépare à
l´intention du public une monographie décrivant
l´océanographie du lac. Cette publication comprendra
des chapitres sur l´écologie du lac, sur les
invertébrés et sur la démographie des
populations avoisinantes. Elle comportera aussi des chapitres
sur les caractéristiques physiques, chimiques et
géologique du lac ainsi que sur sa morphologie
côtière.
Les eaux facilement accessibles du lac Bras d´Or
représentent un bon endroit où mettre en
application les méthodes et outils existants ainsi
qu´un excellent laboratoire naturel propice à des
recherches novatrices et à l´élaboration de
nouvelles techniques scientifiques. Parce que le lac est un
plan d´eau fermé, on peut mieux y maîtriser les
variables expérimentales que dans d´autres
régions. De plus, on y trouve un vaste éventail
de conditions, allant de forts courants accompagnés de
températures et de salinités océaniques
à des eaux saumâtres tranquilles.
À tous les ateliers sur l´écosystème du
lac Bras d´Or, les participants ont souhaité une plus
grande participation communautaire et la diffusion des
résultats de recherche au public. Dans chacun des
projets actuellement en cours, on s´efforce de faire appel
dans la mesure du possible à la communauté
locale, en particulier grâce à la
coopération avec l´Institut de ressources naturelles
Unama´ki et le River Denys Watershed Group.
Ces travaux de recherche, combinés à une bonne
gestion axée sur l´écosystème,
permettront aux générations futures de profiter
du caractère unique de l´écosystème du
lac Bras d´Or.
Effets des relevés multifaisceaux sur
l´efficacité de la pêche du pétoncle et
l´évaluation des stocks de pétoncle
- Ginette Robert et le Canadian Offshore Scallop Industry
Mapping Group¹
L´industrie de la pêche hauturière du
pétoncle a connu progressivement des changements ces
dernières années. Les techniques de sondage
multifaisceaux combinées au repérage par
satellite et à de meilleurs outils de surveillance des
stocks de pétoncle ont changé les façons
de travailler de cette industrie et de gérer la
ressource. L´efficacité de la pêche s´est accrue
et la gestion de la ressource est devenue plus pointue, les
connaissances sur la distribution des gisements de
pétoncle et sur l´habitat augmentant.
Les titulaires de permis de pêche hauturière du
pétoncle ont formé un groupe de cartographie,
le Canadian Offshore Scallop Industry Mapping Group (COSIMG),
qui comprend cinq des sept entreprises de pêche
hauturière. Le COSIMG s´est associé au Service
hydrographique du Canada et à la Commission
géologique du Canada pour cartographier, à
l´aide de la technologie de sondage multifaisceaux, les
secteurs d´intérêt commercial. Avec les
données obtenues, on a établi des cartes
bathymétriques tridimensionnelles, des cartes
géologiques et des cartes sédimentologiques des
zones de pêche commerciale du pétoncle.
Une carte hydrographique habituelle fournit peu de
renseignements autres que la profondeur à un
capitaine, qui aura peut-être aussi bon compte à
s´en remettre à sa connaissance personnelle de la
région. En revanche, une carte bathymétrique
tridimensionnelle permettra au capitaine d´éviter les
dangers du fond marin, de réduire la partie du fond
draguée et, par conséquent, de réduire
ainsi les prises accessoires d´espèces non
ciblées (figure 1).
Figure 1. À l´aide d´une carte bathymétrique
tridimensionnelle du banc Browns, un capitaine est capable de
changer de cap durant les traits pour éviter les fonds
accidentés et les obstacles qui pourraient endommager
ses engins.
Les changements opérés par l´industrie
grâce à cette initiative ont produit des
avantages importants. Les attitudes se sont modifiées
parmi les participants et les relations se sont
améliorées grâce aux rapports
professionnels plus étroits entre les scientifiques et
les gestionnaires des pêches.
L´application de la technologie de sondage multifaisceaux
s´est traduite par une augmentation importante de
l´efficacité, c´est-à-dire une réduction
de la quantité d´effort nécessaire pour
capturer chaque tonne de chairs de pétoncle. Le
tableau suivant illustre les autres avantages en ce qui
concerne l´efficacité et le milieu marin :
Avantages de l´imagerie multifaisceaux
Pour une tonne de chairs de pétoncle
|
Sans l´imagerie
|
Avec l´imagerie
|
Réduction
|
|
Effort de pêche
|
6,37 heures
|
2,41 heures
|
62 %
|
Pour un quota de pétoncle de 13 640 kilos
|
Avant l´imagerie
|
Avec l´imagerie
|
Réduction
|
|
Temps passé par l´engin sur le fond
|
162 heures
|
43 heures
|
73 %
|
|
Superficie draguée
|
1 176 km²
|
311 km²
|
74 %
|
|
Consommation de carburant
|
27 697 litres
|
17 545 litres
|
36 %
|
Comme les pétoncles croissent mieux sur certains types
de fond, on a établi des cartes à partir des
données de sondage multifaisceaux. Les effets de ces
nouvelles cartes sur la pêche du pétoncle
restent à être quantifiés, quoique leurs
avantages sur le déroulement de la pêche et la
conservation de l´habitat commencent à se faire
sentir.
Les figures 2 et 3 montrent les activités de
pêche sur le même gisement de pétoncle
à un an d´intervalle, soit avant et après la
production d´une carte sédimentologique. En 1999,
(figure 2) un pétonclier a effectué quatre
traits de 20 minutes, obtenant en moyenne 20 boisseaux de
pétoncles par trait. Une fois ces traits
superposés sur la carte sédimentologique, on
constate qu´ils passaient sur deux types de fond, dont un
seul représentait un habitat favorable au
pétoncle. Le capitaine ne savait pas que les parties
de ses traits effectuées dans les zones bleu-gris
clair signifiaient une perte de temps, un gaspillage de
carburant et un plus faible taux de prises.
Figure 2. Tracé de quatre traits de vingt minutes sur
un gisement de pétoncle en 1999.
Figure 3. Nouvelle carte du gisement de pétoncle dont
disposait le capitaine en 2000.
En 2000, à l´aide des nouvelles cartes (figure 3), le
capitaine a pu cibler uniquement l´habitat du pétoncle
et il a capturé 70 boisseaux de pétoncles en un
trait. Ce trait portait sur une plus petite partie du fond et
il s´est traduit par de plus faibles prises accidentelles
d´espèces non ciblées. Les cartes
géologiques peuvent aider à reconnaître
les habitats vulnérables que la flottille de
pétoncliers pourrait éviter.
La nouvelle technologie de cartographie sert aussi à
la gestion de la pêche du pétoncle et à
l´évaluation des stocks. Au lieu de gérer une
zone de pêche du pétoncle comme le banc Browns,
on pourra bientôt microgérer un gisement de
pétoncles. La gestion des stocks s´oriente vers une
définition à bien plus petite échelle de
la zone de distribution et de l´abondance de l´espèce.
Pour déterminer l´état d´un gisement de
pétoncle, on a besoin de programmes de surveillance
des prises et d´un plan d´échantillonnage
précis dans les relevés sur les stocks. Tandis
que les outils de surveillance sont en cours
d´élaboration, les relevés sur les stocks de
pétoncle sont nettement axés sur l´habitat du
pétoncle. Cet animal préfère les fonds
graveleux aux substrats de sable et de gravier
mélangés. Il peut être jusqu´à
cinq fois plus abondant sur des fonds de gravier que sur du
gravier associé à une fine couche de sable
(figure 4). En répartissant les traits du
relevé en fonction de l´habitat
préféré du pétoncle sur le banc
Browns, on a réduit le coefficient de variation du
nombre estimé de pétoncles par trait de 33 %
par rapport au résultat que donnait la formule
traditionnelle de répartition des traits.
Figure 4. Nombre de pétoncles par trait selon le type
de fond dans le relevé; le nombre est groupé
par intervalles de 5 mm de hauteur de coquille, (axe x).
¹Le Canadian Offshore Scallop Industry Mapping Group
(COSIMG) comprend les entreprises suivantes : Adams &
Knickle Limited, Clearwater Fine Foods Incorporated, Comeau´s
Sea Foods Limited, LaHave Seafoods Limited et Scotia Trawler
Equipment Limited.
Contribution de la Région des Maritimes de
Pêches et Océans Canada à la politique
nationale de gestion axée sur
l´écosystème
- Bob O´Boyle, Mike Sinclair et Faith Scattolon

Avec l´adoption de la Loi sur les océans, en
1997, le Canada est devenu un des premiers pays du monde
à se doter d´un instrument législatif
l´engageant dans une approche globale de protection et de
mise en valeur des eaux océaniques et
côtières. Au cours du siècle dernier, les
organismes participant à la gestion des océans
se sont occupés en général de
gérer une seule espèce ou une seule
activité. Trop souvent, la mise en valeur des
ressources s´est faite de manière indépendante
dans divers secteurs, sans qu´on tienne pleinement compte de
ses effets sociaux, économiques et environnementaux
directs et indirects à long terme. Les principes qui
guident la gestion des eaux océaniques et
côtières dans la Loi sur les
océans visent au contraire la gestion axée
sur l´écosystème, le développement
durable, une approche de précaution, la conservation,
la responsabilité partagée, la souplesse et
l´inclusivité.
Un des principaux défis qui se présente
à nous c´est d´appliquer l´approche
écosystémique envisagée dans la Loi
sur les océans à la réalité.
Depuis 1997, la Région des Maritimes du MPO a
été à l´avant-garde des initiatives
d´interprétation de la Loi sur les
océans et de mise en oeuvre de la " gestion
intégrée " des océans du Canada. La
première initiative importante a été une
conférence sur les enjeux de la gestion des
océans, tenue à Sydney (Nouvelle-Écosse)
en février 1999, à l´instigation de ce qui
était alors le Bureau de coordination de la Loi sur
les océans. À cette occasion, on prit
rapidement conscience de ce qui allait être
nécessaire pour mettre en oeuvre la Loi sur les
océans. Il faudrait établir des zones de
gestion des océans (ZGO), au sein desquelles toutes
les industries seraient régies par un ensemble commun
d´objectifs à l´échelle de
l´écosystème, parmi lesquels la conservation de
la biodiversité et de la productivité de
l´écosystème. De nouvelles structures
d´intendance allaient aussi devoir être établies
pour compléter celles qui existaient
déjà. Cette première conférence a
jeté les bases de nombreuses initiatives
subséquentes en matière de gestion
intégrée, à l´échelle tant
régionale que nationale.
La conférence de Sydney était axée sur
les nouvelles obligations du MPO dans la mise en oeuvre de la
Loi sur les océans, mais on reconnut qu´il
fallait ensuite approcher ceux dont la subsistance
dépend de l´océan. C´est pourquoi, en
août 1999, un atelier fut organisé à
Truro (Nouvelle-Écosse) pour discuter des
répercussions de la Loi sur les océans
sur l´industrie de la pêche. Des scientifiques et des
gestionnaires du MPO ainsi que des représentants des
gouvernements provinciaux, d´organisations non
gouvernementales (ONG) et de tous les secteurs de l´industrie
de la pêche discutèrent à cette occasion
des problèmes et questions à traiter et des
activités à entreprendre de concert pour mettre
en oeuvre la gestion intégrée. La
nécessité d´aborder le changement étape
par étape fut une des principales constatations de
l´atelier.
Les premières étapes ayant porté sur les
notions de gestion intégrée, le temps
était venu de définir en détail les
exigences scientifiques connexes. Dans l´ensemble du pays,
divers projets avaient déjà vu le jour, qui
visaient à élaborer et à mettre à
l´essai les approches découlant de la Loi sur les
océans. C´est ainsi qu´avait été
lancé, en 1998, le projet de gestion
intégrée de l´est du plateau
néo-écossais (ESSIM). Il s´agissait de la
première initiative de gestion intégrée
dans le secteur extracôtier qui découlait de la
Loi sur les océans. En juin 2000, on organisa à
l´IOB un atelier scientifique dans le but de discuter des
objectifs, indicateurs et points de référence
qui guideraient les mesures de conservation associées
au projet ESSIM. Des experts d´Australie et des
États-Unis, deux nations qui cherchent activement
à mettre en oeuvre une approche axée sur
l´écosystème dans la gestion des ressources
marines, y furent invités. L´atelier permit d´amorcer
un dialogue scientifique sur les exigences techniques de la
gestion intégrée.
Un des principaux résultats de l´atelier ESSIM a
été l´élaboration d´un cadre de
référence pour l´établissement
d´objectifs de conservation qui n´existaient pas à
l´échelle nationale. Les objectifs fixés dans
la Région des Maritimes étaient, estimait-on,
susceptibles d´être appliqués aussi à
l´échelle nationale. C´est pourquoi, en juin 2000,
l´approche de gestion intégrée
élaborée à l´atelier ESSIM fut
présentée au Comité des politiques
nationales du MPO. Le Comité entérina
l´approche proposée et chargea un groupe de travail
national de traduire les objectifs conceptuels (par exemple,
conservation de la diversité des
écosystèmes océaniques du Canada) en
objectifs opérationnels. On organisa un atelier
national de scientifiques et de gestionnaires du MPO à
Sidney (C.-B.), dans le but d´explorer davantage les
objectifs de conservation associés à une
approche écosystémique et de discuter de leur
mise en oeuvre. La Région des Maritimes du MPO
contribua à l´organisation et au déroulement de
cet atelier profitable, qui a jeté les bases de la
mise en oeuvre d´une gestion axée sur
l´écosystème dans tout le Canada. L´atelier en
question a confirmé qu´il était
nécessaire de conserver la diversité des
écosystèmes (à l´échelle de la
communauté biologique, des espèces et de la
population) et la productivité (à la base de la
chaîne trophique et au niveau des populations
liées du point de vue écologique et
ciblées par l´exploitation commerciale). Il a aussi
établi la nécessité de conserver les
propriétés physiques et chimiques de l´habitat
et a permis de trouver un moyen de traduire les objectifs sur
le plan opérationnel. Enfin, cet atelier a aussi
été une occasion d´étudier les moyens
d´intégrer les nombreux indicateurs et points de
référence de la gestion intégrée
dans un cadre d´évaluation global.
La Région des Maritimes du MPO a joué un
rôle influent dans l´avènement de la gestion
axée sur l´écosystème au Canada.
D´autres initiatives nationales, dans lesquelles les
scientifiques de la Région auront une part importante,
sont prévues pour faire avancer la mise en oeuvre des
dispositions de la Loi sur les océans. La
prochaine étape consistera à éprouver un
bon nombre des principes qui ont été
débattus. Dans la Région des Maritimes, cette
mise à l´épreuve sera axée sur le projet
ESSIM. L´expérience acquise dans le cadre de ce projet
et dans d´autres du même genre réalisés
ailleurs au pays permettra au Canada de se conformer
pleinement à l´esprit et aux objectifs de cet
instrument législatif véritablement unique
qu´est la Loi sur les océans du Canada.
Projets d´intendance de l´habitat de la Division de la
gestion de l´habitat
- Chad Ziai et Shayne McQuaid
La Politique de gestion de l´habitat a pour but d´obtenir un
gain net de la capacité de production de l´habitat du
poisson. En cherchant à atteindre cet objectif, la
Division de la gestion de l´habitat (DGH) continue d´appuyer
les projets d´intendance et de restauration de l´habitat.
Au cours de l´exercice 2000-2001, on a restauré
environ 225 000 m² d´habitat du poisson dans les
rivières de la Nouvelle-Écosse. Ces projets
d´amélioration de l´habitat ont été
réalisés par des groupes de gestion de bassin
hydrographique, avec l´avis de la DGH. Il s´agissait
notamment de projets concernant l´aménagement de
structures d´amélioration de l´habitat au sein de
cours d´eau, la stabilisation des berges, des programmes de
surveillance et d´amélioration de la qualité de
l´eau, l´élaboration de plans de gestion de bassin
hydrographique, des programmes d´éducation
communautaires et la replantation de la zone de protection
riveraine. Trois de ces projets d´intendance de l´habitat de
la DGH sont décrits ci-après.
Restauration de l´habitat - stabilisation des berges.
Projet de la rivière Salmon (Clare)
Le pH des cours d´eau du sud-ouest de la
Nouvelle-Écosse est extrêmement bas en raison
des précipitations acides. La situation est de plus
aggravée par le faible pouvoir tampon des formations
géologiques et des sols locaux. Les eaux acides
nuisent à la survie du poisson dans les réseaux
hydrographiques touchés. Par le passé, on a
entrepris des activités de neutralisation consistant
soit en des applications de chaux sur la glace hivernale,
soit au placement de réserves de chaux derrière
des structures de restauration installées au coeur des
cours d´eau. Ces méthodes ont connu des succès
variés. Leur principal inconvénient
réside dans le coût élevé de
l´approvisionnement en chaux et du transport de cette
dernière, dans la forte utilisation de main-d´oeuvre
nécessaire pour placer la chaux dans les cours d´eau
et dans la tendance qu´a cette dernière à
être emportée par l´eau en aval des lieux
visés.
La poussière de four à ciment (PFC), un
sous-produit de la fabrication du ciment, est
considérée depuis peu comme une solution de
rechange plausible à la chaux. La PFC est peu
coûteuse et, estime-t-on, efficace pour la
neutralisation des cours d´eau à des concentrations
aussi faibles que 7 parties par million. Les essais font
appel à l´utilisation d´une trémie
automatisée pour l´application de la PFC, ce qui
réduit grandement la main-d´oeuvre nécessaire.
LaFarge Canada a offert de fournir et de livrer les
quantités de PFC nécessaires à un
projet-pilote de neutralisation. Cette initiative du MPO a
été mise en oeuvre en partenariat avec d´autres
ministères gouvernementaux, des sociétés
privées, des associations de pêcheurs sportifs,
des organismes de développement, des
établissements d´enseignement et des groupes
communautaires. Elle servira à déterminer si
l´utilisation de la PFC est une option de chaulage viable et
si elle peut être adaptée à d´autres
endroits de la région où existent des
problèmes comparables.
Central Colchester Model Watershed Committee
Le travail du Central Colchester Model Watershed Committee
(CCMWC) est le premier modèle de gestion
entièrement intégrée d´un bassin
hydrographique lancé par la DGH en
Nouvelle-Écosse. Le CCMWC a été
créé en vue de mettre en œuvre une
approche holistique, ou écosystémique, à
la planification et à la gestion du bassin
hydrographique de la rivière Salmon. Ce comité
se compose de 22 partenaires, dont le MPO, d´autres
ministères gouvernementaux, des entreprises
privées, des organismes de développement, des
établissements d´enseignement, des
représentants de l´industrie forestière, des
Premières nations et des participants de la
communauté. Le CCMWC élabore actuellement un
plan de gestion du bassin hydrographique financé par
la Direction des Océans et de l´Environnement du MPO,
dans le cadre de son programme de gestion
intégrée des communautés
côtières. Ce plan de gestion déterminera
la valeur de toutes les ressources naturelles du bassin
hydrographique et leur utilisation actuelle, et il mettra en
évidence les cas d´utilisation inadéquate qui
sont source de pollution ou d´autres dégradations de
l´environnement. À partir de cette information, on
identifiera ensuite les intervenants et utilisateurs au sein
du bassin hydrographique et on déterminera comment ils
peuvent travailler en partenariat pour résoudre les
problèmes d´utilisation de la ressource. Ce projet du
CCMWC viendra compléter les mesures d´intendance des
bassins hydrographiques prises par le ministère de
l´Environnement et du Travail de la Nouvelle-Écosse et
pourra servir de modèle pour d´autres
communautés.
Surveillance et amélioration de la qualité de
l´eau.
Bassin Denys : Un projet pilote pour restaurer un bassin
hydrographique dans le lac Bras d´Or
Le bassin Denys a été choisi comme zone pilote
pour la mise en œuvre d´un projet de gestion de bassin
hydrographique. Ce projet a été lancé en
1997, à une époque où on
s´inquiétait de la qualité de l´eau dans le
bassin de la rivière Denys. Des gisements
d´huîtres avaient alors dû être
fermés, en partie pour cause de pollution par des
coliformes fécaux, dans ce qui avait toujours
été une des zones ostréicoles les plus
productives de la Nouvelle-Écosse.
Mise en valeur de l´habitat- structure d´aménagement
d´un seuil rocheux.
Divers programmes sont déjà en cours dans le
bassin Denys et d´autres sont prévus pour 2002. La
Eskasoni Fish and Wildlife Commission et Environnement Canada
exécutent un programme d´échantillonnage de
l´eau et un relevé des rives afin de déterminer
quelles sont les sources possibles de pollution dans le
bassin hydrographique. On a entrepris une étude pour
déterminer la valeur éventuelle des mollusques
que produiraient les zones fermées si elles
étaient réouvertes et on prévoit aussi
d´effectuer un relevé sur la ressource afin de
recueillir des données sur la chimie et les courants
dans le bassin. En 1999, on a commencé à
cartographier l´habitat du fond, activité qui se
poursuivra tout au long de 2002. Enfin, avec la collaboration
de la Georgia Pacific Corporation, on a entrepris de mettre
en place dans le ruisseau Big des structures
d´amélioration de l´habitat comme des seuils rocheux,
des piliers, des passages à gué et des
structures de stabilisation des berges.
Un grand nombre d´organisations et de groupes communautaires
sont engagés à l´égard du projet et de
son objectif à long terme, qui est de nettoyer le lac
Bras d´Or. Ce qui importe autant, c´est que le projet du
bassin Denys est un projet pilote qui produira des
expériences et des résultats susceptibles
d´être appliqués à d´autres initiatives
dans la région.
La Région des Maritimes du MPO et l´industrie du
pétrole et du gaz extracôtiers
- Julia McCleave
Depuis la décision de mettre à exécution
le Projet énergétique extracôtier de
l´île de Sable, les activités d´exploration et
de mise en valeur du pétrole et du gaz au large de la
Nouvelle-Écosse se sont considérablement
accrues. Le MPO joue un rôle important à la fois
dans la réglementation des activés
d´exploration et de mise en valeur du pétrole et du
gaz, ainsi que dans les recherches connexes à ces
activités. La Direction des Océans et de
l´Environnement est au MPO le principal organe chargé
de formuler des conseils dans le dossier du pétrole et
du gaz, mais il y a en réalité dans ce domaine
un véritable travail d´équipe de toutes les
directions et divisions appelées à traiter des
nombreuses facettes distinctes de cette industrie en
croissance.
Plusieurs projets d´exploration, de mise en valeur et
d´exportation par pipeline du pétrole et du gaz
extracôtiers sont actuellement soit en cours soit
à l´état de proposition en
Nouvelle-Écosse. Les activités d´exploration et
de mise en valeur du pétrole et du gaz ont
quadruplé de 2000 à 2001. En juin 2001, l´appel
d´offres concernant neuf parcelles extracôtières
s´est soldé par des soumissions totalisant plus de 527
millions de dollars. Les responsables du Projet
énergétique extracôtier de l´île de
Sable ont investi un milliard de dollars dans la phase II du
projet, au cours de laquelle trois nouvelles plates-formes
sans équipage viendront bientôt s´ajouter
à ses opérations. En février 2001,
PanCanadian Energy a annoncé qu´elle avait fait une
découverte importante de gaz après avoir
foré plusieurs puits d´exploration sous les champs
pétrolifères Panuke. La description du projet
de mise en valeur du gaz extracôtier Deep Panuke a
été soumise à l´Office Canada -
Nouvelle-Écosse des hydrocarbures extracôtiers
(OCNEHE) en juillet 2001. Ce projet, qui représente
des travaux de plus de deux milliards de dollars, est soumis
actuellement au processus d´examen environnemental et on
prévoit que la production commencera au premier
trimestre de 2005.
Le MPO joue un rôle important dans le processus de
réglementation de l´exploration et de la mise en
valeur du pétrole et du gaz. Un bon nombre des travaux
autorisés par l´OCNEHE doit faire l´objet d´une
évaluation environnementale. Le MPO examine une grande
partie de ces évaluations pour déterminer les
incidences des activités sur le poisson et l´habitat
du poisson, ainsi que sur la navigation. Tous les projets de
production dans la zone extracôtière sont
assujettis à la Loi canadienne sur la protection de
l´environnement (LCPE) et doivent faire l´objet soit
d´une étude approfondie, soit d´une étude par
un panel. Dans le cas de nombreux projets (comme celui de
Deep Panuke), le MPO est l´ "autorité responsable"
et prend part à tout le processus
réglementaire. Enfin, l´OCNEHE effectue parfois des
examens préalables par catégorie ou des
vérifications types afin de rationaliser le processus
réglementaire. Le MPO occupe une place importante dans
l´élaboration et l´examen des documents connexes.
Signature du protocole d´entente par Jim Dickey, OCNEHE, et
Neil Bellefontaine, MPO en juillet 2001.
Les scientifiques du MPO effectuent des recherches au sujet
des incidences de l´exploration et de la mise en valeur du
pétrole et du gaz; ils formulent aussi des avis dans
le cadre du processus réglementaire. Beaucoup reste
à faire dans ce domaine, par exemple en ce qui
concerne l´étude des incidences de l´activité
sismique sur le poisson et sur ses larves, la cartographie
des habitats du poisson vulnérables dans la zone
extracôtière et l´étude des incidences
des contaminants sur la biote marine. Les scientifiques de
l´IOB jouent également un grand rôle dans
l´étude des facteurs environnementaux, comme les
glaces marines, les vagues, les vents, les courants, la
stabilité du fond marin et les variations climatiques
de l´océan qui influent sur les activités
pétrolières et gazières
extracôtières.
Plusieurs groupes de travail et comités
s´intéressant aux activités
pétrolières et gazières ont
été récemment constitués à
l´IOB :
-
Le Science Advisory Committee on Offshore Petroleum
Activities (SACOPA) a été créé
pour coordonner les avis scientifiques et donner suite aux
questions relatives au pétrole et au gaz dans la
Région des Maritimes du MPO.
-
Le Atlantic Zone Science Advisory Committee for Oil and Gas
a été constitué pour assurer un
soutien scientifique en matière de pétrole et
de gaz dans les quatre Régions du MPO de la zone
Atlantique.
-
Le National Workshop Group on Oil and Gas (NWGOG) a
été formé récemment dans le but
d´élaborer et de recommander des lignes directrices,
des politiques et des approches communes, à
l´échelle nationale, pour aider le MPO à
assumer de manière efficace et uniforme les
responsabilités que lui confèrent la Loi
sur les pêches, la Loi sur les
océans et la LCPE en matière
d´exploration, de mise en valeur et de surveillance des
activités pétrolières et
gazières.
En juillet 2001, le MPO et l´OCNEHE ont signé un
protocole d´entente et un plan de travail. Le protocole
d´entente a pour but de faciliter et de promouvoir une bonne
gestion des activités et mesures liées à
l´industrie du pétrole et du gaz, de veiller à
la conservation et à la protection des espèces
de poisson et de leur habitat, de promouvoir la
biodiversité, de protéger le milieu marin et de
voir à la sécurité de la navigation.
Avec le plan de travail, il forme la base d´une collaboration
constructive entre le MPO et l´OCNEHE.
La croissance de l´industrie du pétrole et du gaz
extracôtiers représente une hausse importante de
la charge de travail, qui continuera à croître
en même temps que l´industrie. Le MPO s´attend à
recevoir de plus en plus de demandes de conseils et d´avis
d´expert de la part de l´OCNEHE et de l´industrie; il reste
donc un acteur de premier plan dans ce domaine.
Bureau des espèces aquatiques en péril -
Maritimes (BEAPM)
- Jerry Conway et John Loch
En 2001, le Bureau des espèces aquatiques en
péril a coordonné diverses initiatives dans le
cadre de l´Accord pancadien pour la protection des
espèces en péril et du Programme d´intendance
de l´habitat d´Environnement Canada, qui ont pour but d´aider
au rétablissement des espèces jugées en
danger d´extinction. L´accent a été mis
particulièrement sur la baleine franche boréale
de l´Atlantique et sur la tortue luth, qui ont toutes deux
été désignées comme
espèces en voie de disparition par le Comité
sur la situation des espèces en péril au Canada
(COSEPAC). Le Bureau des espèces aquatiques en
péril examine aussi la situation du saumon de
l´arrière-baie de Fundy et du corégone
atlantique, autres espèces jugées en voie de
disparition par le COSEPAC.
Pour mettre en œuvre ces initiatives, le BEAPM a
consulté les gouvernements provinciaux, les
intervenants et divers intéressés aux
États-Unis (dont le gouvernement
fédéral), car les habitudes migratoires de
certaines de ces espèces leur donnent un
caractère transfrontalier.
Réalisations
La baleine noire de l´Atlantique Nord est
considérée comme celle des grandes baleines du
monde qui est le plus en danger de disparition. Sa population
actuelle d´environ 300 animaux fréquente en
été les eaux du Canada atlantique, notamment de
la baie de Fundy et du bassin Roseway, sur le plateau
néo-écossais. La proximité de ces
baleines par rapport à la côte offre une
excellente occasion d´étudier les
caractéristiques de leur vie naturelle, dans le but de
mieux comprendre pourquoi la population de baleine noire n´a
pas retrouvé un niveau viable, malgré qu´elle
soit protégée à l´échelle
internationale depuis 1935.
Pêches et Océans Canada, en partenariat avec
Fonds mondial pour la nature (Canada), a réuni divers
intervenants et parties intéressées et les a
chargés d´élaborer le Plan canadien de
rétablissement de la baleine noire de l´Atlantique
Nord. Ce plan comporte 42 recommandations susceptibles de
mener au rétablissement éventuel de
l´espèce. Elles portent sur les collisions avec les
navires, l´empêtrement dans les engins de pêche,
les perturbations anthropiques, la dégradation de
l´habitat, la surveillance de la population et la recherche.
Dans la mesure du possible, les recommandations canadiennes
sont complémentaires au plan de rétablissement
établi par les États-Unis pour cette
espèce transfrontalière.
Pour coordonner le programme de rétablissement et
mettre en œuvre les recommandations proposées,
Pêches et Océans Canada, par
l´intermédiaire du Bureau des espèces
aquatiques en péril, a mis sur pied et financé
l´" Équipe de mise en œuvre du Plan canadien de
rétablissement de la baleine noire de l´Atlantique
Nord ". Cette équipe, constituée de
représentants des gouvernements fédéral
et provinciaux ainsi que de divers intervenants, a pour but
de cerner et de prioriser les activités
proposées, de les examiner, et de déterminer
quelles sont les ressources nécessaires à leur
exécution.
En 2001, les activités en question ont porté
essentiellement sur la réduction des effets des
collisions avec les navires et de l´empêtrement dans
les engins de pêche, ainsi que sur l´éducation
et la vulgarisation. Sous les auspices de l´Équipe de
mise en œuvre du Plan canadien de rétablissement
de la baleine noire, des groupes de travail sur les
collisions avec les navires et sur les engins de pêche
ont vu le jour. Les projets qu´ils ont élaborés
ont été financés en partie dans le cadre
du Programme d´intendance de l´habitat d´Environnement
Canada.
Réunion de l´Équipe de mise en oeuvre du Plan
canadien de rétablissement de la baleine noire de
l´Atlantique Nord, en novembre 2001.
Le groupe de travail sur les collisions avec les navires
s´est consacré aux changements qui pourraient
être apportés aux couloirs de navigation dans la
baie de Fundy, et il présentera une proposition
à ce sujet à la réunion de
l´Organisation maritime internationale qui aura lieu au
Royaume-Uni en 2002. De plus, le groupe de travail
étudie le rôle de la vitesse des navires comme
facteur contribuant à la mortalité des baleines
noires.
En collaboration avec des intervenants du milieu de la
pêche aux États-Unis, le groupe de travail sur
les engins de pêche a quant à lui
œuvré à l´apport de modifications aux
engins de pêche fixes, qui rendraient ces derniers
inoffensifs pour les baleines. Il fait aussi partie d´un
réseau consultatif sur les baleines, grâce
auquel l´industrie de la pêche pourra planifier ses
activités courantes en connaissant l´emplacement des
populations locales de baleines.
Pour faire écho à ces initiatives et à
d´autres mesures découlant de la stratégie de
rétablissement, un programme exhaustif
d´éducation et de vulgarisation a été
élaboré avec la participation d´organisations
non gouvernementales et d´intervenants divers. Le BEAPM a
produit une affiche sur la baleine noire de l´Atlantique
Nord dans le cadre du programme sur les espèces en
péril ainsi qu´une brochure permettant d´identifier
les espèces de mammifères marins et de tortues
de mer courantes dans la région.
Par ailleurs, un groupe de travail sur la tortue luth,
le Nova Scotia Leatherback Turtle Working Group (NSLTWG), a,
en collaboration avec le BEAMP et avec l´aide
financière du Programme d´intendance de
l´habitat d´Environnement Canada, poursuivi ses
programmes de vulgarisation auprès des
communautés. Cela s´est traduit par des visites sur
les quais de pêche et par la participation à
diverses manifestations communautaires dans le sud-ouest et
sur la côte est de la Nouvelle-Écosse ainsi
qu´au Cap-Breton, dans le but de sensibiliser les
communautés de pêcheurs à la tortue luth.
Le NSLTWG est aussi intervenu à trois reprises pour
aider des tortues luth en détresse. En août
2001, lors d´une première conférence
internationale sur la mise à contribution du savoir
des pêcheurs (Putting Fishers Knowledge to
Work), tenue à l´Université de
Colombie-Britannique, le NSLTWG a présenté un
mémoire décrivant sa méthodologie pour
l´établissement d´un réseau de pêcheurs
bénévoles qui recueilleraient des
données scientifiques.
En été 2001, en collaboration avec la Division
des poissons de mer de l´IOB, une équipe de
l´Université Dalhousie qui étudie la tortue
luth par télémétrie satellitaire a
apposé 13 étiquettes émettrices sur des
tortues luth le long du plateau néo-écossais.
Elle a étiqueté aussi bien des tortues
mâles que des tortues femelles et, pour la
première fois, des tortues du stade subadulte. Les
données rassemblées jusqu´ici ont
révélé un comportement de quête de
nourriture dans des régions disparates, y compris dans
le sud du chenal Laurentien et dans les eaux du large de New
York et du New Jersey. Des transmetteurs sensibles à
la profondeur installés sur trois tortues ont
recueilli des données qui contribueront à une
meilleure compréhension du comportement de
plongée des tortues luth aux hautes latitudes. Au
cours des deux dernières années, un total de 18
tortues a été marqué dans les eaux du
large de la Nouvelle-Écosse.
Gestion des utilisations multiples de l´océan dans la
zone extracôtière
- Jason Naug
Bien qu´on les ait considérés jusqu´ici comme
étant le domaine des secteurs de la pêche et de
l´industrie du transport maritime, les espaces
océaniques du Canada sont de plus en plus
partagés par un éventail croissant
d´utilisateurs, tandis que d´autres se profilent à
l´horizon. Ces nouvelles utilisations peuvent poser des
défis liés à l´occupation de l´espace
matériel et avoir des effets indirects sur la
qualité du milieu marin dont dépendent les
autres utilisateurs. La Division de la gestion
côtière et des océans (DGCO) de la
Région des Maritimes du MPO oeuvre à la gestion
des espaces océaniques et de leur utilisation en se
fondant sur les approches et principes de la Loi sur les
océans (1997) du Canada en ce qui concerne le
développement durable, la gestion
intégrée, le principe de précaution,
l´approche écosystémique et la collaboration.
Quoique tous ces principes et approches soient essentiels
pour équilibrer les considérations sociales,
économiques et environnementales, la gestion
intégrée et la collaboration posent des
défis particuliers, compte tenu de la
multiplicité des utilisations de nos océans.
Voici une description de certains des principaux utilisateurs
de la zone extracôtière, outre les industries de
la pêche et du transport maritime.
Plate-forme de forage près de l´île de Sable
(MPO).
Pétrole et gaz extracôtiers
L´exploration du pétrole et du gaz dans le secteur
extracôtier de la Nouvelle-Écosse a
progressé rapidement et donné naissance
à une industrie appelée à jouer un
rôle important dans l´économie de la
Nouvelle-Écosse. Entre 1967 et 1997, on a
procédé à des prospections sismiques sur
plus de 300 000 km et on a foré 173 puits
exploratoires, à un coût estimé à
4,6 milliards de dollars. Au cours de la dernière
décennie, les entreprises pétrolières
ont versé 1,5 milliard de dollars pour l´exploitation
de licences couvrant 78 132 km² de concessions sur le
plateau néo-écossais, soit une superficie
supérieure de 40 % à la masse terrestre de la
Nouvelle-Écosse. Les comptes rendus techniques
sommaires sur les découvertes importantes et sur les
découvertes exploitables évoquent un potentiel
d´environ 18 billions de mètres cubes de gaz naturel,
366 millions de barils de condensat et 707 millions de barils
de pétrole. Les activités de l´industrie du
pétrole et du gaz extracôtiers font appel
à l´utilisation de l´espace océanique et sont
susceptibles d´influer sur le milieu marin pendant les phases
d´exploration, de construction, de production et d´abandon.
Possibilité d´exploitation des minerais en mer
Compte tenu des occurrences connues de gîtes
minéraux sur le fond marin de la
Nouvelle-Écosse, on explore actuellement les
possibilités d´implantation d´une industrie des
minéraux extracôtiers. Il a été
établi que l´est du plateau néo-écossais
est riche en gisements de gros agrégats (sable et
gravier) et qu´il comporte notamment de vastes zones
contenant > 95 % de sable siliceux. Ces minéraux
sont recherchés de plus en plus en grande
quantité par des industries comme celle de la
construction routière, qui a des marchés
possibles dans le nord-est des États-Unis et dans tout
le Canada atlantique. On discute actuellement d´un programme
de gestion des minéraux extracôtiers qui
servirait à formuler des recommandations sur la mise
en valeur et la gestion des ressources minérales non
combustibles au large du Canada. Si nous n´en sommes encore
qu´aux stades de planification de l´implantation d´une
industrie des minéraux extracôtiers et du
régime de gestion connexe, il faudra néanmoins
traiter des questions relatives aux conflits dans
l´utilisation de l´espace marin, aux méthodes
d´extraction et aux mesures d´atténuation.
Câbles de télécommunication sous-marins
Les communications maritimes sont une des industries de la
technologie océanique qui connaît la plus grande
croissance dans le monde entier, en raison de la demande
engendrée par l´utilisation d´Internet et la
circulation des données des entreprises. À
l´heure actuelle, on compte environ 370 000 km de câble
à fibres optiques sur le fond marin,
représentant une valeur globale d´environ un billion
de dollars américains. Le fond marin du plateau
continental atlantique et de la zone économique
exclusive (ZEE) du Canada accueille de plus en plus de
câbles de télécommunication à
fibres optiques vers l´Europe et les États-Unis. Six
câbles sous-marins sont actuellement en service sur le
plateau néo-écossais, sans compter le
câble à fibres optiques transatlantique, d´une
valeur d´un milliard de dollars, reliant Boston
(É.-U.), Halifax (Canada), Dublin (Irlande) et
Liverpool (Angleterre). On compte aussi de nombreux
câbles qui ne sont pas en service et des câbles
internationaux qui traversent le plateau continental du
Canada atlantique et relient le nord-est des
États-Unis à l´Europe. Les câbles
sous-marins présents au large de la côte de la
Nouvelle-Écosse risquent à la fois d´avoir des
effets sur diverses industries et de subir les effets de ces
industries, comme celle de la pêche dont les engins
peuvent endommager les câbles ou être
endommagés par eux. L´interaction entre les
câbles et les engins de pêche est une question
qui revêt une importance croissante dans la
région.
Mouilleur de câbles sous-marins (MPO).
Conservation et protection
La conservation et la protection, y compris la
création de Zones de protection marine et d´autres
zones où les considérations de
productivité et de vulnérabilité ont
préséance sur d´autres, sont perçues de
plus en plus comme des formes légitimes d´utilisation
des océans, qui disputent à d´autres l´espace
et les ressources océaniques. À l´heure
actuelle, le MPO, Environnement Canada et Patrimoine Canadien
(Parcs Canada) collaborent à la désignation de
zones océaniques qui feraient l´objet d´une protection
spéciale en vertu de leurs programmes respectifs. La
compatibilité de la conservation et de la protection
avec d´autres utilisations de l´océan peut varier
selon les objectifs environnementaux propres à une
zone donnée.
Paquebot (MPO).
Tourisme et loisirs
L´industrie du tourisme de la Nouvelle-Écosse, dont le
chiffre d´affaire annuel s´élève à plus
de un milliard de dollars, est un des principaux moteurs de
l´économie de la province. Certaines de ses
activités touchent au milieu marin, comme
l´observation de baleines, la navigation de plaisance, la
pêche en eau salée et le kayak de mer. Bien
qu´un bon nombre d´entre elles se déroulent surtout
dans la zone côtière, on a assisté
récemment à une recrudescence des
activités extracôtières, notamment des
croisières. Le tourisme associé à la mer
repose à la fois sur l´accessibilité et sur la
qualité du milieu marin.
NCSM Athabaskan.
Défense maritime
Les Forces maritimes de l´Atlantique [FMAR(A)] assurent la
présence navale du Canada sur la côte est. La
zone de compétence des FMAR (A) va de la
frontière canado-américaine, dans le golfe du
Maine, au Groenland. Les dépenses du ministère
de la Défense nationale représentent un des
plus grands apports du secteur maritime à
l´économie de la Nouvelle-Écosse. Les
activités liées à la défense
comprennent un vaste éventail d´opérations
nationales et internationales, telles que les patrouilles de
souveraineté, la surveillance maritime, la formation
maritime et la préparation au combat, la recherche et
le sauvetage, les levés des routes maritimes, la lutte
anti-mines, l´aide humanitaire, l´aide aux autorités
civiles et le soutien opérationnel à d´autres
ministères ou organismes, comme la GRC (lutte contre
la drogue) et le MPO (patrouille des pêches). Pour
s´acquitter de ces activités, on déploie du
matériel et des navires qui occupent l´espace marin,
souvent exclusivement, et sont susceptibles d´influer sur le
milieu océanique.
Vraquier (MPO).
Autres utilisations
Outre les principales utilisations des océans
énumérées ci-dessus, il en est diverses
autres qui s´exercent à plus petite échelle ou
qui en sont encore au stade initial de développement.
Il s´agit notamment d´activités de recherche en
océanographie physique et biologique, d´une industrie
de l´aquaculture côtière en rapide croissance,
qui pourrait s´étendre sur la zone
extracôtière, et d´une industrie de la
technologie océanique qui œuvre dans des
domaines comme la cartographie des océans et la
formation en survie. D´autres utilisations peuvent voir le
jour de manière inattendue et elles devront alors
être intégrées à celles qui
existent actuellement.
Dragueur de myes et palourdes (MPO).
Défis
La DGCO doit relever plusieurs défis découlant
de l´application de la Loi sur les océans
à la gestion de toute cette diversité
d´utilisations du milieu marin. Il faut faire en sorte que
les processus de gestion et de planification
intégrées, y compris la collecte et
l´assimilation des données scientifiques ainsi que la
participation utile des intervenants, avancent au même
rythme que le développement des secteurs
d´activités extracôtières. De plus, la
diversité des utilisateurs du milieu marin
entraîne un risque de conflits en ce qui concerne
l´affectation tant de l´espace que du temps. Il devient donc
essentiel de cerner ces conflits possibles et de travailler
ensemble à les amenuiser, qu´il s´agisse de conflits
au sein même des secteurs ou entre eux, ou de partages
de l´espace marin partiellement ou totalement incompatibles.
Enfin, il convient d´établir un processus pour
prioriser les activités et définir
l´information nécessaire au processus
décisionnel, cela dans le but d´équilibrer les
considérations sociales, économiques et
environnementales de tous les secteurs concernés.
C´est pourquoi la DGCO est partie à plusieurs projets
de gestion de l´environnement, comme le projet de gestion
intégrée de l´est du plateau
néo-écossais, le projet concernant le lac Bras
d´Or et celui qui porte sur la désignation du Gully de
l´île de Sable comme zone de protection marine.
D´autres ministères, des groupes d´utilisateurs et le
public participent aussi à ces projets afin de mettre
en évidence les divers enjeux, de coordonner les
processus réglementaires, de mettre en place des
structures d´intendance et d´établir des plans qui
permettront une gestion équilibrée et
équitable pour tous les utilisateurs.
Le programme de gestion intégrée de l´est du
plateau néo-écossais (ESSIM)
- Jason Naug
Toile de fond
La Division de la gestion côtière et des
océans (DGCO) du MPO dans la Région des
Maritimes est le chef de file de l´établissement de la
première zone de gestion océanique à
caractère extracôtier, en application de la
Loi sur les océans. Le programme de gestion
intégrée de l´est du plateau
néo-écossais (ESSIM) répond à
l´obligation faite au ministre des Pêches et des
Océans dans cette loi de " diriger et favoriser
l´élaboration et la mise en œuvre de plans pour
la gestion intégrée de toutes les
activités ou mesures qui s´exercent ou qui ont un
effet dans les estuaires et les eaux côtières et
marines faisant partie du Canada " (article 31, partie
II). L´est du plateau néo-écossais a
été choisi en raison des importantes ressources
marines vivantes ou non vivantes qui s´y trouvent, de sa
grande diversité biologique et de sa
productivité. Ce choix a aussi été
motivé par le niveau croissant d´utilisations
multiples de l´espace océanique et de concurrence pour
ce dernier, ainsi que par la position de la région par
rapport au Gully de l´île de Sable, qui a
été retenu comme zone d´intérêt
dans le cadre du Programme de zones de protection marines du
MPO. L´est du plateau néo-écossais est surtout
utilisé pour la pêche, les activités
pétrolières et gazières, la navigation
maritime, les opérations de défense maritime,
les câbles sous-marins, les activités
scientifiques, la recherche-développement, le tourisme
et les loisirs ainsi que la conservation maritime, et il
pourrait l´être éventuellement pour la mise en
valeur des minerais extracôtiers.
Le programme ESSIM vise à intégrer la gestion
de toutes les activités qui se déroulent dans
cette zone, à encourager la conservation et
l´utilisation responsable des ressources maritimes, à
entretenir la diversité et la productivité
biologiques naturelles et à tirer parti des
possibilités de diversification économique et
de création d´une richesse durable. Ces objectifs
concourent au projet général
d´établissement d´un processus de gestion et de
planification intergouvernemental et multilatéral pour
l´élaboration et la mise en œuvre d´un plan de
gestion intégrée de l´océan dans cette
vaste zone marine extracôtière.
Activités
Depuis l´annonce officielle du programme ESSIM par le
ministre des Pêches et des Océans en
décembre 1998, la DGCO a entrepris les grandes
activités suivantes, qui s´inscrivent dans le
processus de gestion intégrée et de
planification :
Définition d´une zone de gestion : La zone de
gestion océanique de l´est du plateau
néo-écossais, définie dans une
perspective extracôtière, s´étend sur une
superficie d´environ 325 000 kilomètres carrés.
Ses limites ont été établies
d´après un ensemble de considérations
écologiques, humaines, politiques et administratives,
et de manière à créer une zone
extracôtière fondée sur ses principales
caractéristiques océanographiques et
bathymétriques. Comme le révèle la carte
de la zone ESSIM, les limites ouest et est correspondent en
général aux divisions 4VW de l´OPANO, tandis
que la limite extérieure s´étend au-delà
de la zone économique exclusive (ZEE) de 200 milles
marins. Étant donné que ce projet ESSIM est
actuellement axé sur la planification et la gestion
extracôtières, la limite intérieure
correspond à celle des 12 milles de la mer
territoriale. Compte tenu de la nature dynamique du processus
de planification, on s´attend à ce que la zone de
gestion océanique finisse pas couvrir tout le plateau
néo-écossais et englobe une série de
plus petites zones de gestion côtière
nichées le long de la côte atlantique de la
Nouvelle-Écosse.
Programme de gestion intégrée de l´est du
plateau néo-écossais (ESSIM) (S. Johnston).
Étude des utilisations, des enjeux et des questions
de réglementation : La connaisance des
activités humaines qui se déroulent dans la
zone de gestion océanique ou qui y ont des effets a
été un élément essentiel du
processus ESSIM. La DGCO a étudié et
analysé toute la gamme des activités ayant
cours dans l´est du plateau néo-écossais et des
approches possibles à la gestion. Ce travail a permis
de dégager et de comprendre les principales
activités océaniques, les intervenants
concernés et les cadres réglementaires,
administratifs et juridiques qui sont en place. Les
principaux enjeux de la gestion océanique sont ceux
qui sont liés aux utilisations multiples de
l´océan, à la gestion et à la
conservation des ressources maritimes, à la
sécurité maritime et à celle du public,
à l´application de la loi ainsi qu´aux
activités scientifiques de
recherche-développement. Les connaissances acquises
permettront de créer un plan de gestion
océanique qui tienne compte de tous les utilisateurs
et de leurs besoins, et qui recherche une plus grande
efficacité de la réglementation.
Étude des écosystèmes : Le
programme ESSIM s´est avéré un important
catalyseur dans l´amélioration de notre
compréhension des écosystèmes et
phénomènes écologiques de l´est du
plateau néo-écossais. Il permet
d´établir ou de renforcer des partenariats de
collaboration entre scientifiques, planificateurs de
l´océan et décideurs. La DGCO a examiné
récemment l´état actuel des connaissances sur
les écosystèmes du plateau
néo-écossais et elle prend part à
l´élaboration de méthodes de
caractérisation des écosystèmes
susceptibles de contribuer au maintien de la diversité
des types d´écosystème dans la région.
De plus, le MPO élabore et adopte des objectifs et des
indicateurs pour la gestion axée sur
l´écosystème et il participe à divers
projets scientifiques connexes. Voici quelques-unes des
activités en cours :
-
inventaire et évaluation des contaminants sur le
plateau néo-écossais;
-
inventaire des normes, lignes directrices et mesures
existantes concernant la qualité du milieu marin;
-
examen de l´écosystème du Gully de
l´île de Sable par des études sur les
nutriants et la cartographie des communautés
benthiques et du zooplancton;
-
évaluation des niveaux de bruit et de leurs effets
possibles sur les baleines.
L´information susmentionnée, une fois
intégrée au plan de gestion, permettra de
protéger des ressources et des
phénomènes écologiques essentiels.
Participation des intervenants : Une des principales
activités et un des principaux défis du
programme ESSIM a été la participation des
intervenants nombreux et divers qui oeuvrent dans la
région. La DGCO a cherché surtout à
assurer un soutien et mettre en valeur le potentiel au sein
du MPO, avec d´autres ordres de gouvernement et
d´administration et avec le milieu des océans dans son
ensemble. Le Comité interministériel
fédéral sur les océans de la
Région des Maritimes, qui compte des
représentants de tous les ministères,
commissions et organismes fédéraux ayant un
intérêt dans les océans, a
été un forum utile d´échange
d´information sur le programme ESSIM. En janvier 2001, un
groupe de travail fédéral-provincial ESSIM a
été établi pour faire avancer le
programme. Il est composé de plus de 20
ministères, commissions et organismes
fédéraux et provinciaux oeuvrant dans le
domaine des océans et constitue un important forum de
coordination des politiques, de la gestion et de la
réglementation. Le groupe de travail a
été chargé essentiellement de cerner et
de prioriser les diverses questions, de procéder
à un examen général de la
réglementation fédérale-provinciale,
d´établir un processus de gestion et de planification
en collaboration, d´élaborer une ébauche de
cadre pour le futur plan de gestion océanique et de
mettre en œuvre une stratégie de communication
et de participation. La DGCO a, quant à elle,
continué de rencontrer les intervenants, dont des
groupes de l´industrie et d´utilisateurs des ressources, les
Premières nations, des organisations non
gouvernementales, des groupes communautaires, les milieux
universitaires et le public. Ces rencontres ont permis de
partager l´information, de dégager les divers aspects
de la gestion des océans et d´en discuter, et de
faciliter la participation au processus de gestion
intégrée et de planification. Les plans
associés au programme ESSIM sont axés sur
l´établissement d´un forum multilatéral qui
facilitera l´échange d´information entre les groupes
concernés et qui fournira des conseils sur
l´élaboration, la mise en œuvre et l´application
du plan de gestion océanique de l´est du plateau
néo-écossais.
En résumé
La DGCO continue de travailler avec ses partenaires à
l´élaboration d´une approche intégrée
à la gestion océanique de l´est du plateau
néo-écossais. Dans les phases initiales du
programme ESSIM, on a réussi à doter d´une base
solide ce processus coopératif de gestion et de
planification de longue haleine.
Bureau de coordination de l´aquaculture - Région des
Maritimes
- Cindy Webster
L´aquaculture est une des activités de production
alimentaire qui croît le plus rapidement au monde et
qui offre la possibilité de fournir des produits de la
mer de haute qualité à l´industrie alimentaire
mondiale. L´aquaculture joue un rôle important dans
l´économie des provinces Maritimes,
particulièrement dans les communautés
côtières. Quatre-vingt-dix pour cent des emplois
de production et de transformation de l´industrie canadienne
de l´aquaculture se trouvent dans des communautés
côtières et rurales. Selon les chiffres
préliminaires de 2000, les recettes de l´aquaculture
ont totalisé 271,2 millions de dollars au
Nouveau-Brunswick et 43,5 millions de dollars en
Nouvelle-Écosse. (¹)
Exploitation de mariculture - Baie de Fundy.
En 1995, Pêches et Océans Canada a reçu
pour mandat d´être le principal organisme
fédéral responsable de l´industrie de
l´aquaculture. Il a été établi que le
rôle du gouvernement fédéral dans
l´aquaculture consistait à faciliter le
développement de l´industrie et à
compléter le rôle et les responsabilités
de l´industrie, des milieux universitaires ainsi que des
gouvernements provinciaux et territoriaux en matière
d´implantation d´une industrie aquacole viable et
respectueuse de l´environnement.
En 1999, l´aquaculture a été retenue comme un
des quatre domaines visés par le renouvellement des
politiques dans le plan stratégique du MPO. La
politique sur l´aquaculture vise deux objectifs :
accroître la confiance du public et accroître la
compétitivité de l´industrie.
En août 2000, l´honorable Herb Dhaliwal a
annoncé que 75 millions de dollars seraient investis
au cours des cinq prochaines années dans le
développement d´une industrie aquacole viable et
respectueuse de l´environnement. Une partie de ces fonds a
été réservée à la mise en
place de structures institutionnelles au sein du gouvernement
fédéral pour soutenir le développement
de l´aquiculture.
Quoique la fonction de coordination de l´aquaculture ait
existé dans la Région depuis 1995, elle a
été sérieusement réduite pendant
la période de compressions fédérales de
1996-1997. Le Bureau de coordination de l´aquaculture (BCA)
de la Région des Maritimes a pris de l´expansion au
printemps 2000, dans le cadre du renouvellement de la
politique. Cette unité responsable des politiques et
de la planification est chargée de coordonner les
politiques régionales, dans le but d´harmoniser
l´approche utilisée dans toute la Région des
Maritimes. Elle crée aussi au sein du MPO un processus
intégré pour traiter des questions
opérationnelles concernant l´industrie de
l´aquaculture. Le BCA est un guichet de service unique pour
ce qui est des communications avec l´industrie, les provinces
et le public. Situé à l´IOB, ce bureau compte
quatre employés, qui relèvent du directeur
général régional associé. Le BCA
est aussi chargé de voir à ce que le personnel
des programmes pertinents, dont les Sciences, la Gestion des
pêches, la Gestion des habitats et la Garde
côtière, soit consulté sur les questions
d´aquaculture. Le personnel du BCA travaille aussi avec
d´autres organismes fédéraux et provinciaux
ayant des responsabilités dans le domaine de
l´aquaculture. Il participe à des comités
fédéraux-provinciaux créés en
vertu des ententes sur le développement de
l´aquaculture au Nouveau-Brunswick et en
Nouvelle-Écosse ou dirige ces comités,
coordonne le processus d´examen associé aux demandes
de sites aquacoles au sein du MPO et fournit des conseils aux
responsables des concessions et des permis aquacoles. Enfin,
le BCA est aussi chargé de formuler des
recommandations sur l´introduction ou le transfert du poisson
devant servir à l´aquaculture et il coordonne les
demandes de stock de reproducteurs, d´œufs et de
naissain émanant des aquaculteurs.
(1) Source : Le Quotidien, le 27 septembre 2001, site Web de
Statistique Canada (www.statcan.ca/français/dai-quo).
Extension des services de l´IOB à la communauté
en 2001
- Joni Henderson, Jennifer Bates, Rob Fensome, John Shaw,
John Shimeld et Graham Williams

Depuis 1991, l´Institut océanographique de Bedford met
en œuvre et ne cesse de développer davantage un
programme de visites guidées et autoguidées
à l´intention du public. Ce programme vise à
faire mieux connaître l´IOB et à promouvoir la
science par l´éducation du public. Comme le nombre de
participants à ces visites augmente constamment, deux
guides et un adjoint au Pavillon de la mer ont
été embauchés pour la période de
mai à août. Pour répondre à la
demande, on a offert des visites guidées à
contrat pour la première fois hors saison. Ces
visites, qui faisaient appel à des vidéos,
à des expositions et à des conférenciers
invités, ont permis de renseigner les visiteurs sur
les divers types de recherches océanographiques
effectuées à l´IOB.
Grâce aux réactions fournies par les visiteurs
dans nos formulaires d´évaluation, nous avons pu
améliorer cette année l´itinéraire de la
visite et y intégrer de nouvelles cartes murales,
accompagnées de vignettes d´information ainsi qu´un
vidéo sur la cartographie du fond marin projeté
en permanence dans la salle du projet SeaMap. Le
modèle d´iceberg, qui permet de prendre
conscience de la grandeur réelle d´un iceberg sous la
surface de l´eau et qui sert de complément à
l´exposition sur le Titanic, a subi un toilettage
indispensable. De plus, on a installé divers
microscopes dans le mini-amphithéâtre n ° 2,
pour permettre aux visiteurs d´observer des otolithes. Une
explication de ce que sont les otolithes et de la
façon dont ils servent à déterminer
l´âge du poisson a été affichée
au-dessus des microscopes. Dans l´auditorium, un grand
écran nouveau est désormais en place pour les
projections de vidéofilms et de diapositives ainsi que
pour les présentations PowerPoint. Même la
boutique de souvenirs de l´IOB, dans sa deuxième
année d´existence et de service de vente d´objets de
promotion au public, a fait l´objet de quelques
rénovations, notamment de travaux de peinture, de
tapisserie et d´étalage.
Kimberly Piccott, gagnante du concours d´affiches de la
Journée des océans à l´IOB,
reçoit une plaque des mains de Mike Sinclair,
directeur régional des Sciences.
Par ailleurs, les employés de l´IOB ont
continué de donner leur appui à plusieurs
activités d´éducation tout au long de
l´année. Un bon nombre d´entre eux se sont rendus dans
des écoles de la région de Halifax-Dartmouth
pour donner des exposés sur des sujets liés aux
océans ou pour agir comme juges lors d´expo-sciences.
D´autres ont représenté l´Institut à des
expositions et manifestations publiques. Divers stages
fructueux à l´IOB ont contribué à la
réussite du programme d´enseignement secondaire
coopératif. Le personnel a tenu à l´intention
d´élèves qui étudiaient en sciences, en
relations publiques et en journalisme un atelier portant sur
l´établissement de communications entre ces trois
disciplines. Le site Web de l´IOB (www.bio.gc.ca) a fait l´objet de
modifications au cours de l´été et d´autres
améliorations y seront apportées. Enfin, le
très populaire Concours de l´affiche de la
Journée des océans a suscité cette
année plus de 300 participations. Les gagnants ont
été invités à l´IOB où,
après une visite de l´Institut, les directeurs du MPO
et de RNCan leur ont remis une photographie de leur affiche
et des chandails de la Journée des océans. La
journée s´est terminée par un déjeuner
à bord du NGCC Louis S. St.-Laurent, à
l´invitation du capitaine Stu Klebert.
Parrsboro 2001 - Atelier d´éducation en
géosciences à l´intention des enseignants.
Initiatives de RNCan
Les géoscientifiques de la Commission
géologique du Canada (Atlantique), Ressources
naturelles Canada, en compagnie de leurs homologues du
Comité de l´atelier d´éducation en
géosciences de la Nouvelle-Écosse, ont
organisé leur huitième atelier destiné
aux enseignants. Trente enseignants venant de partout en
Nouvelle-Écosse se sont retrouvés au Fundy
Geological Museum de Parrsboro, pour assister à cet
atelier de deux jours. Figuraient au programme des
présentations interactives sur les
éléments de base (roches et minéraux,
fossiles, dinosaures et périodes géologiques)
et de nouvelles séances sur le sol, le changement
climatique ainsi que le pétrole et le gaz. Une
excursion d´une demi-journée a donné aux
participants un excellent aperçu de la géologie
de la région de Parrsboro. Ce programme d´ateliers est
très apprécié du milieu de
l´enseignement et il attire à la fois des enseignants
et des personnes qui oeuvrent dans les domaines des
programmes de musée, des centres scientifiques et des
services d´éducation du secteur privé. Le
financement de l´atelier de cette année provenait du
Réseau canadien pour l´éducation en
géosciences, de la Nova Scotia Association of Science
Teachers et de la Commission géologique du Canada. La
Commission géologique du Canada (Atlantique), le
ministère des Ressources naturelles de la
Nouvelle-Écosse, l´Université Dalhousie, le
Fundy Geological Museum, le Conseil scolaire de la
municipalité régionale de Halifax et la
Atlantic Science Links Association ont
généreusement apporté des contributions
en nature. En 2002, l´atelier d´éducation en
géosciences aura lieu à Digby
(Nouvelle-Écosse) les 19 et 20 août.
Image de couverture de The Last Billion Years.
L´année a aussi été marquée par
la publication de The Last Billion Years - un livre
qui relate l´histoire complexe et fascinante de la
géologie dans les Maritimes. C´est le premier ouvrage
moderne rédigé à l´intention du grand
public qui porte sur l´histoire géologique des
provinces Maritimes du Canada. Pour produire cette
publication, le personnel de la CGC Atlantique a
coordonné une vaste équipe de personnes
oeuvrant dans les domaines géoscientifiques et
artistiques. L´ouvrage comporte de belles illustrations en
couleurs, dont des peintures inédites de panoramas
anciens et plus de 150 photographies ainsi que des diagrammes
et croquis explicatifs pertinents. Une série de
conférences illustrées viennent
compléter l´histoire écrite. Elles visent le
grand public et sont données au Musée
d´histoire naturelle de la Nouvelle-Écosse jusqu´en
mai 2002. Les écoles et le public ont manifesté
un tel intérêt pour le livre que les deux
premières éditions ont été
épuisées dans les semaines qui ont suivi leur
parution. L´éditeur envisage de publier une
troisième édition au printemps 2002. Un site
Web (agc.bio.ns.ca/lby/)
présente actuellement des extraits du livre et des
renseignements sur la façon de se le procurer. Le
livre est coédité par la Atlantic Geoscience
Society et par Nimbus Publishing.
Géonet, le site Web éducatif destiné au
public et aux enseignants canadiens (earthnet.bio.ns.ca) continue
d´attirer de plus en plus de visiteurs, qui livrent leurs
commentaires : " Géonet est un des sites
éducatifs les plus utiles que j´ai vus " et " quel
formidable outil pour les enseignants ". En 2001, on y a
ajouté les volets Géologie des
communautés, GeoToolbox et Hall of Fame, en plus
d´enrichir la base de données sur les ressources
pédagogiques pour les enseignants, les
activités et le glossaire illustré.
Géonet a aussi été mis à
l´honneur en 2001 sur StudyWeb, un site éducatif en
ligne, qui qualifie Géonet d´une des meilleures
ressources éducatives sur le Web. Géonet est
commandité et financé par divers organismes
géoscientifiques canadiens et il n´existerait pas sans
les contributions apportées par de nombreux
géoscientifiques et éducateurs de l´ensemble du
Canada.
IOB 2002
En 2001, l´IOB a préparé son opération
Portes ouvertes. Bien du temps a déjà
été investi dans la planification et
l´organisation des expositions pour ce qui sera la plus
grande de nos opérations Portes ouvertes et qui aura
lieu au printemps 2002. Élément nouveau, on
pourra y rencontrer les scientifiques de demain, puisque
toutes les expo-sciences des écoles secondaires des
premier et deuxième cycles de la province seront
réunies en une même exposition à
l´Institut à cette occasion. Cette opération
Portes ouvertes sera une des manifestations spéciales
qui marqueront le 40e anniversaire de l´IOB.
L´IOB au service de la communauté
- Shelley Armsworthy
Chaque année, les employés en activité
et les retraités de l´Institut océanographique
de Bedford servent la communauté en investissant de
leur temps, de leur argent et de leur bonne volonté
à de nombreuses activités de bienfaisance.
Voici à cet égard certaines des manifestations
officielles dont l´IOB a été le siège.
La Campagne de charité en milieu de travail du
gouvernement du Canada dans la région de
Halifax-Dartmouth est la plus grande des campagnes de
bienfaisance. Elle fait appel à la participation de
United Way/Centraide, des Partenaires de la santé et
de nombreux autres organismes de bienfaisance
enregistrés dans l´ensemble du Canada. En 2001, la
Campagne de charité en milieu de travail du
gouvernement du Canada a permis de recueillir 31 162 $
à l´IOB. Outre les dons en espèces provenant
des employés en activité et des
retraités de l´Institut, des contributions importantes
ont été recueillies à l´occasion de
diverses activités de bienfaisance
intéressantes et distrayantes organisées
bénévolement par des employés de l´IOB,
parmi lesquelles des loteries moitié-moitié
mensuelles, un tournoi de golf au Fox Hollow Golf Club de
Stewiacke, une vente de livres, une vente aux enchères
par écrit, le 11e tournoi de hockey annuel du
personnel, une séance de patinage en famille et une
fête de Noël.
En février et mars, l´IOB a vendu 180 bouquets de
jonquilles et recueilli ainsi 1 080 $ pour la
Société canadienne du cancer. Par ailleurs,
dans le cadre du défi de la coupe de cheveux
lancé par la Société canadienne du
cancer, Kees Zwanenburg a amassé des dons de 1 365 $
en se faisant raser la tête à l´occasion d´un
déjeuner en plein air dans la cour de l´IOB en
juillet.
En avril, l´auditorium de l´IOB a accueilli le
troisième Beat the Winter Blues Kitchen Party,
qui réunissait divers musiciens parmi les membres du
personnel de l´IOB et le milieu de la musique populaire
local. Les droits d´entrée, sous forme soit de dons en
espèces, soit de nourriture non périssable, ont
permis de remettre 16 sacs de provisions et une somme de 155
$ à la banque d´alimentation et d´ameublement de la
rue Parker à Halifax.
George States au "Beat the Winter Blues Kitchen Party "- IOB
2001
Le personnel de l´IOB a recueilli des produits
d´hygiène et de soins personnels, pour le compte de la
Croix-Rouge canadienne, à l´intention des passagers
des avions bloqués à Halifax après
l´attaque terroriste sur New York et Washington, le 11
septembre 2001.
Juste avant Noël, des bénévoles de l´IOB
ont confectionné et livré des
boîtes-repas de Noël destinées aux
nécessiteux, pour le compte de la banque
d´alimentation et d´ameublement de la rue Parker. Cette
activité, qui a pris trois jours, consistait à
décharger la nourriture des camions, à la trier
et à la remballer en vue de sa livraison. Les
boîtes-repas comprenaient tous les ingrédients
typiques nécessaires à un repas de Noël
complet. Le personnel de l´IOB a livré ces
boîtes aux personnes qui n´étaient en mesure de
venir les chercher à la banque alimentaire. Cette
année, les bénévoles ont
préparé 550 boîtes-repas.
Non contents de manifester leur philanthropie en 2001, les
employés de l´IOB ont aussi fait preuve de compassion
et de générosité envers les animaux
familiers maltraités ou abandonnés. Lynn
Doubleday, de la cafétéria de l´IOB,
représente la Société de protection des
animaux (SPCA). Durant toute l´année, elle recueille
les dons de couvertures et serviettes usagées,
produits d´entretien et nourriture non périssable pour
animaux, ainsi que les tickets de caisse du magasin Sobey´s.
De plus, elle vend régulièrement à la
cafétéria des œuvres artisanales et des
autocollants d´accueil d´urgence des animaux familiers pour
cette cause. En 2001, Lynn a recueilli plus de 1 000 $ pour
la SPCA. La Société utilise les dons et le
produit des ventes pour aider les animaux familiers en
situation difficile.
Grâce à la générosité et
aux contributions de son personnel actif et à la
retraite, l´IOB est un élément dynamique de la
communauté.
Des bénévoles de l´IOB assemblent des boîtes-repas de Noël à la banque d´alimentation et d´ameublement de la rue Parker.
Travaux publics et Services gouvernementaux Canada (TPSGC) -
Réfection du quai de l´Institut océanographique
de Bedford
- Wilf Lush
L´Institut océanographique de Bedford fait
actuellement l´objet de travaux de rénovation et de
modernisation de ses bâtiments et infrastructures, qui
ont commencé en 2000 et devraient être
achevés en 2009. Travaux publics et Services
gouvernementaux Canada est, en tant qu´agent immobilier de
Pêches et Océans Canada, le gestionnaire de ces
travaux.
Le quai de l´Institut a été complètement
remis à neuf en 2001, au terme des premiers travaux de
réparation d´envergure depuis sa construction
originale, en 1961-1962. La majorité de ces travaux
consistaient à retirer le béton d´origine de la
structure et à le remplacer par du béton
armé afin d´obtenir une surface stable. Après
quarante ans d´exposition aux éléments, le
béton d´origine était grandement
détérioré, en particulier dans la zone
d´amplitude de la marée.
Dans le cadre du même contrat, l´infrastructure du quai
servant au soutien de la flotte a été
remplacée, compte tenu de divers problèmes
concernant l´hygiène et la sécurité du
travail, de manière à offrir un milieu de
travail plus sûr. Tous les services ont
été conçus pour éliminer, ou du
moins réduire, la nécessité
d´accéder au tunnel de service du quai (classé
comme milieu clos) pour exécuter les travaux
d´entretien nécessaires. Voici les principaux travaux
qui ont été réalisés :
-
Le remplacement des tuyaux d´alimentation en eau des
navires, qui gelaient fréquemment en hiver et
étaient considérés inadéquats
pour la protection contre les incendies.
-
L´installation de nouveaux systèmes
d´éclairage, d´électricité et de
communications, conformes aux normes des codes actuels.
-
L´agrandissement du principal local de service
électrique du quai et l´ajout d´une capacité
de conversion de 480 v à 600 v en vue de
l´arrivée des navires de la Garde
côtière canadienne.
-
La construction d´un nouveau local électrique
portuaire et d´un nouveau local de marégraphe pour
le Service hydrographique du Canada.
En 2001 également, un entrepôt de 800 m2
(indiqué par la flèche) a été
construit au nord de l´immeuble principal, pour remplacer
l´entreposage interne.
L´IOB en automne 2001. On voit le quai et le nouvel
entrepôt.
En 2002, on prévoit d´aménager une nouvelle
station de refroidissement, qui permettra de doter le
système de circulation de l´air de l´IOB d´un
système de climatisation centrale, et de remplacer le
système de chauffage à la vapeur actuel par un
système à eau chaude. La nouvelle station de
refroidissement remplacera un ensemble disparate
d´unités de refroidissement et climatiseurs de
fenêtre de type résidentiel.
La construction d´un nouvel immeuble de laboratoire
commencera au milieu des années 2003 et devrait se
terminer à la fin de 2004. Cet immeuble est
conçu pour être conforme aux normes de
confinement de niveau II et il centralisera plusieurs espaces
auxiliaires de laboratoire.
Le Centre de biodiversité marine
- Ellen Kenchington

Le Centre de biodiversité marine (CBM) est une
société sans but lucratif qui a
été créée en automne 2000 pour
accroître l´appui scientifique à la protection
de la biodiversité marine de l´Atlantique Nord-Ouest.
Son bureau se trouve à l´Institut
océanographique de Bedford et Madame Ellen Kenchington
(Ph.D.) en est la directrice. La société se
compose de spécialistes provenant des milieux
universitaires et gouvernementaux, de l´industrie ainsi que
d´organisations non gouvernementales de tout l´est et le
centre du Canada.
Primnoa resedaeformis, de l´ordre gorgonida : un des
coraux les plus courants et les plus abondants au large de la
côte du Canada atlantique. Photographié à
l´aide du Campod dans le chanel Nord-Est à environ 400
mètres. Photo de MPO.
L´organe administratif du CBM est dirigé par un
conseil consultatif composé de membres aux
antécédents variés. Actuellement, ce
conseil comprend un groupe diversifié d´experts
internationaux, qui compte des représentants de la
Sloan Foundation, de l´Université Dalhousie, de
Pêches et Océans Canada, du Fonds mondial pour
la nature (Canada) et du gouvernement de la
Nouvelle-Écosse.
Le mandat du Centre consiste à coordonner les
activités de recherche indépendantes en vue de
les structurer en une synthèse globale de
l´information sur la biodiversité marine. Les
scientifiques qui travaillent sous les auspices du CBM
entreprennent des recherches de pointe en matière
d´halieutique, d´écologie marine,
d´océanographique physique et de sciences connexes.
Combinées à d´autres travaux du CBM, ces
recherches contribueront à établir une approche
écosystémique globale à la gestion des
pêches et à la biodiversité.
Ampelisca macrocephalia - photo de Dan Jackson.
Comme la création du CBM est récente, les
activités de recherche en sont encore à leur
phase initiale et au stade de " travaux en cours ". En voici
quelques-unes :
Parmi les autres travaux en cours, citons des recherches sur
les coraux des grands fonds, sur l´écologie des
poissons marins non commerciaux et sur les éponges et
les hydroméduses, ainsi qu´un groupe de travail sur
l´état de l´écosystème dans l´Atlantique
Nord-Ouest.
Peuvent être membres du CBM les personnes qui ont un
intérêt actif pour les questions scientifiques
associées à la biodiversité marine et
qui souscrivent au mandat du Centre. Ce dernier n´a cependant
pas pour rôle de défendre des causes.
Le Centre de biodiversité marine a lancé une
série de conférences publiques sur les
questions de biodiversité. Nous vous invitons à
consulter notre site Web (www.marinebiodiversity.ca)
pour avoir de plus amples renseignements sur ces
conférences, sur le CBM, ou sur la biodiversité
au Canada.
Prix Béluga décerné par l´Association
des amis de l´océan de l´IOB
- Dale Buckley
Félicitations à Roger Bélanger, le
premier titulaire du prix Béluga décerné
par l´Association des amis de l´océan de l´Institut
océanographique de Bedford. Roger s´est joint à
la section de photographie de l´IOB en 1966, après
avoir travaillé dans le domaine de la reconnaissance
photographique auprès des militaires pendant onze ans.
Tout au long de sa carrière à l´Institut, Roger
a produit des documents et archives photographiques ainsi que
des documents techniques dans le cadre d´une grande
diversité de travaux océanographiques.
Parmi les premières missions océanographiques
qu´a effectuées Roger figurent un voyage à la
ride médio-atlantique à bord du NGCC
Hudson et une expérience multidisciplinaire aux
Antilles. À la suite du grand déversement
d´hydrocarbure provenant du pétrolier Arrow
dans la baie Chédabouctou en 1970, Roger a
participé aux opérations de documentation
photographique des incidences immédiates du
déversement, ainsi qu´à des études de
suivi pendant les deux décennies suivantes. En 1979,
lors d´une étude avant-gardiste de l´océan
Arctique réalisée à partir d´un camp
installé sur la glace dans le cadre du projet LOREX,
il a contribué à l´élaboration d´un
système pour descendre sous la glace et remonter des
appareils photographiques sous-marins.
Prix Béluga de l´Association des amis de
l´océan de l´IOB.
Paul Brodie remet le prix Béluga à Roger
Bélanger (à droite).
Roger a contribué de manière novatrice à
la photo et à l´imagerie télévisuelle
océanographiques en scaphandre autonome. Il pris part
au développement de la technologie de photographie et
d´imagerie électronique à partir de sous-marins
et de submersibles télécommandés. De
plus, il a participé à l´élaboration
d´un système photographique pour la surveillance
à distance des mouvements de sédiments dans une
zone intertidale de la baie de Fundy à l´aide d´un
ballon captif. Les dernières années de sa
carrière, il a conçu un système de
photographie aéroporté destiné aux
hélicoptères de la Garde côtière,
pour documenter les caractéristiques des côtes,
les déversements d´hydrocarbure, l´érosion
côtière et les effluents d´eaux usées.
Les contributions de Roger ne se sont pas limitées
à la science et à la technique. Doté
d´un œil d´artiste et d´un sens de l´esthétisme,
il a laissé derrière lui à l´IOB et dans
la mémoire de ceux qui ont travaillé avec lui
à l´Institut des photographies qui reflètent
ses talents.
Roger a pris sa retraite en 1991 et passe une partie de son
temps à réunir ses souvenirs photographiques
personnels de sa carrière à l´IOB, dans sa
maison de Grand Desert (près de Lawrencetown, en
Nouvelle-Écosse).
Le prix Béluga a été créé
en 2001 par l´Association des amis de l´océan de l´IOB
dans le but de rendre hommage à des personnes qui par
leur talent et leur travail ont contribué à
faire de l´IOB un établissement océanographique
exemplaire et renommé. Il s´adresse à des
membres actifs ou retraités du personnel de l´IOB. Le
symbole du béluga a été retenu pour ce
prix parce que cet animal représente pour beaucoup les
océans, en particulier au Canada. M. Paul Brodie
(Ph.D.), illustre spécialiste des mammifères
marins et sculpteur, a créé la statuette de 11
pouces représentant un béluga, qui a
été ensuite forgée par Amos Pewter, de
Mahone Bay, en Nouvelle-Écosse. La statuette en
étain a un fini satiné et repose sur un socle
de granite et d´acrylique fabriqué par Atlantex
Creative Works, de East Chezzetcook (Nouvelle-Écosse).
Troisième réunion dans le cadre du Partenariat
pour l´observation globale des océans (POGO)
- Shubha Sathyendranath
La troisième réunion annuelle des membres du
Partenariat pour l´observation globale des océans a eu
lieu au Canada, plus précisément à White
Point, en Nouvelle-Écosse, du 27 au 29 novembre 2001.
Y participaient des représentants
d´établissements océanographiques de quelque
treize pays (Afrique du Sud, Allemagne, Argentine, Australie,
Brésil, Canada, Chili, États-Unis
d´Amérique, Japon, Norvège,
Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni et Russie). Les
organisations internationales suivantes y étaient
aussi représentées : Programme Argo, CLIVAR
(variabilité et prévisibilité du
climat), CoML (recensement des organismes marins), COOP
(panel d´observation des eaux côtières), COI
(Commission océanographique internationale), IOCCG
(groupe de coordination internationale des données sur
la couleur de l´océan), JCOMM (commission mixte sur
l´océanographie et la météorologie
maritime), PICES (organisation des sciences de la mer du
Pacifique Nord) et SCOR (Comité scientifique sur la
recherche océanographique). En tout, on comptait plus
de quarante participants. La réunion était
animée par Mike Sinclair (Ph.D.), directeur de
l´Institut océanographique de Bedford. Un message de
bienvenue a été adressé aux participants
par M. Neil Bellefontaine, directeur général
régional du ministère des Pêches et des
Océans (MPO).
La réunion a débuté par des
présentations axées sur certains des principaux
thèmes du POGO : programme Argo (parc de bouées
réparti dans les océans du monde pour
recueillir des données océanographiques),
observations de séries chronologiques et observations
biologiques. Dean Roemmich (Ph.D.), président de
l´équipe scientifique Argo, a fait le point sur le
programme. Il a suggéré aux institutions
membres du POGO d´encourager les applications du train de
données Argo, qu´on peut se procurer sans
restrictions, car cela est essentiel à la
viabilité du programme à long terme. Bob Weller
(Ph.D.) a rendu compte des résultats de la
première réunion du groupe de travail sur les
séries chronologiques. Le professeur John Field a,
quant à lui, résumé les recommandations
du groupe de travail du POGO sur la biologie et Jesse Ausubel
(Ph.D.) a parlé des progrès récents du
recensement des organismes marins (CoML) et des liens entre
ce projet et le POGO.
Participants à la troisième réunion du
POGO au centre de villégiature de White Point Beach.
Le deuxième jour de la réunion, le groupe a
examiné des questions liées à la
création de capacités. Le programme de bourses
POGO-IOC-SCOR, lancé à la deuxième
réunion du POGO, est maintenant bien établi. Il
bénéficie de l´appui financier
généreux de la COI et du SCOR. Jusqu´ici, 13
bourses ont été offertes dans le cadre de ce
programme, qui permet à des stagiaires de pays en
développement et en transition économique de
recevoir, dans des laboratoires océanographiques
d´autres pays, une formation sur certains aspects de
l´observation des océans. Le POGO a aussi pris part
à des programmes de formation, qu´il a
coparrainés, en Amérique du Sud (par
l´entremise du Austral Summer Institute créé
par l´Université de Concepción et le Woods Hole
Oceanographic Institution) et en Inde (en collaboration avec
l´IOCCG). Les membres ont résolu de poursuivre ce
genre d´initiative à l´avenir. La COI et le SCOR ont
décidé de maintenir leur appui au programme de
bourses. On a aussi discuté de la possibilité
d´organiser une mission de formation en mer, à bord
d´un navire scientifique russe, en collaboration avec
l´IOCCG. Les membres du POGO ont décidé de
continuer à soutenir le projet SEREAD (ressources et
expérience éducatives scientifiques
associées au déploiement de flotteurs
dérivants du programme Argo dans le Pacifique Sud).
Comme suite importante à la déclaration du POGO
de São Paulo, qui faisait appel à un
accroissement des observations dans
l´hémisphère sud, l´équipe JAMSTSEC a
proposé une mission circumpolaire, à bord de
son navire scientifique Mirai, dans
l´hémisphère sud, en partenariat avec d´autres
membres du POGO. Cette initiative a été vue
comme un grand pas vers le redressement du
déséquilibre des observations entre les
hémisphères nord et sud. La proposition a
été accueillie chaleureusement par les membres
du POGO, qui ont été nombreux à offrir
leur aide et leur collaboration. Le professeur Ulloa, du
Chili, a parlé des plans envisagés par ce pays
pour améliorer sa capacité d´observation, en
particulier des efforts déployés pour remplacer
son navire scientifique vieillissant. Les membres ont
été invités à explorer les
solutions possibles au problème.
Les participants ont pu assister à des
présentations sur les sujet suivants : CoML, COOP,
CLIVAR, le Système mondial d´observation de
l´océan (SMOO), COI, IGOS, IOCCG, JCOMM, OOPC (groupe
d´observation de l´océan sur le climat) et PICES,
ainsi que sur leurs liens avec le POGO. Ils ont ainsi entendu
plusieurs institutions exposer leurs activités
courantes liées au POGO, comme le Laboratoire
océanographique et météorologique de
l´Atlantique, l´IOB, l´Université Dalhousie, le New
Zealand National Institute for Water and Atmospheric Research
(NIWA), l´Institut d´océanologie Shirshov (Russie),
l´Université du Cap (Afrique du Sud) et
l´Université de Concepción (Chili).
Les observations biologiques ont été un des
principaux sujets de la réunion. Dans la foulée
des recommandations de l´atelier sur la biologie, les
partenaires ont résolu, d´une part, de mettre en place
un système d´observations biologiques pour surveiller
la dynamique du phytoplancton et, d´autre part, d´organiser
un atelier en Amérique du Sud afin de promouvoir les
observations régionales sur la biodiversité
marine. L´établissement d´un réseau de points
fixes d´observations de séries chronologiques en
pleine mer a aussi suscité un intérêt
particulier. Les activités du groupe de travail sur
les séries chronologiques se poursuivront et la
prochaine réunion de ce groupe doit avoir lieu
à Hawaï en février 2002.
En 2001, le POGO a été enregistré comme
organisme sans but lucratif en Nouvelle-Écosse
(Canada). Plusieurs institutions et consortiums
d´institutions en sont devenu membres et d´autres devraient
s´y joindre en 2002. Cela renforce la position du POGO comme
organisation non gouvernementale autofinancée. MM.
Rolf Weber (Ph.D., Université de São Paulo) et
Robert Gagosian (Ph.D., Woods Hole Oceanographic Institution)
ont quitté le Comité de direction du POGO,
étant arrivé à la fin de leur mandat;
Howard Roe (Ph.D., Southampton Oceanography Centre) a
été élu prochain président,
tandis que Takuya Hirano (président, Centre de
sciences et de technologie maritimes du Japon) et Nan Bray
(Ph.D., directeur CSIRO Marine Research) sont devenus les
nouveaux membres du Comité de direction du POGO.
Charles Kennel (Ph.D., Scripps Institution of Oceanography)
conserve ses fonctions de président pour un an encore.
Il a été convenu de tenir la prochaine
réunion du POGO en janvier 2003 à Hobart
(Tasmanie), en Australie. Cette réunion sera
axée sur l´océan Indien.
Indice de recrutement du homard à partir de casiers
standard (LRIST) établi par la Fishermen and
Scientists Research Society (FSRS)
- par John Tremblay, Carl MacDonald, Douglas Pezzack et Peter
Hurley
La Fishermen and Scientists Research Society est un organisme
sans but lucratif créé pour encourager la
coopération entre ceux qui passent une bonne partie de
leur vie sur l´eau et ceux dont l´activité consiste
à étudier la dynamique des populations marines.
Mise sur pied en 1994, la FSRS a entrepris divers projets
avec la collaboration des scientifiques et pêcheurs
intéressés. Elle dispose d´un bureau à
l´IOB.
Ainsi, en 1999, elle a lancé le projet LRIST pour
déterminer les taux de prises de homards de taille
inférieure à la taille réglementaire par
les casiers. Ce projet vise à établir un indice
de la quantité des homards qui seront recrutés
à la pêche dans un ou deux ans.
Le degré de participation des pêcheurs est un
des atouts de ce projet de la FSRS. Les pêcheurs ont
pris part à la conception des casiers de recrutement
et à la planification du projet. Des séances de
formation sur la collecte de données ont lieu chaque
année avant la saison de pêche du homard. Les
résultats du projet sont examinés lors
d´ateliers à la fin de chaque saison. Grâce
à l´appui du MPO, la FSRS emploie six techniciens
communautaires, par l´entremise du programme de Stages pour
les jeunes en sciences et en technologie. Il s´agit pour ces
stagiaires de travailler directement avec les pêcheurs
de homard participants et d´échantillonner les prises
en mer. Le projet reçoit aussi l´appui des
pêcheurs participants, qui achètent les casiers
de recrutement standard de la FSRS à prix
réduit. De la sorte, tous les participants contribuent
à l´objectif poursuivi : comprendre le recrutement du
homard dans la zone d´étude.
Casier standard utilisé dans le projet LRIST.
Dans les eaux côtières de la
Nouvelle-Écosse, le homard est pêché au
printemps (au Cap-Breton et sur la côte est) ainsi que
de l´automne au printemps (sur la côte sud, dans le
sud-ouest et dans la baie de Fundy). Le projet LRIST comptait
67 pêcheurs participants dans les pêches
d´automne et d´hiver en 2000-2001 et 123 pêcheurs
participants dans la pêche de printemps en 2001. Les
participants de la pêche du printemps 2001
étaient répartis le long de la côte
Atlantique de la Nouvelle-Écosse.
Emplacement des casiers de recrutement pendant la pêche
de printemps. Les zones numérotées sont les
Zones de pêche du homard (ZPH).
Jauge à mesurer le homard.
Les pêcheurs participants utilisent de 1 à 5
casiers de recrutement et consignent chaque jour le nombre de
prises, le sexe des homards et leur taille, mesurée au
moyen d´une jauge.
Les casiers utilisés dans le projet LRIST ont une
ouverture de maille de dimensions réduites (1 po) et
ne comportent pas d´orifices d´évasion. Dans les
casiers commerciaux normaux, ces orifices sont
nécessaires pour permettre au homard de taille non
réglementaire qui est attiré dans les casiers
appâtés de s´échapper.
Du fait à la fois de l´ouverture de maille plus petite
et de l´absence d´orifices d´évasion, le casier
retient plus de petits homards que les casiers commerciaux.
Composition selon la taille des prises de homard
capturées par les casiers de la FSRS et les casiers
commerciaux au nord du Cap-Breton. En tout, 1 143 homards ont
été capturés dans 533 casiers de la FSRS
levés et 4 370 homards dans 1 829 casiers commerciaux
levés.
Pour déterminer si les données sur les taux de
prises sont utiles pour prédire le recrutement, on a
besoin d´une série chronologique d´au moins 5 ans.
Dans l´intervalle, les données du projet LRIST servent
à d´autres fins, notamment :
-
à compléter les données recueillies
par la Division des invertébrés du MPO pour
évaluer l´état des stocks de homard;
-
à élaborer une méthode pour estimer la
mortalité par pêche (d´après les
changements saisonniers dans la proportion des prises qui
est gardée et celle qui ne l´est pas);
-
à évaluer les différences dans la
biologie des populations selon les zones. Le fait que les
femelles oeuvées soient plus petites dans le nord
(ZPH 27) que dans le sud (ZPH 34) représente un
exemple des différences dans la biologie des
populations selon les zones. Cette observation est conforme
à des mesures indépendantes de la
maturité des femelles.
Composition selon la longueur des prises de femelles
oeuvées capturées dans les casiers de la FSRS
au printemps 2001.
À l´avenir, les données de la FSRS pourraient
jouer un rôle important dans l´élaboration de
critères d´évaluation de l´état des
stocks. Le fait qu´elles soient recueillies par des
pêcheurs volontaires est une occasion de discuter plus
à fond des diverses options de gestion.
Le financement de l´Institut : source et utilisation
Crédit parlementaire annuel

|
Ministère
|
Secteur
|
Montant (000 $)
|
|
MPO
|
Sciences
|
24 409*
|
|
MPO
|
Océan et Env.
|
6 170
|
|
RNCan
|
Tous
|
8 072
|
* Comprend les fonds alloués à l´exploitation
et à l´entretien des navires scientifiques.
Environnement Canada et le MDN ont du personnel à
l´IOB. Ces ressources ne sont pas comprises dans les chiffres
indiqués ci-dessus.
Autres sources de financement

|
Ministère
|
Secteur
|
Gouvernement (000 $)
|
Institutions (000 $)
|
Industrie (000 $)
|
|
MPO
|
Sciences
|
8 298
|
0,71
|
832
|
|
MPO
|
Océans
|
2 573
|
|
276
|
|
RNCan
|
Tous
|
845
|
|
2 000
|
Dépenses dans le cadre des programmes
|
Secteur
|
Montant (000 $)
|
|
Dir. des Sciences
|
21 186
|
|
Hydrographie
|
3 223
|
|
Secteur
|
Montant (000 $)
|
|
Gestion de l´habitat
|
1 525
|
|
Océans
|
2 887
|
|
Sciences environnementales
|
4 605
|
|
Montant (000 $)
|
|
Recherche
|
8 212
|
|
Technologie/Équipement
|
2 705
|
Effectif de l´IOB par ministère ou unité
organisationnelle
Chiffres provenant de la liste du personnel et ne comprenant
pas les entrepreneurs, les étudiants ou les
scientifiques émérites.
Personnel de l´IOB en 2001
MINISTÈRE DE LA DÉFENSE NATIONALE
Capc Jim Bradford
Ltv Scott Moody
Pm 2 Ian Ross
M 1 Nancy Kent
M 2 Claude Pageau
M 2 Chris Moncrief
Matc Jim Bartlett
Matc Corey Brayall
Matc Krista Smith
Mat 1 Sean Truswell
ENVIRONNEMENT CANADA
Christopher Craig
Kate Collins, étudiante
Earland Hart, étudiant
David MacArthur
Rick McCulloch, étudiant
Bernard Richard
Mike Ripley, étudiant
Diane Tremblay
Jamie Young
MINISTÈRE DES PÊCHES ET DES OCÉANS
Garde côtière canadienne - Services
techniques
Élaboration de système
océanographiques et mécaniques
George Steeves, surveillant
Garon Awalt
Arthur Cosgrove
Kelly Bentham
Bob Ellis
Francis Kelly
Mike LaPierre
Daniel Moffatt
Glen Morton
Neil MacKinnon
Val Pattenden
Todd Peters
Nelson Rice
Greg Siddall
Heinz Wiele
Entretien technique
Jim Wilson, surveillant
Gerry Dease
Don Eisener
Roger Gallant
Jason Green
David Levy
Robert MacGregor
Morley Wright
Mike O´Rourke
Mark Robbins
Soutien aux navires
Andrew Muise, surveillant
Derrick Andrews
George Lake
Martin LaFitte
Richard LaPierre
Leonard Mombourquette
Richard Myers
Stanley Myers
Steve Myers
Lloyd Oickle
Bill Preston
Harvey Ross
Freeman Savoury
Raymond Smith
David Usher
Direction des Sciences
Bureau du directeur régional
Michael Sinclair, directeur
Alyson Campbell, étudiante
Lori Chisholm, étudiante
Marie Charlebois-Serdynska
Richard Eisner
Dianne Geddes
Gabriela Gruber
Joni Henderson
Sharon Morgan
Bettyann Power
Service hydrographique du Canada (Atlantique)
Richard MacDougall, directeur
Bruce Anderson
Carol Beals
Dave Blaney
Frank Burgess
Bob Burke
Fred Carmichael
Mike Collins
Chris Coolen
Gerard Costello
Andy Craft
John Cunningham
Elizabeth Crux
Tammy Doyle
Theresa Dugas
Mike Earle
Steve Forbes
John Ferguson
Claudine Fraser
Doug Frizzle
Jon Griffin
James Hanway
Judy Hammond
Malcolm Jay
Roger Jones
Heather Joyce
Glen King
Mike Lamplugh
Christopher LeBlanc
Kirk MacDonald
Bruce MacGowan
Grant MacLeod
Clare McCarthy
Dave McCarthy
Paul McCarthy
Mark McCracken
Dale Nicholson
Larry Norton
Stephen Nunn
Charlie O´Reilly
Nick Palmer
Richard Palmer
Paul Parks
Stephen Parsons
Ken Paul
Bob Pietrzak
Vicki Randhawa
Doug Regular
Glenn Rodger
Dave Roop
Tom Rowsell
Chris Rozon
Mike Ruxton
Cathy Schipilow
June Senay
Alan Smith
Andrew Smith
Nick Stuifbergen
Michel Therrien
David Trudel
Herman Varma
Dustin Whalen
Keith White
Wendy Woodford
Craig Zeller
Division des poissons diadromes
Larry Marshall, gestionnaire
Doug Aitken
Peter Amiro
Rod Bradford
Henry Caracristi
Carolyn Harvie
Phil Hubley
Eric Jefferson
Brian Jessop
Paul LeBlanc
Dave Longard
Blythe Mahaney
Shane O´Neil
Patrick O´Reilly
Kimberley Robichaud-LeBlanc
Karen Rutherford
Debbie Stewart
Katherine McKeen Sweat
Daisy Williams
Division des invertébrés
René Lavoie, gestionnaire
Jerry Black
Ann Butler
Maureen Butler
Manon Cassista
Amy Chisholm
Victoria Clayton
Ross Claytor
Michele Covey
Ron Duggan
Emily Dumaresq
Cheryl Frail
Ken Freeman*
Amanda Ginnish
Raj Gouda, étudiante
Nathalie Green
Lea-Anne Henry, étudiante
Daniel Jackson
Shaka James, étudiant
Ellen Kenchington
Peter Koeller
Mark Lundy
Barry Macdonald
Bob Miller
Stephen Nolan
Doug Pezzack
Alan Reeves
Ginette Robert
Dale Roddick
Amanda Sabattis
Bob Semple
Glyn Sharp
Stephen Smith
Amy Thompson
John Tremblay
Bénédikte Vercaemer
Cathy Wentzell
Tim Willis, stagiaire
Kristana Worcester
Division des poissons de mer
Wayne Stobo, gestionnaire
Susan Baker
Diane Beanlands
Don Bowen
Bob Branton
Alida Bundy
Steve Campana
Peter Comeau
Paul Fanning
Wanda Farrell
Mark Fowler
Ken Frank
Caihong Fu
Darren Gillis, chercheur invité
Ralph Halliday
Lei Harris
Peter Hurley
Bill MacEachern
Linda Marks
Jim McMillan
Jeff McRuer
Bob Mohn
Jim Reid
Nancy Shackell
Mark Showell
Jim Simon
Nancy Stobo
Iain Suthers, chercheur invité
Kim Whynot
Scott Wilson
Gerry Young
Kees Zwanenburg
Division des sciences océanologiques
Allyn Clarke, gestionnaire
Barbie Henneberry
Pat Williams
Océanographie biologique
Glen Harrison, chef
Jeffrey Anning
Florence Berreville, étudiante
Heather Bouman, étudiante
Jay Bugden
Carla Caverhill
Emmanuel Devred, bourse postdoctorale
Paul Dickie
Andrew Edwards, bourse postdoctorale
Gretchen Fitzgerald, étudiante
Cesar Fuentes-Yaco, bourse
postdoctorale
Lee Geddes
Rajashree Gouda, étudiante
Leslie Harris
Erica Head
Edward Horne
Brian Irwin*
Mary Kennedy
Paul Kepkay
Marilyn Landry
William Li
Svetlana Loza, bourse
postdoctorale
Heidi Maass
Anitha Nair, étudiante
Markus Pahlow, bourse
postdoctorale
Kevin Pauley
Linda Payzant
Trevor Platt
Catherine Porter
Douglas Sameoto
Dawn Shepherd, étudiante
Jeffrey Spry
Alain Vézina
Louisa Watts, bourse
postdoctorale
George White
Océanologie côtière
Peter Smith, chef
Dave Brickman
Gary Bugden
Sandy Burtch
Jason Chaffey
Joel Chassé
Brendan DeTracey
Ken Drinkwater
Frederic Dupont, bourse postdoctorale
Dave Greenberg
Charles Hannah
Nicolai Kliem, bourse
postdoctorale
Don Lawrence
Bob Lively
Mathieu Ouellet
Ingrid Peterson
Brian Petrie
Liam Petrie
Roger Pettipas
Simon Prinsenberg
Howard Reid
Charles Tang
Ted Tedford
Tom Yao
Chou Wang
Zhigang Xu
Circulation océanique
John Loder, chef p.i.
Robert Anderson
Karen Atkinson
Nancy Chen
Sharon Gillam-Locke
Blair Greenan
Douglas Gregory
Helen Hayden
Ross Hendry
Anthony Isenor
Jeff Jackson
Peter Jones
David Kellow
Zhenxia Long, bourse
postdoctorale
Neil Oakey
William Perrie
Marion Smith
Brenda Topliss
Bash Toulany
Dan Wright
Frank Zemlyak
Physique océanique
Michel Mitchel, chef
Brian Beanlands
Don Belliveau
Norman Cochrane
Katherine Collier
John Conrod
George Fowler
Jim Hamilton
Alex Herman
Randy King
George States
Ted Phillips
Scott Young
Opérations techniques
Dave McKeown, chef
Larry Bellefontaine
Rick Boyce
Derek Brittain
Bert Hartling
Bruce Nickerson
Bob Ryan
Murray Scotney
Processus consultatif régional (PCR) des provinces
Maritimes
Bob O´Boyle, coordonnateur
Valerie Myra
Bureau des espèces aquatiques en péril -
Maritimes
John Loch, gestionnaire
Bob Barnes
Jennifer Barton
Jerry Conway
Lynn Cullen
Direction des océans et de l´environnement
Bureau de la directrice régionale
Faith Scattolon, directrice régionale
Jane Avery
Ted Potter
Robert St-Laurent
Division de la gestion de l´habitat
Brian Thompson, gestionnaire
Brooke Cook
Joey Crocker
Rick Devine
Joy Dube
Joanne Gough
Anita Hamilton
Tony Henderson
Darren Hiltz
Craig Hominick
Brian Jollymore
Darria Langill
Jim Leadbetter
Jack Leeman
Melanie MacLean
Shayne McQuaid
Marci Penney-Ferguson
Jim Ross
Carol Sampson
Carol Simmons
Reg Sweeney
Phil Zamora
Chad Ziai
Division des sciences du milieu marin
Paul Keizer, gestionnaire
Jim Abriel
Byron Amirault Debbie Anderson
Carol Anstey
Shelley Armsworthy
Mark Beasy
Robert Benjamin
Paul Boudreau
Cynthia Bourbonnais
Chiu Chou
Pierre Clement
Susan Cobanli
Peter Cranford
John Dalziel
Jason Dearing
Jennifer Dixon
Lisa Doucette
Grazyna Folwarczna
Don Gordon
Gareth Harding
Barry Hargrave
Jocelyn Hellou
Kory Jollymore
Thomas King
Brent Law
Ken Lee
Jim Leonard
Kevin MacIsaac
Sarah Magee, stagiaire
Tim Milligan
John Moffatt
Lene Mortensen
Pål Mortensen, bourse
postdoctorale
Rick Nelson
Sherry Niven
Lisa Paon
Georgina Phillips
Sarah Robertson
Sylvia Rumbolt
Sheila Shellnut
Judy Simms
John Smith
Sean Steller
Andrew Stewart
Peter Strain
Peter Vass
Gary Wohlgeschaffen
Philip Yeats
Division de la gestion côtière et des
océans
Joe Arbour, gestionnaire
Debi Campbell
Lesley Carter
Scott Coffen-Smout
Chantal Couture
Dave Duggan
Derek Fenton
Jennifer Hackett
Tim Hall
Glen Herbert
Stanley Johnston
Paul Macnab
Denise McCullough
Jason Naug
Celeine Renaud
Bob Rutherford
Maxine Westhead
Coordination de l´aquaculture
Mike Murphy, coordonnateur
Darrell Harris
Cindy Webster
Sharon Young-Currie
Finances et Administration
Bibliothèque
Anna Fiander, gestionnaire
Susan Boutilier
Carole Broome, étudiante
Cathy Budgell
Rhonda Coll
Lori Collins
Helen Dussault
Lois Loewen
Maureen Martin
Marilynn Rudi
Diane Stewart
Approvisionnements
Joan Hebert-Sellars
Magasins
Larry MacDonald
Charles Mitchell, stagiaire
Bob Page
Ray Rosse
Direction des communications
Carl Myers
Informatique
Services technologiques
Gary Somerton, chef
Chris Archibald
Eric Ashford
Patrice Boivin
Doug Brine
Mike Clarke
Jim Cuthbert
Gary Collins*
Paul Dunphy
Bruce Fillmore
Heather Fraser
Judy Fredericks
Pamela Gardner
Lori Gauthier
Ron Girard
Marc Hemphill
Mike Lemay
Jacqueline Leschied
Charles Lever
Nancy MacNeil
Charles Mason
Sue Paterson
Kevin Ritter
Mike Stepanczak
Charlene Williams
Paddy Wong
Services aux clients
Sandra Gallagher, chef
Kevin Dunphy
Carol Levac
Juanita Pooley
Dossiers
Jim Martell, surveillant d´établissement
Myrtle Barkhouse
Carla Sears
Applications
Tobias Spears, chef p.i.
Lenore Bajona
Shelley Bond
Flo Hum
Anthony Joyce
Roger Soulodre
Kohila Thana
RESSOURCES NATURELLES CANADA
Commission géologique du Canada (Atlantique)
Bureau du directeur
Jacob Verhoef, directeur
Pat Dennis
Administration
George McCormack, gestionnaire
Cheryl Boyd
Terry Hayes
Terry Henderson
Cecilia Middleton
Barb Vetese
Géosciences des ressources marines
Don McAlpine, gestionnaire
Mike Avery
Jennifer Bates
Darrell Beaver
Bernie Crilley
Rob Fensome
Gary Grant
Ken Hale
Iris Hardy
Evelyn Inglis
Arthur Jackson
Chris Jauer
Nelly Koziel
Paul Lake
Bill MacMillan
Andrew MacRae
Anne Mazerall
Susan Merchant
Phil Moir
Phil O´Regan
John Shimeld
Frank Thomas
Hans Wielens
Graham Williams
Géosciences du milieu marin
Dick Pickrill, gestionnaire
Ken Asprey
Anthony Atkinson
Steve Blasco
Austin Boyce
Calvin Campbell
Borden Chapman
Donald Clattenburg*
Ray Cranston
Gordon Fader
Robert Fitzgerald
Donald Forbes
David Frobel
Pierre Gareau
Mike Gorveatt*
Jennifer Strang
Robert Harmes
David Heffler
Kimberley Jenner
Fred Jodrey
Heiner Josenhans
Edward King
Bill LeBlanc
Michael Li
Maureen MacDonald
Bill MacKinnon
Gavin Manson
Sabastian Migeon
Bob Miller
David Mosher
Peta Mudie*
Bob Murphy
David Piper
Kevin Robertson*
Andre Rochon
John Shaw
Andy Sherin
Steve Solomon
Gary Sonnichsen
Bob Taylor
Brian Todd
Bruce Wile
Géosciences marines régionales
Mark Williamson, gestionnaire
Ross Boutilier
Bob Courtney
Claudia Currie
Sonya Dehler
Carmelita Fisher
Peter Giles
Paul Girouard
Nathan Hayward
Ruth Jackson
Ron Macnab*
Gordon Oakey
Russell Parrott
Stephen Perry
Patrick Potter
Wayne Prime
Matt Salisbury
Philip Spencer
Barbara Szlavko
Marie-Claude Williamson
GUIDES DE L´IOB
Steven Fancy, étudiant
Jasmine Marshall, étudiant
Darcy O´Brien, étudiant
TRAVAUX PUBLICS ET SERVICES GOUVERNEMENTAUX
Leo Lohnes, gestionnaire immobilier
Diane Andrews
Bob Cameron
Paul Fraser
Jim Frost
Geoff Gritten
Greg Gromack
Wilf Lush
Ralph Lynas
Allan MacNeil
Garry MacNeill
June Meldrum
John Miles
Paul Miles
Richard Netherton
Fred Rahey
Phil Williams
Bill Wood
SANTÉ CANADA
Heather Skinner
CONSEIL NATIONAL DE RECHERCHES DU CANADA
Don Douglas
COMMISSIONNAIRES
William Bewsher
Paul Bergeron
Dave Cyr
John Dunlop
Donnie Hotte
Rex Lane
Leonard MonMinie
Francis Noonan
Pierre Remillard
Yves Tessier
Lester Tracey
CAFÉTÉRIA
Kelly Bezanson
Randy Dixon
Valerie Donovan
Lynn Doubleday
Mark Vickers
AUTRE PERSONNEL PRÉSENT À L´IOB
Groupe de coordination internationale des données
sur la couleur de l´océan (IOCCG)
Venetia Stuart, scientifique chargée de direction
Abhijit Bhadé
Bart Hulshof
Partenariat pour l´observation globale des océans
(POGO)
Shubha Sathyendranath, directrice administrative
SeaMap
Gary Rockwell
Fishermen and Scientists Research Society (FSRS)
Jeff Graves
Carl MacDonald
Jill Moore, stagiaire
Shannon Scott
Geoforce Consultants Ltd.
Mike Belliveau
Graham Standen
Martin Uyesugi
Maritime Tel & Tel
Paul Brown
Tim Conley
Entrepreneurs
Kumiko Azetsu-Scott, Circulation océanique
Linda Bonang, Dossiers
Shawna Bourque, SHC
Pierre Brien, Poissons de mer
Derek Broughton, Poissons de mer
Walter Burke, SHC
Clare Carver, Invertébrés
Erin Carruthers, Circulation océanique
Benoit Casault, Océanographie
biologique
Barbara Corbin, Dossiers
Tania Davignon-Burton, Poissons de mer
Ewa Dunlap, Circulation océanique
Mike Friis, Dossiers
Bob Gershey, Circulation océanique
Yuri Geshelin, Océanologie côtière
Bin He, Circulation océanique
Gary Henderson, SHC
Yongcun Hu, Circulation océanique
Tara Jewett, Poissons de mer
Warren Joyce, Poissons de mer
Edward Kimball, Circulation
océanique
Carrie MacIsaac, SHC
Kee Muschenheim, DSMM
Sean Oakey, Océanologie côtière
Tim Perry, Océanographie biol.
Bret Pilgrim, Invertébrés
John Price, Circulation océanique
Sylvie Roy, DSMM
Victor Soukhovtsev, Océanologie
côtière
Jacqueline Spry, Océanographie
biologique
Patricia Stoffyn, DSMM
Tieneke Van der baaren, Océanologie
côtière
Rosalie Wamboldt, Ass. Zone
côtière Canada
Pamela Wentzell, Invertébrés
Wesley White, Poissons diadromes
Craig Wright, SHC
Igor Yashayaev, Circulation
océanique
Ina Yashayaev, Circulation
océanique
Alicia York, Poissons de mer
Scientifiques émérites
Piero Ascoli
Dale Buckley
Lloyd Dickie
Fred Dobson
Jim Elliott
Alan Grant
Peter Hacquebard
Lubos Jansa
Charlotte Keen
Tim Lambert
John Lazier
Mike Lewis
Doug Loring
Brian MacLean
Ken Mann
Clive Mason
George Needler
Charlie Quon
Charlie Ross
Hal Sandstrom
Charles Schafer
Stuart Smith
Shiri Srivastava
James Stewart
John Wade
Reconnaissance
Le personnel de l´IOB désire exprimer sa
reconnaissance pour la contribution et l´appui qu´il a
reçus des capitaines et des membres d´équipage
des navires de la Garde côtière canadienne
affectés à l´assistance aux travaux de
recherche de l´IOB.
Départs à la retraite en 2001
Pêches et Océans Canada
Gary Collins a pris sa retraite de la Direction de
l´informatique en avril 2001, après 30 ans de service
exceptionnel. Après avoir travaillé pour la
British Nuclear Commission et quitté l´Irlande pour
immigrer au Canada, Gary s´est joint à Énergie
atomique, avant d´entrer au MPO en 1970. Il a
été chef de la Statistique et des Services
informatiques avant d´être muté à l´IOB,
en 1980. Il a d´abord travaillé pour les Services
d´informatique des Sciences et a contribué au
remplacement de l´ordinateur central Cyber et à
l´intégration de la gestion de la mémoire de
masse. Gary a mérité le respect tant de ses
collègues que de ses clients. La photographie, la
guitare classique, l´astronomie et la nage aérienne
sont au nombre de ses passe-temps.
Après 35 ans de service, Ken Freeman a pris sa
retraite le 24 octobre 2001. Au cours de ses nombreuses
années à l´IOB, au Laboratoire de recherche
halieutique de Halifax, puis de nouveau à l´IOB, Ken a
acquis comme biologiste spécialiste des mollusques la
réputation de travailler vraiment fort pour servir
l´industrie. Il est bien connu et apprécié des
mytiliculteurs. Ken a aussi beaucoup contribué
à sensibiliser l´industrie aux effets possibles de la
maladie et de la contamination sur les éleveurs et les
pêcheurs de mollusques.
Brian Irwin a pris sa retraite en mai 2001,
après 35 ans de service exceptionnel à la
Section d´océanographie biologique de l´IOB. Brian
était le chef du groupe de personnel de bord
chargé de l´appui technique aux laboratoires et il a
vu à l´exécution du programme de production
primaire pendant trois décennies. Au cours de sa
carrière, ses travaux l´ont amené dans
pratiquement tous les grands océans du monde.
Ressources naturelles Canada
Pendant 34 ans, Donald Clattenburg a dirigé le
laboratoire de sédimentologie de RNCan. Il en a fait
un laboratoire de niveau international et il a servi de
mentor à de nombreux étudiants.
Mike Gorveatt a pris sa retraite en novembre,
après 34 ans au service de Ressources naturelles
Canada. Au cours de la deuxième moitié de sa
carrière, Mike a géré le groupe de
soutien technique de RNCan et il a été
responsable de la mise en oeuvre de programmes sur le terrain
dans tout le Canada, y compris en Arctique.
Ron Macnab a pris sa retraite en novembre,
après avoir travaillé 33 ans pour Ressources
naturelles Canada. Au cours de sa carrière à
RNCan, il a dirigé plusieurs opérations
internationales visant à établir des ensembles
de données uniques et il a été une
personne-ressource importante dans les dossiers liés
au droit de la mer.
Après 20 ans de service, Peta Mudie (Ph.D.),
palynologue, a pris sa retraite en décembre. Elle
s´est illustrée par ses contributions aux
études paléocéanographiques de
l´Atlantique et de l´Arctique.
Après 35 ans de travail à Ressources naturelles
Canada, Kevin Robertson a quitté ses fonctions
de gestionnaire de laboratoire de RNCan en octobre 2001 pour
prendre sa retraite. Tout au long de sa carrière,
Kevin a joué un rôle essentiel dans le
développement de l´infrastructure de laboratoire ainsi
que dans la mise en oeuvre de programmes de
coopération au sein de l´Institut et au sein des
comités d´hygiène et de sécurité.
¹Les employés nommés pour une durée déterminée, les employés occasionnels, les stagiaires, les étudiants et les entrepreneurs figurent dans la présente liste s´ils ont travaillé pendant au moins quatre mois à l´Institut en 2001.
*Retraité(e) en 2001.
Pêches et Océans Canada - Région des
Maritimes

1) Sciences biologiques
Journaux scientifiques reconnus
Addison, R.F., and W.T. Stobo. 2001. Trends in organochlorine
residue concentrations and burdens in grey seals
(Halichoerus grypus) from Sable Is., N.S., between
1974 and 1994. Environ. Pollut. 112: 505-513.
Bowen, W.D., D.J. Boness, S.J. Iverson, and O.T. Oftedal.
2001. Foraging effort, food intake, and lactation performance
depend on maternal mass in a small phocid seal. Funct. Ecol.
15: 325-334.
Bowen, W.D., S. Ellis, S.J. Iverson, and D.J. Boness. 2001.
Maternal effects on offspring growth rate and weaning mass in
harbour seals. Journ. can. zool. 79 : 1088-1101.
Bundy, A. 2001. Fishing on ecosystems: The interplay of
fishing and predation in Newfoundland-Labrador. Journ. can.
sci. halieut. aquat. 58(6) : 1153-1167.
Bundy, A., and D. Pauly. 2001. Selective harvesting by small
scale fisheries: Ecosystem analysis of San Miguel Bay,
Philippines. Fish. Res. 53(3): 263-281.
Campana, S.E. 2001. Accuracy, precision and quality control
in age determination, including a review of the use and abuse
of age validation methods. J. Fish Biol. 59: 197-242.
Campana, S.E., and S.R. Thorrold. 2001. Otoliths, increments
and elements: keys to a comprehensive understanding of fish
populations? Journ. can. sci. halieut. aquat. 58 : 30-38.
Comeau, L.A., S.E. Campana, G.A. Chouinard, and J.M. Hanson.
2001. Timing of Atlantic cod Gadus morhua seasonal migrations
in relation to serum levels of gonadal and thyroidal
hormones. Mar. Ecol. Prog. Ser. 221: 245-253.
Duggan, R.E., and R.J. Miller. 2001. External tags for the
green sea urchin. J. Exp. Mar. Biol. Ecol. 258: 115-122.
Fu, C., R.K. Mohn, and L.P. Fanning. 2001. Why the Atlantic
cod (Gadus morhua) stock off eastern Nova Scotia has
not recovered. Journ. can. sci. halieut. aquat. 58 :
1613-1623.
Gislason, H., M. Sinclair, K. Sainsbury, and R.N. O´Boyle.
2000¹. Symposium overview: Incorporating ecosystem
objectives within fisheries management. CIEM (Cons. int. exp.
mer) J. Mar. Sci. 57 : 468-475.
Hansen, M.M., E. Kenchington, and E.E. Nielsen. 2001.
Assigning individual fish to populations using microsatellite
DNA markers. Fish Fish. Ser 2: 93-112.
Kenchington, E.L.R., J. Prena, K.D. Gilkinson, D.C. Gordon,
Jr., K. MacIsaac, C. Bourbonnais, P.J. Schwinghamer, T.W.
Rowell, D.L. McKeown, and W.P. Vass. 2001. Effects of
experimental otter trawling on the macrofauna of a sandy
bottom ecosystem on the Grand Banks of Newfoundland. Journ.
can. sci. halieut. aquat. 58 : 1043-1057.
Koeller, P.A. 2000¹. Relative importance of
environmental and ecological factors to the management of the
northern shrimp (Pandalus borealis) fishery on the
Scotian Shelf. J. Northw. Atl. Fish. Sci. 27: 21-33.
Koeller, P.A., R. Mohn, and M. Etter. 2000¹. Density
dependent sex-reversal in pink shrimp (Pandalus
borealis) on the Scotian Shelf. J. Northw. Atl. Fish.
Sci. 27: 107-118.
¹L´année de citation est 1999 ou 2000, toutefois
le document a été publié après la
parution de Institut océanographique de Bedford 2000.
Koeller, P.A., L. Savard, D. Parsons, and C. Fu. 2000¹.
A precautionary approach to assessment and management of
shrimp stocks in the Northwest Atlantic. J. Northw. Atl.
Fish. Sci. 27: 235-246.
Lidgard, D.C., D.J. Boness, and W.D. Bowen. 2001. A novel
mobile approach to investigating mating tactics in male grey
seals (Halichoerus grypus). J. Zool., Lond. 255: 313-320.
Nielsen, E.E., and E. Kenchington. 2001. Prioritizing marine
fish and shellfish populations for conservation: A useful
concept? Fish Fish. Ser. 2: 328-343.
Pinhorn, A.T., and R.G. Halliday. 2001. The regulation of
exploitation pattern in North Atlantic groundfish stocks.
Fish. Res. 53: 25-37.
Ramseier, R.O., C. Garrity, D.G. Parsons, and P. Koeller.
2000¹. Influence of particulate organic carbon
sedimentation within the seasonal sea-ice regime on the catch
distribution of northern shrimp (Pandalus borealis).
J. Northw. Atl. Fish. Sci. 27: 35-44.
Tremblay, M.J., and S.J. Smith. 2001. Lobster (Homarus
americanus) catchability in different habitats in late
spring and early fall. Mar. Freshw. Res. 52: 1321-1332.
Rapports ministériels
Carr, J. 2001. A review of downstream movements of juvenile
Atlantic salmon (Salmo salar) in the dam-impacted
Saint John River drainage. Rapp. man. can. sci. halieut.
aquat. 2573. 76 p.
Claytor, R.R. 2001. Fishery acoustic indices for assessing
Atlantic herring populations. Rapp. techn. can. sci. halieut.
aquat. 2359. 213 p.
Claytor, R.R., S. Power, K. Leroux, A. Clay, and C. LeBlanc.
2001. Herring purse seine fishing activity in the southern
Gulf of St. Lawrence, 1995-1998. Rapp. stat. can. sci.
halieut. aquat. 1075. 231 p.
Jessop, B.M. 2001. Change in length, weight and condition of
American eel (Anguilla rostrata) elvers preserved in
4% and 10% formalin. Rapp. techn. can. sci. halieut. aquat.
2339. 21 p.
Tremblay, M.J., and B. Sainte-Marie [ed.]. 2001. Canadian
Lobster Atlantic Wide Studies (CLAWS) Symposium: Abstracts
and Proceedings Summary. Rapp. techn. can. sci. halieut.
aquat. 2328 : ix + 111 p.
Publications spéciales²
Amiro, P.G., D.A. Longard, and E.M. Jefferson. 2000¹.
Assessments of Atlantic salmon stocks of Salmon Fishing areas
20 and 21, the Southern Uplands of Nova Scotia, for 1999.
MPO, Secr. can. éval. stocks, Doc. rech. 2000/009. 28
p.
Bradford, R.G., D. Cairns, and B. Jessop. 2001. Update on the
status of striped bass (Morone saxatilis) in eastern
Canada in 1998. MPO, Secr. can. cons. scient., Doc. rech.
2001/007. 14 p.
Bradford, R.G., G. Chaput, S. Douglas, and J. Hayward. 2001.
Status of striped bass in the Gulf of St. Lawrence in 1998.
MPO, Secr. can. cons. scient., Doc. rech. 2001/006. 30 p.
Branton, R., and G. Black. 2001. 2001 Summer groundfish
survey update for selected Scotia-Fundy groundfish stocks.
MPO, Secr. can. cons. scient., Doc. rech. 2001/096. 62 p.
Campana, S., L. Marks, W. Joyce, and S. Harley. 2001.
Analytical assessment of the porbeagle shark (Lamna
nasus) population in the Northwest Atlantic, with
estimates of long-term sustainable yield. MPO, Secr. can.
cons. scient., Doc. rech. 2001/067. 59 p.
Clair, T., J. Ehrman, and C.-U. Ro. 2000¹. Freshwater
chemistry acidification trends in sensitive Nova Scotia
lakes: 1983-1997. MPO, Secr. can. éval. stocks, Doc.
rech. 2000/055. 16 p.
Claytor, R., D. Pezzack, C. Frail, and K. Drinkwater. 2001.
Analysis of LFA 41 lobster catch rates 1985 to 1999. MPO,
Secr. can. cons. scient., Doc. rech. 2001/131. 48 p.
Claytor, R., S. Nolan, and R. Duggan. 2001. Spatial
correlations in catch rates, annual landings, and lobster
sizes among port clusters in the LFA 33 lobster fishery. MPO,
Secr. can. cons. scient., Doc. rech. 2001/019. 58 p.
MPO. 2001. Morue du Sydney Bight (div. 4Vn). MPO - Sci.,
Rapp. état stocks A3-02. 10 p.
MPO. 2001. Morue de l´est du banc Georges. MPO - Sci., Rapp.
état stocks A3-04. 7 p.
MPO. 2001. Aiglefin de l´est du plateau
néo-écossais. MPO - Sci., Rapp. état
stocks A3-06. 10 p.
MPO. 2001. Aiglefin de l´est du banc Georges. MPO - Sci.,
Rapp. état stocks A3-08. 8 p.
MPO. 2001. Merluche blanche de 4VWX et 5. MPO - Sci., Rapp.
état stocks A3-10. 12 p.
MPO. 2001. Limande à queue jaune du banc Georges. MPO
- Sci., Rapp. état stocks A3-15. 7 p.
MPO. 2001. Flétan de l´Atlantique du plateau
néo-écossais et du sud des Grands Bancs (Div.
4VWX 3NOPs). MPO - Sci., Rapp. état stocks A3-23. 8 p.
MPO. 2001. Mises à jour de l´état de certains
stocks de poisson de fond du plateau
néo-écossais en 2001. MPO - Sci., Rapp.
état stocks A3-35. 49 p.
MPO. 2001. Hareng de 4VWX. MPO - Sci., Rapp. état
stocks B3-03. 10 p.
MPO. 2001. Requin-taupe commun des sous-zones 3-6 de l´OPANO.
MPO - Sci., Rapp. état stocks B3-09. 9 p.
MPO. 2001. Crevette nordique de l´est du plateau
néo-écossais (ZPC 13-15). MPO - Sci., Rapp.
état stocks C3-15. 7 p.
MPO. 2001. Pétoncle du banc Georges. MPO - Sci., Rapp.
|